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Marc Villand, FPI : « Paris doit redevenir la capitale de l'Europe »

Marc Villand vice-président FPI
Marc Villand, vice-président de la FPI et nouveau président de la FPI en Ile-de-France.

Tags : Immobilier neuf Paris, immobilier neuf Ile-de-France, FPI


Nouveau président de la FPI Ile-de-France depuis quelques mois, Marc Villand, également vice-président au niveau national et PDG du groupe Interconstruction, évoque le marché de l’immobilier neuf en région parisienne et ce que l’on peut attendre du premier marché du logement neuf de France dans les prochains mois.

- Quel est l’état du marché du neuf en Ile-de-France ? Est-ce qu’il confirme la tendance nationale des derniers chiffres publiés par la Fédération des Promoteurs Immobiliers ?
«  Je dirai même que le marché du neuf francilien est précurseur du marché national. On y assiste à un équilibrage entre l’offre et la demande avec même une légère baisse des prix de l’immobilier neuf. Alors pourquoi les prix baissent au niveau régional ? Ce n’est pas parce que le marché se porte moins bien mais plutôt grâce à la mobilisation des pouvoirs publics. Ils ont poussé depuis trois ans à produire davantage, face à certains maires malthusiens qui ne voulaient pas construire sur leur commune. Avec cette production plus importante, les acquéreurs profitent d’une concurrence. Ils ont le choix. Quand il y a actuellement 21 programmes neufs en commercialisation sur Asnières desservi par le métro, 16 à Aubervilliers ou Châtenay-Malabry, les futurs acheteurs font le tour des promoteurs et font peser une saine concurrence sur les prix de vente. Le marché francilien était très serré jusqu’ici, le préfet Carenco notamment, a libéré les choses. L’année 2017 devrait être aussi bonne que 2016. Cela devrait permettre de rester au niveau des années 2010/2011, référence de notre secteur.
Sur les 9 premiers mois de 2017, on comptabilise 23 100 mises en commercialisation, dont 20 700 appartements neufs, 900 maisons neuves, le solde étant pour des logements en résidences services. Cette production se situe à 52 % en zone centrale, c’est-à-dire Paris et les départements 92, 93 , 94. Pour le seul troisième trimestre, les ventes progressent de 2 % avec plus de 6 100 ventes. Sur 12 mois glissants, la hausse atteint même 13 %. »

- Est-ce que la répartition entre investisseurs et propriétaires occupants est habituelle pour l’Ile-de-France ?

« Comme au niveau national, on assiste à une légère progression des ventes aux investisseurs. Ils représentent jusqu’à 45 % des ventes, contre 40 % en 2016. Le marché francilien profite aussi d’une progression de 7 % des mises en vente sur 12 mois glissants, même si cela diminue au cours du troisième trimestre. »

- A quoi peut-on s’attendre pour les mois à venir et notamment quelles perspectives pour 2018 ? Même si l’Ile-de-France est moins concerné, quid de la possible disparition du dispositif Pinel de soutien à l’investissement locatif en zone B2 ?

« A mon avis, 2018 va ressembler à 2017. Mon inquiétude serait plutôt pour 2019 et 2020 si les élections municipales ne sont pas repoussées comme on a pu l’entendre dire, car déjà certaines collectivités stoppent certains projets en vue de cette campagne. Et il faut en être sûr : si la production s’arrête, les prix vont repartir à la hausse.
Pour ce qui est du dispositif Pinel et de la zone B2, cette zone est celle des villes moyennes et des centres bourgs. Cela représente 10 % de la production de logements neufs en France. Je préfère garder à l’esprit la visibilité, l’écoute et la politique cohérente souhaitées par ce gouvernement. »

- Justement, qu’est-ce qui vous inquiète, qu’est-ce qui vous paraît pertinent dans la Stratégie Logement du gouvernement ?

« Le gouvernement offre aux promoteurs 4 années de visibilité ; il est donc conscient que le temps de l’entreprise doit être respecté. L’encouragement à libérer des terrains avec l’abattement sur les plus-values immobilières n’a jamais été aussi fort. Une réflexion a aussi été entamée sur les recours, c’est positif. Intéressant aussi la volonté de créer un vrai moratoire sur les normes. Jusqu’ici, les politiques pensaient faire leur travail en rajoutant des normes : 5 000 normes nouvelles en 10 ans. Il est donc nécessaire de faire du tri. L’ambition de donner la priorité aux zones denses n’est pas non plus, critiquable en elle-même. »

- Quelle est, selon vous, président de la FPI IDF, la pertinence des appels à projet comme Réinventer Paris ou Inventons la Métropole du Grand Paris ?

« J’ai un avis partagé car ce sont souvent des grands groupes qui ont été désignés car ces consultations mobilisent des moyens importants mais pour l’heure après Réinventer Paris, peu de projets se sont concrétisés, la production n’est pas encore au rendez-vous. Alors bien sûr, je salue cet appel à imagination. Cela stimule toutes les équipes, mais c’est aussi beaucoup de travail, sans forcément de résultats au final. »

- Qu’attendez-vous des JO en 2024 ?

« J’attends surtout que Paris rattrape Londres. Il y a 30 ans, Paris et Londres étaient au même niveau. Si la renommée internationale est toujours là pour Paris, la capitale a besoin de retrouver de l’activité économique. Il faut une extension de Paris sur lui-même, c’est-à-dire qu’au-delà de la ville musée, il y ait des centralités secondaires avec du business. Pour que Paris ne devienne pas une capitale européenne secondaire. Il faut que grâce aux JO et autres… la politique d’infrastructures fasse que Paris ne soit pas qu’un centre politique, mais une capitale de l’Europe pour les trois siècles à venir. Il faut permettre aux classes moyennes de réinvestir Paris. On peut imaginer ces « casco antiguo » comme en Espagne avec seulement des vélos et un centre historique, mais il faut alors que les départements limitrophes : 92/93/94 aient un maillage fort pour être reliés entre eux. Le Grand Paris Express est un premier signal fort ; mais il faudra aussi un statut de la métropole courageux. Cela nécessite une réel besoin de simplification. »

- Quels sont les objectifs que nous vous fixez en tant que nouveau président de la FPI Ile-de-France ?

« Un vrai dialogue existe avec les pouvoirs publics que ce soit le comité régional de l’habitat, les services du préfet... Il faut poursuivre ce dialogue impartial avec l’Etat, mais il faut aussi en ce qui concerne les constructibilités définies par les PLU, raccourcir les délais d’instruction lors de recours contre les permis de construire. Il faut aujourd’hui 4 ans pour obtenir un jugement. Plus de 34 200 logements produits par les adhérents de la FPI étaient bloqués au dernier pointage de juin au niveau national par ces procédures. Ce n’est plus tenable. »

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