Recherche d'articles

 
 
Interviews Edition du

Laurent Mathiolon, Aqprim : « créer du logement neuf qui s'adapte aux modes de vie »

Laurent Mathiolon, PDG d'Aqprim
Laurent Mathiolon, fondateur d'Aqprim, promoteur bordelais, qui crée chaque année de nouveaux concepts de logements neufs.

Tags : Immobilier neuf Bordeaux, immobilier neuf Nouvelle Aquitaine, Aqprim


Fondateur d’Aqprim, société de promotion immobilière basée en Gironde, Laurent Mathiolon évoque les concepts innovants de logements neufs, modulables notamment, que ses équipes créent chaque année pour répondre aux évolutions des modes de vie.

-  Quelle place pour Aqprim dans le marché bordelais ? Où êtes-vous implantés ? Combien de réalisations par an ? Quels objectifs pour 2018 ?

« J’ai fondé Aqprim en 2011 d’abord sur Bordeaux et le bassin d’Arcachon, mais nous nous ouvrons à toute la Nouvelle Aquitaine désormais, de La Rochelle au Pays Basque, avec début 2018 une opération près de Pau et bientôt à La Rochelle. Nous produisons entre 200 et 300 logements neufs par an. Notre objectif pour 2018 est d’atteindre les 250 réservations ; 300 en 2019, selon le foncier que nous maîtrisons déjà. »

- Votre créneau, c’est l’innovation avec des concepts de logements neufs très marqués, pourquoi ce choix ?


« Face à une production que je juge aseptisée, comme du copier-coller, face à du logement neuf qui manque de singularité, notamment face à l’ancien, il fallait entrer dans une démarche d’innovations. Surtout que la société française a beaucoup évolué, il y a de nombreuses familles de clientèle qui ne rentrent pas dans ce moule du logement neuf. Face aux évolutions des modes de vie, il faut proposer des produits différents et la modularité permet de s’adapter à ces évolutions.
Nous lançons entre un et deux nouveaux concepts chaque année que nous dupliquons et améliorons dans chacune de nos opérations suivantes. C’est ainsi que nous avons pu avoir jusqu’à 5 concepts différents dans une opération d’une centaine de logements. Il y a une palette d’attentes à laquelle nous répondons avec ces divers concepts. »

- Comment sont créés ces concepts ?

« Nous lançons un thème de recherche chaque année. Par exemple, il y a deux ans, nous avons réfléchi à comment accueillir dans un logement un ou deux enfants d’une famille recomposée pour les weekends et les vacances, sans chambre supplémentaire ? Il fallait pouvoir transformer le logement en moins de 10 minutes et pour un surcoût inférieur à 3000 €. C’est une équipe pluridisciplinaire qui se met alors au travail, dans le « lab’aqprim » pour mettre au point une solution à cette problématique. C’est un travail coopératif qui permet ensuite de créer une modélisation qui est d’abord testée en commercialisation. Puis, avec les retours d’expérience lors de la vente, mais aussi lors de la construction, la solution est dupliquée dans d’autres opérations, on dépose alors officiellement le logo et le concept à l’INPI. Modulab a ainsi été créé en 2016, on trouvera ce concept dans une première opération dénommée Kyma et lancée en commercialisation à Mérignac au second semestre 2017.
Cette démarche d'innovation est aussi issue d'un réseau de partenariats avec des artistes et des start-ups pour impliquer d'autres univers à la production de logements neufs. Nous avons par exemple signé une convention avec un graffeur, Manu Faktur, pour proposer des expositions, en parallèle de l'engagement pris avec la charte un immeuble, une œuvre. Nous travaillons avec la start-up Upstair pour offrir à nos clients la préfiguration en 3D de leur futur logement. Avec Kaliti, nous améliorons par un logiciel la gestion de la livraison via smartphone et tablette. Cela permet par une simple photo prise par un smartphone de faire jouer les garanties, de lever les réserves. C'est là encore un service offert à nos clients qui va voir le jour dans une première opération de 100 logements. »

- Il y a aussi le concept Moove, en quoi consiste-t-il ?

« Lancé en 2014, le concept Moove a été réalisé dans 150 logements neufs désormais. Il offre la possibilité de créer de la surface habitable supplémentaire sur un plancher bois installé sur le vide sur séjour d’un appartement
logement neuf modulable
Le concept Modulab d'Aqprim permet de transformer un trois-pièces en 4 ou 5 pièces de façon temporaire et en moins de 10 minutes. © Logement Modulab / cabinet d'architectes Bulher Bernard
en duplex. Si vous le réalisez vous-même, cela coûte environ 500 €/m² habitable. D’ailleurs, un partenariat se met en place avec Castorama pour l’achat des matériaux mais aussi pour l’accompagnement lors des travaux. Nous pouvons aussi réaliser cet ajout avant même la livraison pour 1 000 €/m² TTC. Si sur une trentaine de logements Moove, les clients n’ont pas fait appel à nous avant la livraison, d’autres en revanche, se sont servis de ce concept pour pouvoir personnaliser leur logement. Nous proposions deux scenarii d’aménagements aux clients et finalement, c’est une dizaine d’aménagements différents que les clients, tant propriétaire occupant qu’investisseurs, nous ont demandé pour créer une salle de jeux sur une mezzanine partielle par exemple. »   

- Il y a beaucoup de modularité dans vos différents concepts ; mais n’est-ce pas qu’un gadget ?

