Recherche d'articles
 
 
Les informations de l'immobilier neuf : tout savoir de l'immobilier neuf
Le spécialiste pour trouver un logement neuf
Où ?
  • Pour habiter
  • Pour investir
  • Terrains
  • Constructeurs
Trouver

Astuce : nos filtres en pages de résultats vous permettront d'affiner votre sélection

Interviews Edition du

Henry Buzy-Cazaux : "remettre de l'intelligence dans la politique du logement"

Henry Buzy-Cazaux, président de l'IMSI
Henry Buzy-Cazaux, président de l'IMSI, revient sur les multiples discours nuisant à la construction et au logement depuis plusieurs mois désormais.

Tags : Immobilier neuf, logement neuf, construction neuve, LCA-FFB, IMSI


Expert de l'immobilier, président de l'IMSI, Henry Buzy-Cazaux est revenu, à l'occasion de la convention annuelle de LCA-FFB au pavillon Gabriel à Paris qu'il animait, sur l'état du marché et surtout la politique de l'exécutif en matière de logement.

- Un premier constat à l'issue de cette convention annuelle de LCA-FFB, c'est le climat anxiogène du moment autour de l'immobilier et de la construction. Les faits marquants des derniers mois montrent plutôt des éléments négatifs.

Oui, un climat anxiogène qui prévaut dans toute la filière car LCA-FFB, c'est toute la filière de la construction avec des constructeurs, des aménageurs, des promoteurs... Il n'y a pas de prise en considération du logement, de la part du pouvoir actuel. Le logement est absent du Grand Débat National qui est pourtant à l'initiative de l'exécutif et il y a aussi le sentiment qu'il n'y a pas d'estime pour les acteurs, ni pour les grands dossiers liés au logement. D'où cette inquiétude existante depuis un an, voire 18 mois maintenant, en raison d'un certain nombre de gestes que l'on a pu penser malveillants mais surtout dont il est démontré désormais qu'ils ont eu des effets négatifs. Des gestes fiscaux,  financiers, voire réglementaires qui au bout du compte ont des conséquences sur les derniers chiffres de la production de logements qui sont tombés cette semaine. Ils sont mauvais tant pour la construction de maisons individuelles que pour le collectif. Cette convention tombait à point nommé pour inciter à certaines inflexions politiques du ministre du Logement mais plus largement de l'exécutif.

- On est loin du choc d'offre ?

On est loin du choc d'offre dont on parlait au début du quinquennat. Une expression dont on ne parle plus, même au sein du gouvernement, qui a compris que le choc ne se ferait pas. On a même très vite eu des indices de l'inverse, avec une rétractation de l'offre et de la production. Il faut probablement qu'en matière de fiscalité et d'aides, il y ait un autre regard, c'est-à-dire comprendre que c'est un secteur qui rapporte et pas un secteur qui coûte. Que l'on veuille mieux évaluer les aides, c'est la préconisation très récente de la Cour des comptes, que l'on veuille les ajuster, les optimiser et même faire quelques économies, pourquoi pas et tout cela est normal. Il a déjà été réalisé deux milliards d'euros d'économies depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron, ce n'est pas rien, c'est 5 %. Mais que l'on casse une dynamique, qu'on néglige qu'il faille solvabiliser les ménages, les aider et les accompagner, c'est dommage. Après deux ans d'une politique qui s'est un peu cherchée, qui était certainement trop comptable, il faut remettre une intelligence dans la politique du logement. Une satisfaction tout de même : Julien Denormandie, ministre en charge du Logement, après avoir été secrétaire d’État, il a des discours qui témoignent de cette prise de conscience. Alors pour les actes, il faudra attendre la prochaine loi de finances dont il aura la responsabilité, mais on ne peut pas nier
convention annuelle de LCA-FFB
Henry Buzy-Cazaux animait la table ronde de la convention annuelle de LCA-FFB, pôle logement de la Fédération Française du Bâtiment. © LCA-FFB
qu'il y a chez lui une lucidité que l'on n'a pas toujours trouvé auparavant.

- Lucidité peut-être mais il dit lui-même qu'il n'a "pas de baguette magique".

