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Philippe Jarlot, Promoteurs du Grand Paris : « Le marché du logement neuf ne se casse pas la figure ! »

Philippe Jarlot, président des Promoteurs du Grand Paris
Philippe Jarlot, président des Promoteurs du Grand Paris, évoque l'association de ces 6 promoteurs franciliens.

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Le président des Promoteurs du Grand Paris, Philippe Jarlot, revient sur cette association de 6 promoteurs franciliens lancée en 2016 et qui représente 5 % de parts de marché en Ile-de-France. Pas rien donc dans un marché qui reste soutenu !

- En 2016, les promoteurs franciliens : Bécarré Elysées, Bricqueville, Cibex, MDH Promotion, Paris Ouest Promotion et Pierre Etoile ont décidé de se réunir, quels étaient les objectifs de départ ? Pour quelle efficacité ?

« L’idée des Promoteurs du Grand Paris a été lancée en 2016, nous étions 5 sur 6 à être membres d’un même syndicat professionnel, la LCA-FFB en Ile-de-France, et on s’entendait bien. Un tel projet ne peut aboutir que s’il y a un lien amical, ce n’était pas évident car le milieu de la promotion immobilière est très indépendant. Mais sur l’échiquier du logement, avec internet entre autres, il faut être ensemble pour créer une image de marque. D’où la mise en place d’une passerelle de ventes au départ, tout en prenant plaisir à réfléchir ensemble en se réunissant une fois par mois.  
Pour l’efficacité de notre association, c’est difficile à dire en sachant que le marché était très porteur au moment du lancement en 2016 ; mais cela n’était pas le but au départ. Nous représentons 1 500 logements neufs par an, soit 5 % de parts de marché sur un marché francilien très concurrentiel. Cela nous apporte surtout de la visibilité auprès des collectivités et des aménageurs et cela permet aussi d’être présents ensemble sur de grands salons comme l’AMIF, Association des Maires d’Ile-de-France… Donc cette première partie est vraiment positive. »

- Vous avez récemment créé la SAS des Promoteurs du Grand Paris, de quoi s’agit-il et pour quels objectifs ?


« C’est tout neuf, cette SAS nous permet de nous positionner sur des concours comme Réinventer Paris ou Inventons la Métropole du Grand Paris. Deux de nos promoteurs étaient déjà lauréats de la première édition d’Inventons le Grand Paris : Cibex sur le site des Lilas et Bricqueville sur le site d’Argenteuil.
L’idée est toujours de garder ses spécificités en plus du logement neuf : l’activité pour Cibex, les bureaux et l’hôtellerie pour Bricqueville, pour nous, chez MDH Promotion, c’est davantage du logement en accession maîtrisée, Bécarré propose aussi des résidences seniors… alors l’idée de la SAS des Promoteurs du Grand Paris, ce n’est pas d’être les 6 ensemble sur chaque projet, mais de s’associer en fonction de la taille des appels d’offres et de nos spécificités.
C’est ainsi que nous sommes en lice sur 4 sites de la deuxième édition d’Inventons la Métropole du Grand Paris. Le site de Suresnes a été retiré du concours, mais nous concourons sur le site de l’ancienne école Louis Lumière de Noisy-le-Grand en Seine-Saint-Denis, l’ancienne école d’architecture de Nanterre et le cœur de ville partagé de Ville d’Avray, tous deux dans les Hauts-de-Seine.
Nous sommes aussi présents sur un concours d’aménageur à Voisins-le-Bretonneux de 500 logements neufs. L’objectif est de remporter 2 concours par an ; mais il faut préciser que nos sociétés sont viables sans cela. Il s’agit plus de mettre en commun nos compétences au service des collectivités face à de gros promoteurs en compétition dans ces appels d’offres. »

- Après une année 2017 exceptionnelle, quel est l’état du marché francilien en cette rentrée 2018 ?


