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Franck Hélary, Crédit Agricole Immobilier : « Nous vivons une révolution industrielle et urbaine, c'est une chance pour nos métiers »

Franck Hélary Crédit Agricole Immobilier
Directeur général adjoint Crédit Agricole Immobilier, Franck Hélary évoque les différents piliers de l'action du promoteur comme l'habitat inclusif.

Directeur général adjoint de Crédit Agricole Immobilier, Franck Hélary revient sur les différentes stratégies portées par la filiale promotion du groupe bancaire et notamment son travail sur l’habitat solidaire et inclusif. 



- On parle d’un coup d’arrêt sur le marché du crédit immobilier depuis le début de la guerre en Ukraine, avez-vous aussi ressenti une baisse forte de la demande ces dernières semaines ?

 

« C’est plus mesuré chez nos clients. Des clients qui se posent davantage de questions actuellement avec d’un côté les élections présidentielles et de l’autre, la guerre en Ukraine. Cela fait quelques semaines que les Français s’interrogent et patientent peut-être davantage ; mais comme le stock est tellement faible en France et notamment en Ile-de-France, nous ne ressentons pas d’arrêt brutal.

Il y a des interrogations, c’est un peu plus long ; mais la commercialisation de nos opérations n’est pas du tout à l’arrêt. Ce sont davantage les financements qui sont plus difficiles à obtenir et cela crée des désistements supplémentaires que précédemment. Des refus de prêt immobilier liés au renforcement des critères imposés par le HCSF, Haut Conseil de Stabilité Financière. C’est l’addition de ces critères : 35 % d’endettement notamment, qui entraîne ce léger ralentissement par rapport à ce que l’on a connu en 2021. » 

 

- Comment qualifiez-vous l’activité résidentielle de votre groupe ces derniers mois ? Conforme à vos objectifs ? Tant en termes de demande que d’offre ?

 

« Nous produisons mais pas assez. Il y a eu énormément de retard pris sur l’instruction des permis de construire depuis les élections municipales avec un volume d’offre au niveau national qui est assez proche des plus bas historiques. L’incidence : il y a un manque d’offre globale, avec une demande pourtant présente. Les clients se sont interrogés en 2021 sur le confort des logements, la capacité à pouvoir télétravailler de chez soi ou de pouvoir vivre davantage chez soi, en dehors du weekend… Nous avons eu une poussée de la demande de maisons individuelles. C’était déjà dans les mœurs françaises et cela s’est renforcé. 

Nous assistons aussi à toujours plus d’intérêt pour la proximité des transports en commun qui facilitent l’accès au travail et/ou au domicile, sans avoir recours à son véhicule. Pouvoir se passer de voiture en raison de la hausse des prix des carburants d’un côté et de la circulation complexe dans les grandes métropoles de l’autre. Nous revenons aux fondamentaux de l’immobilier : proximité, mobilité… 

Nous arrivons à lancer des programmes immobiliers, pas assez à notre goût. Comme nos confrères, nous avons eu des opérations décalées, voire annulées. Nous aimerions avoir davantage de stock à l’offre sur tous les types de produits : résidence principale ou investissement pour les particuliers, résidence services pour les institutionnels, logement social à destination des bailleurs… car la demande est là. » 

 

- N’est-ce pas antinomique de chercher de la maison, tout en voulant de la proximité et des transports ?

 

programme neuf Puiseux en France
Surfant sur la demande de maisons individuelles, Crédit Agricole Immobilier propose 220 logements neufs dans un écoquartier francilien. © Ecoquartier Louvres Puiseux / Crédit Agricole Immobilier
« Nous sommes lauréat d’un écoquartier à Louvres Puiseux en région parisienne qui proposera une offre de maisons individuelles. Pour le reste de l’Ile-de-France, c’est en effet plutôt du collectif que nous proposons. Nous tirons notre épingle du jeu en réfléchissant à l’usage des logements : la communication avec l’extérieur, la luminosité, trouver des environnements où l’on peut facilement installer un bureau… Nous avons beaucoup travaillé sur la conception des logements.

