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Muriel Dunoyer, Vivalib : « penser le logement senior autrement »

Muriel Dunoyer, présidente du directoire Vivalib
Muriel Dunoyer, présidente du directoire du laboratoire Vivalib, expert en ingénierie des lieux de vie évolutifs.

Tags : Immobilier neuf, logement senior, résidence senior, Quartus, Vivalib,


Présidente du directoire de laboratoire Vivalib, Muriel Dunoyer évoque le travail de réflexion à apporter pour imaginer autrement le logement senior de demain : 238 points par appartement ont été étudiés et travaillés chez Vivalib. Explications.

- Comment, au départ, on réfléchit à imaginer le logement senior autrement qu’une maison de retraite ou qu’une résidence senior classique ?

« Il y a deux sujets : l’habitat dans lequel les personnes âgées sont actuellement, dans lequel elles peuvent se sentir à un moment trop en difficulté, à cause de quelques marches ou trop grand à entretenir, trop loin de commerces. Le problème de l’autonomie à domicile ne se pose pas que dans le bâti mais aussi dans sa situation géographique.
Il y a donc une sorte de bilan à faire. Comment conserver mon autonomie et mon contrôle sur mon environnement, ma capacité à faire ? Une fois que l’on a fait ce bilan ou le lieu d’habitation est proche des commerces et services et l’on peut adapter le problème des quelques marches et cela vaut le coup d’y rester ou alors, on se retrouve dans une situation ou même si on résout un problème de niveau, on aura quand même des difficultés. Il faut se projeter dans son environnement et dans le futur.
Jusqu’à maintenant, les gens se projetaient peu, d’abord car tout le monde se voit a minima avec 10 ans de moins que son âge. Une fois ce constat effectué, on peut saisir des organismes comme l’ANAH, habitués à accompagner les modifications d’un habitat ou alors on peut regarder sur le marché.
Sur le marché, c’est le travail de Vivalib d’aider des bailleurs sociaux ou des promoteurs pour leur dire quoi changer dans un appartement pour qu’il puisse accompagner d’autres aspects du vieillissement que simplement le vieillissement physique. Il ne faut pas penser le logement senior qu’autour des problématiques physiques, mais aussi des difficultés sensorielles, moins bien voir, mais aussi des difficultés cognitives, ne plus trop se repérer dans le temps et aussi dans le contexte où il y aura besoin de la présence d’aidants pour accompagner ces personnes âgées.
Le travail que l’on a fait, c’est regarder dans chaque pièce, ce qui peut se passer dans le temps, de manière à la paramétrer, sans qu’elle en est l’air, qu’elle soit prête à accompagner et pas brider ou mettre en échec quelqu’un qui va avoir besoin d’y évoluer. Exemple, un lit peut être temporairement remplacé par un lit spécialisé et il faut pouvoir continuer à faire le tour de ce lit pour aller ouvrir une fenêtre. Nous allons retravailler les circulations, les réduire, les optimiser, retravailler le sens d’ouvertures des portes, pourquoi pas des portes coulissantes, le tout pour gagner ces centimètres carré qui suffisent à ce que deux personnes puissent rester dormir dans une même chambre.
Autre exemple avec la salle de bain : on ne va pas proposer qu’un simple bac à douche plat, même si c’est une partie de la solution. Derrière, chez Vivalib, on va regarder des détails d’usage. Si j’ai besoin de quelqu’un qui m’aide pour la toilette et que je m’assois dans ma douche, je ne peux pas avoir les robinets derrière moi, car l’aidant ne pourra pas y accéder. Nous avons déterminé 238 points d’intervention dans un appartement pour mieux prendre en compte le vieillissement. »

- Le groupe Quartus est en pointe sur cette spécificité du logement senior.

« Il y a en effet des acteurs comme Quartus Club Senior qui propose aujourd’hui la mise sur le marché d’une nouvelle génération
logement neuf senior
6 % du parc immobilier français est adapté au vieillissement de la population contre jusqu'à 16 % aux Pays-Bas.
de résidences services dans lesquelles on peut louer un appartement et qui peut prendre en charge la location de l’appartement d’origine de manière à faciliter la transition.