Le secteur du logement est très complexe, les parties prenantes sont nombreuses. Les élus locaux ont aussi un rôle majeur à jouer. C'est dans la relation entre les élus locaux et l’État que l'on va trouver des solutions, alors qu'aujourd'hui, il y a de vraies tensions. Les professionnels ont également leur rôle à jouer. Par exemple, les professionnels apprennent aussi à se sevrer des aides, ils innovent, ils font baisser les coûts de construction. Les industriels sont également très présents autour des professionnels. Il ne faut pas tout attendre du gouvernement. On ne va pas résoudre tous les problèmes, mais il faudrait au moins que les mauvais gestes, les mauvaises décisions disparaissent. Ça vient peser des freins sur un véhicule qui roulait à bonne vitesse depuis maintenant trois / quatre ans. Il ne faut pas l'oublier :  nous avions une production neuve qui se déployait, des années record dans la transaction... On a clairement cassé une dynamique.

- C'est d'autant plus dommage que l'on a l'impression que ce n'est qu'une question de discours, notamment du Président de la République quand il parle par exemple de rente immobilière, alors que l'immobilier, c'est surtout une question de confiance.

Ce qui est fou en effet est qu'il y a eu des actes comme le recentrage de certains dispositifs par exemple sur les zones tendues, mais il y a surtout des projets annoncés, des projets mauvais et qui ne sont qu'annoncés mais qui inquiètent les acteurs et qui font mal au marché. Il y a aussi des mots et des jugements portés, infondés la plupart du temps, qui font mal : la rente, ça fait mal, les 5€ d'APL - le ministre le reconnaît d'ailleurs - qui font mal et qui ont de l'importance pour les ménages. De quoi abimer le moral des acteurs que ce soit celui des professionnels ou des familles.

- Le ministre en a conscience, mais plus haut dans l'exécutif, dans la lettre d'Emmanuel Macron annonçant le Grand Débat National par exemple, le logement n'est cité qu'une fois, alors que c'est un incontournable.

Dans une tribune signée il y a quelques semaines, j'inclinais le ministre du Logement qui a l'air de bien comprendre les problèmes à former lui-même le chef de l’État, à lui servir de mentor, de coach car il est vrai que, dans les discours du président, on ne sent pas cette estime et c'est persistant car dans le Grand Débat, il y a encore quelques jours, il disait que le logement ne lui créait pas d'emplois ! S'il y a bien un secteur qui représente 3 millions d'emplois, non-délocalisables, c'est bien le logement.
Il y a effectivement deux discours à la tête de l’État : un discours juste de la part du ministre Denormandie et de quelques parlementaires spécialistes et puis, le discours du président, voire quelques autres ministres comme Gérald Darmanin, ministre en charge des Comptes publics, qui lui aussi à fait quelques sorties fâcheuses et infondées. Deux discours, alors on aimerait bien que celui qui n'est pas le bon disparaisse et qu'il ne reste que le discours actuel de Julien Denormandie. Il n'était pas physiquement présent avec les congressistes, mais il a fait par vidéo un discours très allant et reconnaissant envers les professionnels. C'est un discours qui aura été bien perçu, même s'il est certain que la présence physique apporte toujours plus.

- Nous sommes déjà presque au mois d'avril, la prochaine loi de finances est encore loin, qu'est-ce qui pourrait relancer la machine ?

Cette chronologie est incontestable et elle joue contre nous car avant qu'il y ait une nouvelle loi de finances, il va falloir attendre de longs mois, elle n'entrera en vigueur qu'en 2020. Entre temps, les règles du jeu, nous les connaissons, elles sont ce qu'elles sont et elles ont conduit à une décélération. On va devoir laisser passer cette bourrasque. Il y a quand même la bonne nouvelle de la loi Élan, qui apporte des réponses juridiques et non pas financières ou fiscales, qui est en train de se mettre en œuvre. Il faut très vite que tous les textes d'application soient pris.
On notera que sur le dispositif Denormandie de soutien à l'investissement locatif dans l'ancien, les textes d'application ont été très vite rédigés, ils ont été publiés officiellement dernièrement. Ce gouvernement sait donc aller très vite quand il veut, il faut donc que la loi Élan avec toutes ses bonnes dispositions entre dans les mœurs rapidement. Pour les données financières et fiscales, il va falloir attendre malheureusement mais il faut donc mettre à profit ces prochains mois, comme c'est le cas sur cette convention, pour convaincre, pour être sûr que la loi de finances pour 2020 soit juste pour l'univers du logement et de nature à le dynamiser.
Par Céline Coletto

NOS PARTENAIRES A VOTRE SERVICE

Comparez gratuitement les offres de plus de 100 banques

Comparez gratuitement les offres de plus de 100 banques

Crédit Immobilier
Simulation loi Pinel

Réalisez une simulation d'investissement loi Pinel 2019

Simulation loi Pinel
Simulateur Prêt à taux zéro 2016

Calculez gratuitement le montant de votre Prêt à Taux Zéro 2019

Simulation gratuite PTZ
bot