« C’est comme ouvrir une boîte de Pandore. C’est offrir du logement sur-mesure à un prix très accessible pour répondre à un souhait que les clients ne trouvent pas dans le logement neuf d’habitude. Ces concepts permettent aussi de vendre un peu plus vite à un prix équivalent que nos voisins. Moove, c’est un an de recherche et développement pour une seule opération au départ et c’est de la valeur ajoutée au même prix pour le client, offrir de la valeur d’usage sans surcoût. Pour Moove, le trois-pièces est vendu au même prix que le trois-pièces standard et le coût de travaux si l’on souhaite créer la 4ème pièce est ensuite limité. »

- Quels sont les autres concepts que vous avez développés ?

« Vil’appart est le premier concept imaginé par nos équipes. Il s’agit dans la volumétrie du logement collectif d’insérer les codes de la maison individuelle par de la desserte piétonne, de l’aménagement intérieur, par le prolongement du séjour sur une terrasse jardin. Ce sont des duplex de 3 ou 4 pièces en rez-de-jardin et 1er étage, compléter au deuxième étage par des appartements simplex accessibles par des coursives extérieures, de grands deux-pièces principalement avec des terrasses de 20 à 50 m². Six opérations ont déjà été réalisées sur ce concept. L’architecte s’adaptant au lieu : balnéaire par exemple à Lacanau.
Nous avons aussi Esprit Coloc pour suivre l’évolution sociale du phénomène de la colocation dans l’espace urbain. Un produit qui s’adresse effectivement principalement à des investisseurs qui sur la base d’un trois-pièces compact permet de créer un séjour/cuisine partagé et deux espaces nuit dissociés avec leur salle de bain.
En a découlé d’autres idées, plutôt pour les résidences principales cette-fois, le concept 1=2. Il s’agit de dédoubler une partie d’un logement neuf pour en faire un logement indépendant. Là encore pour répondre aux évolutions de la vie : louer le studio quand vous êtes un jeune couple afin de financer une partie de votre achat immobilier, devenir la chambre principale avec l’arrivée des enfants, redevenir un studio pour loger un de ses enfants qui a grandi grâce à son entrée indépendante et pourquoi pas accueillir une aide à domicile lorsqu’on vieillit… »

- Vous êtes aussi le président de l’observatoire immobilier du Sud-Ouest, qu’est-ce qui caractérise le marché de l’immobilier neuf dans la région bordelaise actuellement ? Toujours la flambée des prix du neuf ?

« Nous manquons toujours d’offre pour répondre à la forte demande qui caractérise depuis quelques années le marché du neuf bordelais. Nous avons atteint au terme du troisième trimestre 2017 le seuil des 5 mois de commercialisation. Le rythme des ventes est toujours en progression depuis plusieurs années ; la demande reste bien supérieure à l’offre et cela crée de la pression sur les prix. Sur Bordeaux, la hausse est plutôt raisonnable : 2 / 3 % par an, hormis en 2017 où la hausse a atteint 6.7 % ; mais cela reste plus faible que dans l’ancien, où certains réseaux annoncent + 12 % sur un an. La situation est paradoxale car dans certains quartiers, l’ancien est plus cher que le neuf ! Il est nécessaire d’augmenter l’offre pour répondre aux attentes des nouveaux habitants et des emplois créés. Il faut un travail avec les collectivités. »

- Qu’est-ce qui dynamise le marché du neuf bordelais et à l’inverse, qu’est-ce qui l’entrave ? Qu’est-ce qui pourrait changer les choses selon vous en tant que promoteur ?

«
logement neuf Mérignac
Travail avec des artistes et des start-ups, Aqprim propose aussi des immeubles à l'écriture architecturale prononcée comme ici avec Kyma à Mérignac. © Kyma / Mérignac / Aqprim
La Gironde accueillait 12 000 habitants par an depuis quelques années, cela a grimpé jusqu’à 16 500 d’après les derniers chiffres. On court derrière les besoins, on ne produit pas assez vite, on manque de foncier, tant en diffus que dans les opérations d’aménagement. Le montage est de plus en plus long avant d’entrer dans la phase opérationnelle. Malgré les bonnes volontés politiques, il y a toujours de nouvelles obligations, comme les études d’impact qui allongent encore le temps de fabrication. Sans compter que la volonté politique d’accueillir de nouveaux habitants ne rencontre pas le même enthousiasme partout dans la métropole bordelaise. Il faut un choc de l’offre et on ne voit pas encore sa traduction concrète sur le terrain. Il y a besoin de grands projets d’aménagement dans Bordeaux mais aussi sa périphérie. Ce sont des opérations d’une grande qualité qui offrent de l’accession sociale et maîtrisée, qui permettent la régulation par le dimensionnement. Il faut en passer par là. »

- On termine avec les opérations emblématiques du moment ou à venir chez Aqprim ?

« Nous avons lancé fin 2017 sur Euratlantique en co-promotion avec Kaufman & Broad, Cour Ségur dans la ville de pierre. La façade d’anciens chais sera conservée. Sur Mérignac, dans un quartier en rénovation urbaine, nous proposons Kyma, qui signifie vague en grec et dont la thématique architecturale des balcons ressemble à des vagues. Nous lancerons 5, voire 6 opérations au premier semestre, en collectif et en maisons individuelles, dans Bordeaux Métropole comme à l’extérieur, toujours avec de nouveaux concepts, notamment une nouveauté en maison à venir. »

NOS PARTENAIRES A VOTRE SERVICE

Comparez gratuitement les offres de plus de 100 banques

Comparez gratuitement les offres de plus de 100 banques

Crédit Immobilier
Simulation loi Pinel

Réalisez une simulation d'investissement loi Pinel 2018

Simulation loi Pinel
Simulateur Prêt à taux zéro 2016

Calculez gratuitement le montant de votre Prêt à Taux Zéro 2018

Simulation gratuite PTZ
bot