En régions, tant dans le neuf, comme dans l’ancien, la maison individuelle fonctionne très très bien, notamment dans l’ouest du pays où il y a une tradition forte pour de la maison. Ce n’est pas antinomique mais le territoire a retrouvé de la diversité ces derniers temps et pas uniquement de la métropolisation. »

 

- Alors que vos programmes sont plutôt centrés sur les grandes métropoles jusqu'ici, est-ce que de nouvelles implantations sont prévues vers des villes moyennes, des marchés secondaires ?

 

« Nous allons aller de plus en plus dans certains pôles pérennes : nous avons remporté une opération à Chartres. Nous lançons une opération à Donville-les-Bains en Normandie. Nous y sommes venus par le côté de la résidence services et nous allons y réaliser une offre d’une vingtaine de logements en accession. C’est une réponse à la demande d’acquisition de la population, mais aussi de soutenir la volonté de certains bailleurs d’investir sur ces territoires sur la thématique du vieillissement de la population par exemple. Cela permet d’asseoir une opération immobilière avec différents produits pour dynamiser le marché. 

Nous regardons d’autres secteurs : bientôt un programme neuf à Manosque. Il s’agit de trouver des environnements de qualité avec des prix plus abordables. »

 

- Dès 2019, vous aviez lancé la stratégie « Nature en Ville », c’était plutôt précurseur face à la demande de « vert » post-confinement ? Quelles stratégies mettez-vous en avant aujourd'hui ?

 

« Nous ne sommes pas le promoteur immobilier d’une banque verte pour rien. C’était une direction prise depuis plusieurs années tant en tertiaire qu’en résidentiel. Cela fait d’autant plus sens que c’est une demande qui est devenue récurrente. Dans la même trame, nous sommes aussi sur les sujets de la construction bas-carbone et d’amélioration constante des techniques de construction. Nous réfléchissons également beaucoup à des projets solidaires et inclusifs. C’est une direction en amont et en avance de phase, selon nous. Ce sont des projets autour de la mixité sociale, l’intergénérationnel, le vivre-ensemble, la solidarité… où nous allons travailler sur des populations plus en difficulté. C’est un élément qui va dans la raison d’être de notre groupe. 

Nous renforçons notre démarche de verdissement tout en allant sur cette thématique d’habitat solidaire et inclusif. Nous avons d’ailleurs déjà reçu trois prix en lien avec ce thème. Il y a par exemple une opération à Joinville-le-Pont dans le Val de Marne, baptisée L’Artémisia qui repose sur des notions de mixité et de réinsertion. Dans les Hauts de Seine, à La Garenne-Colombe, c’est le sujet du handicap et de l’autisme qui est traité avec une résidence senior à côté. A Egly, en Essonne, nous proposons sur un IME, Institut Médico Educatif avec de l’insertion pour des jeunes. 

En plus de ces projets, nos programmes prime et autres grands projets d’aménagement proposeront aussi des volets sur cette thématique de solidarité et d’inclusivité. » 

 

- Sur le plan de la décarbonation, avec la RE 2020, sur quels dossiers particuliers allez-vous davantage travailler ?

 

« Nous sommes, comme tout le monde, en phase de tests. Nous travaillons beaucoup sur la géolocalisation des ressources. En marge de notre grande opération d’aménagement de l’écoquartier Woodi à Melun, nous avons développé et soutenu la culture de chanvre dans le cadre d’une politique d’urbanisme transitoire. Derrière, s’est montée Wall’up, une des premières usines françaises de murs en béton de chanvre. Pour les soutenir, nous avons lancé nos premières opérations en béton de chanvre. Cela va dans le sens du geosourcing des matériaux du bassin parisien, tout en produisant du logement bas carbone.

A terme, ce sera la bonne idée quand on voit la difficulté d’approvisionnement des matériaux. Le travail d’industrialisation, sur place, peut être un début de réponse à un certain nombre de problématique qu’on peut avoir dans le bâtiment sur la fourniture des matériaux. Nous faisons aussi de la construction bois, nous testons le béton bas carbone. On parlait du quartier à Louvres Puiseux, nous serons au-delà de la réglementation pour s’engager et apprendre. Ce n’est pas évident d’innover actuellement, avec l’inflation et l’approvisionnement au ralenti, mais nous estimons que c’est notre rôle que de continuer à innover sur de tels sujets importants pour la planète. »

 

- Pour aller plus loin, il y a aussi cet appel à projet auprès des start-ups autour de la ville de demain. Qu’en est-il ? Quelle est l’ambition ?

