Yann Bertin, promoteur immobilier dans le Var pour Betrim.Le promoteur immobilier varois, Yann Bertin, pour Betrim évoque le marché immobilier du neuf dans le département du Var et ses atouts en tant que promoteur local sur l’Est du Var.
- Comment se porte le marché immobilier neuf dans le Var au 1er semestre ? En général et chez Betrim ? Vos perspectives pour la fin d’année ?
« Nous constatons comme ailleurs un ralentissement assez net de l’activité. La conjoncture, les élections, l’attentisme face au dispositif de défiscalisation en sont les principales raisons. Malgré un flux démographique favorable au département du Var, malgré des taux d’intérêt en baisse, les conditions d’octroi étant plus strictes, le nombre de ventes ralentit. Chez Betrim, ce ralentissement s’explique aussi par la fin de plusieurs opérations en attendant l’arrivée de nouveaux projets immobiliers.
- Quelle est votre stratégie générale ? Comment vous adaptez-vous au marché plus tendu ? A qui s’adressent vos programmes ?
« Aujourd’hui, notre priorité est sur l’entrée et le moyen de gamme car pour les prix attractifs, il existe une vraie demande, tant de la part des primo-accédants que des investisseurs. Il y a notamment plus de demandes que sur un segment intermédiaire. Compter 4 000 € le prix moyen du marché à Fréjus, 4 500 € à Saint-Raphaël et 3 000 € à Draguignan pour le secteur du Var Est. Au-delà de ces prix moyens, c’est plus difficile.
A noter qu’il existe toujours un marché avec des prix immobiliers neufs beaucoup plus élevés. Les gros budgets sont toujours là pour de belles villas à 1 million d’euros, notamment sur les micro marchés immobiliers de Saint-Tropez ou Sainte-Maxime…
Pour ce qui est de notre stratégie, nous sommes très restrictifs sur le foncier, c’est-à-dire en fonction de son prix, mais aussi de son emplacement. Nous privilégions Fréjus et Saint-Raphaël, voire l’arrière-pays comme Brignoles pour un petit collectif. Même si nous avons encore des programmes là-bas, nous serons certainement davantage en retrait à l’avenir sur Draguignan. C’est une commune où les accédants se sont rabattus, mais il y a eu déjà 500 logements neufs de construits, il y en aura encore autant dans le futur. Cela pourrait devenir difficile à louer ; mais Draguignan reste une ville attractive compte tenu de son positionnement en prix. »
- Justement, quelles sont les villes-phares pour l’immobilier neuf dans le Var ? Où souhaitez-vous construire dans le département ?
« Fréjus et Saint-Raphaël restent en tête, devant Toulon, Hyères. Pour Betrim, on peut aussi imaginer des projets en résidences secondaires au Lavandou, la Croix Valmer, Bormes les Mimosas… mais nous n'en sommes qu’au stade de la réflexion. Nous restons très prudents. Après avoir construit jusqu’à 200/250 logements neufs par an en 2009/2010, nous construirons 120 logements neufs cette année, une centaine en 2013. Il faut accepter l'actuel cycle bas.
Nous essayons aussi de construire en lien avec les municipalités qui comme Fréjus travaille sur des projets à prix maîtrisés. Le terrain est vendu par la mairie avec une volonté politique pour l’accession à la propriété. Il y a de l’intérêt pour le promoteur, malgré des marges réduites et de l’intérêt financier pour l’accédant grâce à des prix de vente maîtrisés.»
- Quelles sont vos opérations emblématiques cette année ?
« Nous avons seulement 3/4 opérations cette année. Notre opération-phare est la résidence La Jacaranda à Saint-Raphaël. 58 appartements neufs dans la continuité d’une grande opération baptisée les jardins d’Angelis et ses 6 immeubles. Il s’agit d’un programme pour de la résidence principale avec assez peu d’investisseurs. Avec un prix à 3 760 € le m² à 5 minutes du centre-ville, sur le boulevard Jean-Moulin, les accédants sont au rendez-vous.
Sur Draguignan, l’opération Carré Topaze est composée de 53 logements neufs en résidence principale avec de petits prix, moins de 2 900 € le m².
En fin d’année, nous lancerons aussi une opération dans le centre du village de Flayosc, au-dessus de Draguignan. Nous espérons répondre à une demande d’investisseurs patrimoniaux et locaux, avec par exemple le retour en centre-ville de seniors qui veulent quitter leur grande maison. Les 44 logements neufs, avec 25 % de logements sociaux, seront tout de même principalement pour les accédants à moins de 3 000 € le m². A savoir qu’ici, les logements sociaux sont des logements pour les actifs locaux de la commune, loin de l’image que l’on peut avoir des HLM. Là, nous misons sur notre savoir-faire de promoteur local pour répondre à des besoins de le population permanente et où il existe moins de concurrence, notamment sur le prix du foncier. »
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