Ce ne sont pas seulement des lieux avec un appartement, un restaurant et quelques services. Déjà les appartements sont très confortables à vivre, très accessibles financièrement et avec un socle de services poreux pour la ville. Des espaces non-stigmatisés ont été créés. Par exemple, les fameux volets roulants pourront être manipulés depuis un bouton près de la fenêtre mais aussi depuis l’entrée de la pièce, ou depuis une télécommande facile à tenir et facile d’utilisation, même si on a un peu d’arthrose ! Toujours avec un regard bienveillant.
Il faut que l’intéressé puisse se projeter. Je veux un peu de calme, je veux me sentir utile, j’ai besoin d’hyperactions, un peu de chaque… et l’encadrement en personnel dans ce type de résidences nouvelle génération va accompagner ce projet de vie. »

- C’est un peu la fin des résidences seniors classiques, tout le monde ne voulant pas y habiter, selon vous.

« Quand on arrive à l’âge de la retraite, on a 20 ou 30 ans devant soi. On s’aperçoit que sur les 30 ans précédents, entre le moment où l’on est étudiant jusqu’au moment où l’on est à la retraite, les promoteurs immobiliers ont imaginé quantité de produits : résidences pour les étudiants, pour les primo-accédants, des maisons de familles, des produits d’investissements et puis, on arrive à l’âge de la retraite, à un moment où les moyens financiers changent également et on nous propose que du collectif ! Il y a peut-être autre chose à proposer : des appartements évolutifs dans un programme neuf classique en mobilisant les rez-de-chaussée ou les premiers étages ou des résidences seniors nouvelle génération. Les seniors ne veulent pas tous être appelés au même moment pour aller déjeuner ou faire des jeux de société. »

- Des produits plus intergénérationnels, c’est ce qui ressort aussi de vos travaux chez Vivalib ?

« Davantage de porosité avec le ville, c’est effectivement un des autres postulats du logement senior de demain. Postulat qu’a pris également Quartus Club Senior avec un socle actif au pied des résidences, poreux avec la ville, avec des zones de coworking, des fablab, des ateliers de bricolage, afin de pouvoir organiser sa vie à l’extérieur de la résidence. Il ne s’agit pas de faire bénéficier les résidents d’activités seulement propres à la résidence senior, mais avec un encadrement qui gère justement les problématiques de transport en dehors.
Se projeter dans la vie, pouvoir recevoir sa famille, pouvoir déménager d’une résidence à l’autre, passer d’une résidence urbaine à une résidence en bord de mer, voilà une réflexion à avoir autour des nouveaux usages du logement senior. »

- A quoi va ressembler le logement senior de demain dans la promotion immobilière classique ? A quoi s’attacher véritablement en tant que promoteur ?

« Il faut que l’on ait vraiment des tailles de logements suffisantes pour pouvoir s’y déplacer, avec un aidant à côté ou avec des aides à la marche, c’est-à-dire des deux-pièces de 42 m² minimum, des trois-pièces de 62 à 65 m². Il faudrait y trouver une grande chambre généreuse pour les questions de changement
logement neuf évolutif
Avec les promoteurs Eiffage Immobilier, Aqprim, Quartus..., en France et à l'étranger, Vivalib accompagne l'évolutivité des logements.
éventuel de lit et un beau living, car c’est une pièce que l’on ne va pas seulement traverser en allant travailler, on va s’y trouver de manière beaucoup plus dense en tant que retraité.
L’appartement sera un bien a-stigmatisé, simplement avec des renforts que l’on ne verra pas, pour renforcer le mur supportant le lavabo sur lequel on pourra véritablement s’appuyer par exemple quand on a de problèmes d’équilibre, des ouvertures de fenêtres abaissées pour que l’on puisse voir à l’extérieur même en étant alité ou assis. Ce sont de petits détails de confort ; mais qui ne rendent pas pour autant l’appartement différent d’un appartement classique.
En sachant que, outre cet appartement, dans les nouvelles résidences seniors, on va bénéficier de 10 % de la surface de l’appartement en espace de services et communs, soit 400 m² environ selon la taille de la résidence. »

- Est-ce que cela rentre dans la nouvelle « case » des 10 % de logements évolutifs souhaités par le gouvernement et la loi ELAN ?

« Cela rentre dans les deux cases, celles des appartements dits évolutifs car par nature, c’est pensé pour accompagner les occupants dans la durée et évidemment dans la case des appartements adaptés car, c’est la destination qui est la leur à l’origine. Cela ne porte pas atteinte à la population handicapée qui est une population parmi les personnes fragiles, mais le rajout de cette composante « évolutivité » me semble tout à fait pertinente car elle répond au plus grand nombre. »

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