 

« Selon l’adage que : « seul on va plus vite, mais à plusieurs, on va plus loin », nous avons la chance dans le groupe d’avoir des villages de l’innovation partout sur le territoire. Pour accélérer notre démarche, nous avons lancé cet appel à projets pour inciter les start-ups à venir nous présenter leurs idées et voir comment on peut s’aider mutuellement. Aujourd’hui, pour arriver aux exigences de la société, ce n’est pas un opérateur seul, au fond de son bureau, qui peut répondre à tout ce qu’il faut faire évoluer.

La société est en train de se transformer, nous vivons peut-être une révolution industrielle dans nos pays et nous sommes donc très ouverts aux idées qui peuvent émerger. Si ce ne sont pas des entreprises comme nous qui pouvons pousser cela, personne ne pourra le faire. Par exemple, notre rôle n’était pas de faire Wall’up, notre rôle était de les aider et leur mettre le pied à l’étrier pour développer leur produit qu’on utilise. »

 

- Difficultés pour obtenir des permis de construire, inflation, problème d’approvisionnement… grâce à quoi restez-vous optimiste chez Crédit Agricole Immobilier ?

 

« Ces dernières années, nous avons appris à être résilient. Nous vivons des moments déroutants, impressionnants… et nous avons réussi à nous adapter à vitesse grand v. C’est très positif car nous ne sommes pas aller à la fatalité face à la crise sanitaire ou la guerre en Ukraine ou même les sujets d’inflation. Nos métiers sont complexes mais passionnants, ils sont en train de muter. La construction est une bonne chose mais l’aménagement du territoire est devenu un élément encore plus important. Nous sommes dans une révolution urbaine : rénovation de bureaux, rénovation de logements, construction et besoin de logements… Le côté optimiste de notre métier est là : il manque des logements en France. Comme toute révolution, nous avons la chance de la vivre. Il faut avancer sur la transformation de la planète et cela va forcément faire évoluer nos métiers. Cela n’empêche que le marché n’est pas simple ; mais il faut réinventer nos modèles pour mieux concevoir nos opérations. »

 

- Question habituelle pour conclure, quelles sont les opérations emblématiques du savoir-faire de Crédit Agricole Immobilier ?

 

programme neuf Donville les Bains
Crédit Agricole Immobilier s'aventure sur les marchés secondaires, comme avec ce premier programme neuf en Normandie. © Sole / Donville-les-Bains / Crédit Agricole Immobilier
« Parmi les opérations symboliques, il y a ce lancement à Donville-les-Bains, qui est notre première opération en Normandie, mêlant résidence senior et de l’accession classique. 

Toujours en régions, du côté de Nantes, nous avons un programme neuf Verde Lodge, proche du pôle universitaire de Nantes. Il s’agit d’une résidence sécurisée de 85 appartements neufs, dans un parc. Une belle opération dans un marché où la demande est forte. 

Du côté de Lyon et de Saint-Cyr au Mont d’Or, nous proposons un programme neuf dans un parc, avec de la performance énergétique d’un côté et de la qualité de l’environnement de l’autre pour 46 appartements et trois maisons. A Toulouse, nous continuons de développer le quartier Guillaumet, ex-CEAT, qui prend forme et qui est plébiscité localement. Cela réunit 5 800 m² de commerces, 1 200 logements, 8 500 m² de bureaux, des équipements publics.

Nous espérons lancer la première tranche de logements de Pleyel dans les prochains mois, projet remporté lors de la première édition d’Inventons la Métropole du Grand Paris. Nous allons aussi prochainement déposer le permis de construire d’un concours remporté dans la ZAC des Bergères à Puteaux, tout en poursuivant la commercialisation des 220 logements écologiques dans l’écoquartier de Louvre-Puiseux, site prioritaire du Grand Paris. Autre perspective pour 2022 : le dépôt des permis de construire pour réhabiliter l’hôpital de Nanterre, site d’Inventons la Métropole 2, ce qui laisse augurer des projets qualitatifs pour la suite. »

Par Céline Coletto

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