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Eric Pozzo Deschanel, Bouygues Immobilier : « du logement neuf connecté à l'immeuble et au quartier connecté dans le futur »

Eric Pozzo Deschanel, directeur du pôle Smart Building, Bouygues Immobilier
Eric Pozzo Deschanel, directeur du pôle Smart Building chez Bouygues Immobilier, évoque le logement neuf et forcément connecté de demain. © FPI

Tags : Immobilier neuf, logement neuf connecté, innovation, Bouygues Immobilier, Flexom


Directeur du pôle Smart Building chez Bouygues Immobilier, Eric Pozzo Deschanel évoque les innovations du promoteur en matière de logement connecté et notamment de la solution Flexom qui équipe progressivement toute la production neuve du promoteur.

- Comment fabrique-t-on le logement neuf de demain chez Bouygues Immobilier alors que le concept Flexom est déjà proposé dans tous les logements neufs ?

« Nous sommes attentifs chez Bouygues Immobilier à l’évolution des besoins, des usages des habitants. On essaye d’anticiper les évolutions des compositions familiales, du vieillissement de la population, les modes de vie, le côté intergénérationnel des immeubles et des quartiers, le mieux-vivre en quelque sorte. Cela colle à notre baseline « créateur de mieux vivre ». On se dit qu’un immeuble, un appartement doit correspondre à ce slogan.
Il doit aussi correspondre aux besoins et aux attentes de personnalisation. On peut quasiment tout personnaliser : son smartphone, sa voiture… grâce à des configurateurs. Le côté « Smart » vient se surajouter à toute la personnalisation que l’on apportait déjà de manière traditionnelle dans le logement : le choix des prestations, les finitions…
Ensuite, nous avons regardé quels étaient les usagers et les attentes des résidents grâce à des sondages, des enquêtes d’opinion, on a rencontré des habitants pour savoir ce qu’ils souhaitaient avoir dans leur logement. Nous avons croisé cela à ce que pouvaient produire des fabricants d’équipements comme des serrures, des chaudières… Il en est ressorti qu’il y avait des besoins de confort et de sécurité. »

- Il n’y a pourtant que 15 % des Français qui souhaitent des logements connectés, selon une récente étude.

« Cela ne vient pas forcément en premier quand on interroge les habitants, c'est vrai. La maturité du grand public à propos de ces sujets-là n’est pas là en effet. Nous sommes au même niveau que la bureautique il y a 20 ans. Pourtant, quand ils ont un certain niveau de confort dans leurs appartements : un espace extérieur, la proximité des transports des écoles et des services, de la nature, de la lumière, des rangements… ils veulent davantage. C’est comme dans une voiture, quand vous n’avez plus les vitres électriques ou la direction assistée, vous ne pouvez plus vraiment vous en passer.
Ce niveau de confort n’est peut-être pas standard mais quand nos clients y ont goûté, ils l’apprécient. Ils ferment leurs volets roulants ou allumer la lumière avec leur smartphone depuis leur canapé par exemple.
Ce sont des fonctions de domotique classiques, qui peuvent paraître gadget pour certaines, mais nous apportons davantage avec la maîtrise des dépenses. Nous avons beaucoup parlé de normes ces dernières années : norme BBC, RT 2012 ; mais finalement, tous les clients n’ont pas forcément ressenti des économies sur leur facture et ils nous parlent beaucoup de maîtrise des charges et des dépenses.
Encore une analogie avec la voiture. Aujourd’hui, dans une voiture, il y a un indicateur de vitesse, du niveau d’essence dans le réservoir, voire un ordinateur de bord qui indique combien on consomme, alors que dans un appartement, nous recevons seulement une facture à la fin. L’avantage avec notre solution Flexom, c’est de pouvoir se donner des objectifs de dépense et l’application nous aide à atteindre cet objectif, voire à les dépasser. Aller plus loin que les 19 degrés de la méthode de calcul de la RT 2012.
La méthode que l’on utilise chez Bouygues Immobilier est calée sur de l’intelligence artificielle avec des algorithmes qui aident à atteindre ces objectifs, mais également avec l’habitant qui va faire des déclarations sur des ressentis de confort : j’ai chaud, j’ai un peu chaud, je suis bien, j’ai froid grâce à de petits smileys dans l’application pour aller plus loin qu’une hausse ou une baisse d’un degré du réglage de la température.
La mémoire de l’IA intègre ces paramètres, apprend des habitudes de vie des habitants, sait quand ils sont présents
Application smartphone immobilier neuf
9 utilisateurs sur 10 de l'application Flexom dans les logements neufs Bouygues Immobilier estiment que cela améliore le confort de leur logement. © Bouygues Immobilier
ou non dans l’appartement et programme, elle, à la place de l’habitant la température avant le retour de l’occupant par exemple. »

- On parle souvent des scénarios que l’on peut pré-programmer avec ce genre d’applications ; mais en quoi cela consiste ? Comment cela fonctionne ?

« Il y a en effet plusieurs scénarios possibles, du plus basique au plus précis. Le scénario qu’on pourrait appeler « départ en weekend » permet par exemple d’éteindre toutes les lumières en même temps, de mettre son chauffage en mode économique et de fermer les volets roulants. Scénario plutôt basique, je vous l’accorde ; mais si j’ajoute quelques objets connectés, je peux faire un scénario « film » : régler la lumière et mes lampes connectées avec une certaine intensité ou avec une certaine couleur. Ça fait un peu gadget, mais c’est ce qui se vend aujourd'hui.
Autre piste : demander à mon assistant vocal « Alexa » ou ma « Google Home » de lancer un scénario « lever ». Les volets roulants de certaines pièces s’ouvrent, le chauffage de la salle de bain est augmenté… »

- Et justement, on en revient en quelque sorte aux économies d’énergie, c’est par là que l’on peut attirer le grand public, non ?

