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Jacques Chanut, FFB : « le logement neuf soutient seul la reprise du BTP »

Jacques Chanut, président FFB
Jacques Chanut, président de la FFB, dresse le bilan du premier semestre 2017 et les attentes du BTP pour ce quinquennat. © Ph. Bauduin

Tags : Immobilier neuf, logement neuf, construction, BTP, FFB


Le président de la Fédération Française du Bâtiment, Jacques Chanut, évoque la reprise du BTP au premier semestre, dynamisée par le logement neuf, tout en restant tout de même assez prudent car la fracture territoriale, elle, ne s’améliore pas.

- Quel est votre ressenti de façon générale pour le bâtiment en ce premier semestre et plus précisément à propos de la construction neuve ?

« Le logement neuf tire effectivement la reprise. Cela permet de dire deux choses. D’abord que cela reste très fragile car cette reprise est surtout liée aux taux d’intérêt très bas et à un environnement institutionnel favorable : Prêt à Taux Zéro pour les primo-accédants et dispositif Pinel pour les investisseurs notamment, qui permettent de solvabiliser les acquéreurs. Tout cela est donc très bénéfique au logement neuf mais on relève juste la tête, donc il ne faut pas vouloir tout changer maintenant.
D’autant qu’il faut rappeler que 80 % des logements neufs se construisent sur seulement 20 % du territoire français. Cette reprise laisse donc de côté les zones les plus rurales, les centres bourgs car il n’y a pas de besoin de logements neufs dans ces territoires. La reprise est loin de concerner toutes les régions et donc toutes les entreprises du BTP. »

- Justement, vous aviez déjà rencontré le précédent ministre de la Cohésion des territoires, qu’attendez-vous du nouveau, Jacques Mézard ?

« Il y a une vraie continuité annoncée de lutter contre cette fracture territoriale avec ce grand ministère, que ce soit l’un ou l’autre ministre à sa tête. Il y a de la continuité dans le cabinet du ministre, la continuité politique devrait suivre. Le secteur de l’amélioration/entretien des logements peut justement être une piste pour lutter contre cette fracture territoriale. Nous attendons donc des décisions politiques et surtout financières fortes. Il va falloir un financement public nécessaire pour permettre ce soutien à ces territoires ruraux. Jacques Mézard, sénateur du Cantal, bien connu par la FFB locale et nationale, est bien au fait de cette problématique territoriale. »

- Quels dossiers vous semblent importants pour la construction neuve en ce début de quinquennat ?

« Cela doit se dérouler en deux étapes. D’abord, confirmer dans les faits et les lignes budgétaires, les dispositifs institutionnels pour les investisseurs et les accédants à la propriété et cela dans la durée.
chantier logement neufs
Pour le président de la Fédération Française du Bâtiment, un nouveau verdissement du logement neuf n'est pas nécessaire.
Il faut arrêter de faire le yoyo et du coup, éviter de créer des bulles spéculatives à chaque changement.
Ensuite, il faut affirmer cette volonté de relancer une dynamique dans tous les territoires. Pour cela, il faut privilégier la piste de la réhabilitation et de l’adaptation, notamment aux populations vieillissantes, des logements pour redensifier les centres-villes, les centres-bourgs… Réhabiliter ces logements, c’est recréer des richesses pour ces territoires, ces villages où il n’y a plus de bar-tabac mais où il reste toujours un ou deux artisans. Il faut soutenir ce tissu économique existant en amenant du niveau de confort dans les logements de ces centres-bourgs pour les redynamiser, les redensifier. On fait d’une pierre, deux coups. »

- Est-ce que l’on peut imaginer un verdissement de certains dispositifs de soutien à l’immobilier neuf  dans l’avenir avec l’arrivée de Nicolas Hulot à l’Ecologie ?

« Le verdissement existe déjà dans le logement neuf avec la RT 2012, la dernière réglementation thermique en vigueur. C’est sur le marché de l’ancien que le verdissement est un enjeu fort. Il ne faut pas durcir les règles, il faut plus de volume. Les mesures actuelles doivent se développer en nombre. Il n’y a pas d’effet bénéfique si les règles sont trop strictes. Il faut un grand socle pour avoir un réel effet et la France compte entre 30 et 35 millions de logements anciens à rénover. Nicolas Hulot, que je rencontre la semaine prochaine, est un homme pragmatique. On peut imaginer qu’il sait qu’il y a mieux à faire que de lancer de nouveaux concepts réservés à des élites, mais qui n’ont pas d’impacts concrets. Pour que le verdissement soit efficient, il faut un effet de masse. »

- Percevez-vous déjà un effet Macron dans la profession avec un certain optimisme, une certaine confiance ?


« Pas sûr qu’il y ait véritablement un « effet Macron » car la reprise existe depuis un certain nombre de mois maintenant. Le moral des ménages revient, il existe toujours un fort besoin de logements, tous les experts s’accordent à dire qu’il manque environ un million de logements en France et les taux d’intérêt bas rendent possible la solvabilisation des ménages… tout cela a permis le redémarrage. A cela, s’ajoute le PTZ qui permet un accompagnement des primo-accédants. C’est comme un alignement des astres. Si on ne touche pas à cette dynamique ; cela doit permettre de relancer de façon pérenne le BTP et ainsi développer la capacité du secteur à embaucher. »

- Dans le bilan tiré de ce premier semestre, vous évoquez aussi que le fait que le marché immobilier français est sain, sur quoi vous basez-vous pour préciser cela ?

« Un rapport de la Banque de France qui dit qu’il n’y a pas de bulle spéculative en France. Alors oui, on voit des reportages sur le prix de l’immobilier à Paris qui flambe, mais Paris n’est pas la France. Si les prix explosent à Paris, c’est parce qu’il manque des logements. La réponse est donc de construire pour réguler les prix et éviter la course aux biens. Aujourd’hui, le prix des logements neufs est en corrélation avec la réalité technique, qui suit l’évolution à la hausse des salaires, du prix des matériaux et le surcoût lié aux normes… Cela augmente aussi en raison de l’allongement du temps pour obtenir les permis de construire, purger les recours, le coût juridique au mètre carré prend de l’ampleur pour un coût technique qui reste finalement assez stable. Certains pseudo-experts se font plaisir, mais le marché immobilier français est sain. Après avoir perdu trois années du quinquennat Hollande, il faut construire davantage pour répondre à cette demande et réguler le marché. L’histoire l’a déjà montré et l’avenir le montrera encore. »

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