« On entend beaucoup de choses erronées sur l’état du marché. On peut lire que la mensualisation
programme neuf Argenteuil
Cibex et Bricqueville lauréats de 2 sites du concours Inventons la Métropole du Grand Paris, l'association est en lice sur 3 sites de l'édition 2. © Argenteuil / Bricqueville
de l’impôt, avec l’impôt à la source, va bloquer les investissements Pinel, c’est faux car l’avantage fiscal et la rentabilité restent les mêmes. La seule différence, c’est la non-récupération fiscale la première année de l’investissement, cela représente 4 000 €, soit 2 % en cas d’un investissement de 200 000 € ; mais ensuite, tout sera comme avant pour la réduction d’impôts.
En plus, avec l’année blanche en 2018, certains investisseurs potentiels qui auraient gagné davantage seraient avantagés.
Pour ce qui est de la vente aux accédants à la propriété, part importante du marché francilien, cela commence à faiblir, mais après une hausse de 30 à 40 % du marché en deux ans. Le marché ne se casse pas la figure, comme on peut le lire ! Oui, les permis de construire baissent un peu, mais l’idée des promoteurs reste que la demande achète l’offre produite. Il n’y a pas de stock physique, le stock théorique reste à moins d’un an. Il n’y a rien d’alarmant. Les taux d’intérêt restent bas et même s’ils devaient remonter, les prix baisseront un peu pour compenser. Le but des promoteurs n’est pas de faire monter les prix mais bien que le prix de revient soit inférieur au prix de vente.
La difficulté vient plutôt des projets plus longs à sortir ; mais que cela se vende en 6 mois, en un an, voire en deux ans pour des grosses opérations, ce n’est pas un problème. Il s’agit de concevoir de bons produits de qualité, pour que même si la demande baisse, cela se vende dans la durée. Il n’y a pas de réel coup de frein sur les ventes, même s’il y a moins de monde dans les bulles de vente depuis 4 mois environ. Il faut aussi se souvenir du contexte : le chiffre d’affaires de promoteurs franciliens a augmenté de 50 % en 2017. Chez les Promoteurs du Grand Paris, nous avons réalisé 200 millions d’euros de CA en 2016 et 300 M€ en 2017, cela peut baisser un peu en 2018. Rien de grave. D’autant que l’ancien n’a pas encore baissé. Acheter 20 % plus cher dans le neuf, c’est un pouvoir d’achat immobilier équivalent à l’ancien grâce au PTZ, aux frais de notaire réduits, à l’absence de travaux pendant 10 ans… »

-  Être groupé, c’est aussi peser davantage sur des décisions politiques. Qu’attendez-vous de la loi Elan ? Êtes-vous peut-être davantage inquiet de la loi de finances 2019 ? Ou peut-être par l’approche des élections municipales ?

« La force de nos petites boîtes et je le dis sciemment, c’est l’adaptation ! La loi Elan, à titre personnel, il ne faut rien en attendre du moment qu’elle ne crée par un déséquilibre entre les investisseurs et les acquéreurs qui veulent s’y loger pour anticiper leur retraite.C’était le cas avec la loi Scellier où un investisseur pouvait acheter plus cher quand celui qui voulait acheter pour habiter était désolvabilisé.
La loi Elan touche avant tout les bailleurs sociaux. Pour le reste, il y a peu de changements, en attendant la législation sur les normes d’accessibilité. Cette loi montre que l’on se bat toujours contre les recours abusifs, encore faut-il que la justice suive. Il faut impérativement que les délais soient raccourcis et c’est cela qui évitera le racket imposé aux promoteurs.
Pour ce qui est du projet de loi de finances 2019, on sait que la loi Pinel est prorogée jusqu’en 2022 et il y a une vraie volonté du gouvernement d’asseoir une stabilité à la fiscalité. Il est évoqué des aides supplémentaires aux maires bâtisseurs mais cela existe déjà. Exemple au Blanc-Mesnil où 800 logements neufs ont été lancés, cela représente 2 000 € par logement, soit 1.6 M€ pour la collectivité.
Nous sommes plus inquiets pour les élections municipales qui approchent. Cela fait déjà un an que des permis de construire sont bloqués dans certaines communes. Juste chez MDH Promotion, nous avons perdu deux opérations d’une centaine de logements neufs, cela représenterait jusqu’à 5 000 logements neufs bloqués sur toute l’Ile-de-France : 20 % de la production francilienne, ce n’est pas rien ! »

- Quelles sont les opérations emblématiques à venir pour les Promoteurs du Grand Paris ?
« En plus des deux sites d’Inventons la Métropole du Grand Paris, aux Lilas et à Argenteuil pour Cibex et Bricqueville, nous misons beaucoup en énergie, en argent et en temps sur trois sites de la deuxième édition du concours à Nanterre, Ville d’Avray et Noisy-le-Grand. Pierre Étoile a deux opérations importantes à Montigny-le-Bretonneux et dans le centre du Plessy-Trévise.


Chez MDH Promotion, nous avons lancé la commercialisation de 40 logements neufs à Bry-sur-Marne, en bord de Marne ou encore à Chatou sur la place du RER. Bécarré a lui un beau chantier en cours à Rueil-Malmaison, avec l’opération « Le Carré Ossart ». »
A retenir
- Philippe Jarlot, président des Promoteurs du Grand Paris, association de 6 promoteurs franciliens, Bécarré Elysées, Bricqueville, Cibex, MDH Promotion, Paris Ouest Promotion et Pierre Étoile, lancée en 2016 pour réunir sur un même site Internet une passerelle de ventes.

- Représentant 1 500 logements neufs et 5 % des parts de marché en Ile-de-France, les Promoteurs du Grand Paris ont l’ambition désormais de se présenter ensemble sur les concours des collectivités et des aménageurs comme sur trois sites d’Inventons la Métropole du Grand Paris édition 2.

- Selon Philippe Jarlot, le marché n’est pas au ralenti, même si les clients sont moins présents dans les bulles de vente depuis 4 mois environ, après une année 2017 où les chiffres d’affaires ont augmenté de 50 % en un an.

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