« Depuis plusieurs années, les logements neufs que nous produisons sont économes, alors plutôt que des économies, je parle plutôt de la maîtrise des énergies pour éviter d’avoir de mauvaises surprises. Si nous installions ce genre de dispositif dans l’ancien, oui, les économies seraient réelles, mais dans le neuf, il s’agit plutôt de pouvoir piloter, maîtriser, manager…
Et pourquoi pas aller vers de la « gamification » et du challenge au sein de la famille ou d’un immeuble pour savoir si tel appartement fait partie de ceux qui maîtrisent le mieux l’énergie ou si vous êtes dans la moyenne. Ça existe déjà sur des applications sportives pour se comparer aux autres et nous allons développer cet outil challenge dans l’avenir. Nos outils permettent déjà de recevoir des notifications pour savoir si on atteint ses objectifs ou non.
Toujours avec l’idée de mettre l’habitant au cœur. Ne pas faire de la technologie pour faire de la technologie, comme ça a pu être fait pendant des années avec la domotique qui était réservé à une élite, d’abord car cela coûtait cher, mais aussi car personne ne savait faire la fonctionner, ni même l’installer. L’idée est que cela rencontre le grand public et que cela devienne quelque chose de simple via le smartphone que tout le monde ou presque sait faire fonctionner. »

- Il y a déjà plusieurs centaines de logements neufs équipés de Flexom qui sont livrés, mais comment imagine-t-on maintenant le logement de demain ?

« On parle de logement connecté mais paradoxalement, quand nous livrons un appartement neuf, quand nous remettons les clés aux futurs occupants, il n’y a pas d’internet ! C’est quand même un comble ! Il faut attendre que les opérateurs arrivent. Pour moi, un des premiers enjeux de demain, ce sera de livrer avec le quatrième fluide, c’est-à-dire le téléphone et l’internet, en plus de l’eau, l’électricité, le gaz. Ce sera la base dans un futur proche. Nous travaillons avec des opérateurs pour être à la pointe sur ce sujet-là afin d’être en capacité de se brancher immédiatement quand on entre dans un logement neuf. Ça c’est le futur proche.  
Deuxième pan du logement de demain : le logement sera de plus en plus connecté avec les assistants vocaux connectés et grâce à l’implication des GAFAM autour du Smart Home et cela va nous permettre de déplacer les efforts d’investissement que nous réalisons vers l’immeuble. Pour que l’immeuble, l’ascenseur, les boîtes aux lettres et à colis soient connectés. De quoi permettre par exemple au syndic de mieux gérer en recevant des informations en temps réel et ainsi lancer des maintenances préventives plutôt que curatives de l’ascenseur. Permettre de l’interopérabilité entre les appartements privés et les parties collectives ; mais aussi dans le quartier. L’immeuble lui-même intelligent sera connecté au quartier pour mieux piloter les besoins en chargement des voitures électriques par exemple. Ça c’est ce qui arrivera
logement neuf connecté Lille
Près de Lille, Bouygues Immobilier a inauguré en 2017 200 logements neufs connectés, avec un service de voitures en autopartage. © 5ème Avenue / Lille La Madeleine / Bouygues Immobilier
bientôt dans l'immobilier neuf de demain. »

- Il est beaucoup question de la problématique de la voiture électrique à recharger. Des questions d’écomobilité dans le futur avec la voiture qui pourrait être moins présentes dans les grandes villes. De quelle manière réfléchissez-vous à cette thématique chez Bouygues Immobiliers ?

« Nous réfléchissons bien sûr à ce sujet de l’écomobilité. Nous faisons même des expériences comme à Lille où nous avons livré un programme neuf avec de voitures électriques mises à disposition de la copropriété. L’application « entre voisins » lancée récemment permet justement d’intégrer le numérique et le digital, avec le côté social, pour réserver la voiture quand on en a vraiment besoin.


Pour aller plus loin, les immeubles intelligents vont aussi nous permettre d’intégrer tout ce qui est management de l’énergie, management des services dédiés… pour faire recharger les véhicules quand cela coûte moins cher par exemple. Nous allons arriver à des systèmes hybrides avec une réflexion où l’appartement ou l'immeuble ne soit pas seulement à énergie positive mais plutôt à économie positive. Pourquoi pas un immeuble qui permette de revendre de l’énergie au réseau pour passer d’une situation telle qu’on la connaît aujourd’hui de coût à une situation de centre de profits. Il s’agirait d’utiliser les toits, un « smart roof », la fameuse 5ème façade, qui permette de fabriquer de l’énergie, de gérer des espaces verts collectifs… ce sont des pistes de réflexions sérieuses chez Bouygues Immobilier. »

A retenir


- Eric Pozzo Deschanel, directeur du pôle Smart Building chez Bouygues Immobilier, estime que le logement connecté va devenir la norme comme certaines options dans une voiture : "quand on a testé, on ne peut plus s'en passer".

- Le logement neuf est déjà économe en énergie, le logement connecté doit permettre de mieux maîtriser les énergies et pourquoi pas permettre au niveau de l'immeuble de devenir générateur de profits en revendant l'énergie produite.

- L'implication des GAFAM dans le Smart Home pourrait permettre aux promoteurs d'investir ailleurs dans la connectivité : plus dans le logement connecté mais au niveau de l'immeuble ou du quartier dans le futur.

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