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Lara Laugar, Sénova : « La RE 2020 est une marche nécessaire à franchir, pas qu'une contrainte »

lara laugar Sénova
Lara Laugar, chargée d'affaires thermique au bureau d'études Sénova et co-autrice du guide RE 2020.

Co-autrice du guide « RE 2020 et rénovation énergétique, guide pratique pour les bâtiments neufs et existants », aux éditions Eyrolles, Lara Laugar revient sur les enjeux, objectifs et grands changements de la nouvelle réglementation environnementale, RE 2020. 



- Dans les grandes lignes, qu’est-ce qui différencie la nouvelle RE 2020 à la précédente réglementation thermique ?

 

« Premier changement, on ne va plus parler de réglementation thermique mais de réglementation environnementale parce qu’on va élargir le champ de vérification de toute construction neuve en regardant l’impact sur le changement climatique de tous les matériaux et équipements et leur mise en œuvre sur le chantier. 

Pour ceux qui veulent faire construire, il va falloir faire une étude environnementale de leur projet, une ACV, Analyse de Cycle de Vie. Concrètement, tous les choix effectués pour construire une maison : choix de matériaux…, y compris l’aménagement intérieur, auront un impact sur le calcul.

Dans le collectif, les promoteurs immobiliers vont devoir aussi s’adapter, à propos de l’impact carbone, en étant très vigilant sur les matériaux qu’ils vont mettre en œuvre. 

Lire aussi - RE 2020, mode d'emploi


Au-delà de cet impact carbone des matériaux et système, il y a aussi l’impact des énergies mises en œuvre qui seront prises en compte pour la première fois. Cela va beaucoup chambouler la construction neuve car chaque énergie a un équivalent carbone, en gramme par équivalent de CO2 et avec les seuils d’entrée de la RE 2020, il ne sera plus possible par exemple de mettre de chaudière gaz en maison individuelle. »

 

- Autres bouleversements encore à venir ?

 

« La RE 2020 sera à jalon, progressive et il va y avoir quatre dates clés : 2022, l’entrée en vigueur puis 2025, 2028 et 2031 où il y aura à chaque fois un renforcement des exigences sur l’impact carbone. Plus on avancera dans le temps et moins on sera autorisé à dégager beaucoup de carbone dans la construction. De fait, les matériaux biosourcés seront de plus en plus utilisés et nécessaires pour être conforme aux seuils réglementaires. D’ici une dizaine d’années, la construction bois devrait du coup énormément se développer. »

 

- Que cherche-t-on à faire avec cette nouvelle réglementation ? Quels sont les objectifs de la RE 2020 ? On sait que la RT 2012 était déjà efficace énergétiquement parlant, peut-on encore aller chercher comme bénéfice ?

 

« Il y a trois objectifs derrière la RE 2020. L’objectif « énergie » où l’on va aller chercher la sobriété énergétique et la décarbonation de l’énergie. Cela se traduit par la poursuite de la réduction des consommations d’énergie. C’est encore possible de construire des bâtiments encore moins consommateurs que ceux au niveau de la RT 2012. Cela se traduit aussi par la volonté de sortir des énergies fossiles et de développer le recours aux énergies renouvelables. C’est une volonté de l’Etat pour suivre la stratégie nationale bas carbone.

Deuxième objectif : l’objectif « environnement ». L’idée est de réduire l’empreinte carbone des bâtiments neufs et donc cela passe par la limitation de la production des gaz à effet de serre générés par la construction et la consommation d’énergie du bâtiment.

Troisième objectif de la RE 2020 : le confort d’été. Il s’agit d’améliorer le confort des bâtiments en cas de fortes chaleurs ; puisque nous devrions être de plus en plus confrontés à vivre des périodes caniculaires intenses. L’enjeu de cet objectif est de concevoir des bâtiments adaptés au changement climatique et l’intensification de ces épisodes caniculaires. » 

 

- Cet objectif de confort d’été, que faut-il en retenir pour le grand public qui le découvre ? Comment y parvenir concrètement ?

 

VIDEO - RE 2020, mode d'emploi © Trouver-un-logement-neuf.com
« Le confort d’été était déjà existant dans les réglementations thermiques depuis 2000 ; mais la méthode de calcul n’avait jamais été revue depuis. Dans les faits, les bâtiments RT 2012 ne sont pas forcément très agréables à vivre en cas de fortes chaleurs, d’où ce nouvel enjeu de la création d’une nouvelle méthode de calcul. Elle est supposée regarder le niveau de degré d’heures d’inconfort perçu par les occupants. Cette méthode fixe des températures d’inconfort, deux le jour et une la nuit, à ne pas dépasser un certain nombre d’heures consécutives. 

Deux manières de limiter au maximum ces degrés d’inconfort :

- d’abord, il va falloir avoir une réflexion au niveau du bâti et de la conception bioclimatique du bâtiment, en étant encore plus vigilant en matière d’orientation du bâtiment, la présence d’occultations, l’inertie du bâtiment, s’il est traversant ou multi-orienté ou non… 

- si cela ne suffit pas, il y aura ensuite des recours à des systèmes alternatifs de rafraichissement. Pas de climatisation, bien au contraire, mais plutôt la mise en place de brasseurs d’air, sorte de ventilateurs qui donnent la sensation aux occupants qu’il fait plus frais. On peut aussi utiliser des pompes à chaleur réversibles, des humidificateurs d’air, la surventilation nocturne… »

 

- Comment sera contrôlé la bonne application de cette nouvelle norme de construction ? Est-ce que les entreprises sont prêtes sur le terrain à votre niveau de bureau d’études ?

 

« Nous ne sommes pas aussi prêts que lors de l’entrée en vigueur de la RT 2012 car nous n’avons pas eu autant de temps pour s’y préparer. Là, les différentes versions des modes de calcul ne sont pas encore finalisées. Elles fonctionnent mais n’intègrent pas toutes les options que l’on souhaiterait. Il y aura encore une période de tâtonnement pour que tous s’adaptent : les bureaux d’études, les maîtres d’ouvrage… il y a encore de la sensibilisation à effectuer. Nous sommes encore dans l’attente de certaines données environnementales de la part des industriels. »

 

- Dans votre livre, vous prenez comme exemple un ensemble de 4 maisons jumelées / accolées. Qu’est-ce qui vous a surpris dans cette réalisation RE 2020 ? 

 

guide RE 2020
A paraître le 13 janvier 2022, ce guide pratique pour notamment faire construire en RE 2020.
« Ce projet n’avait pas pour but d’être RE 2020, il est conforme à la RT 2012 tout en allant chercher des labels : le label passif et le niveau E4C2 du label E+C-, label précurseur de la RE 2020. Nous étions sur une opération avec un niveau excellent en termes de conception et la surprise est que dans la RE 2020, le photovoltaïque n’est plus valorisé de la même manière. Tout ce qui est produit n’est plus déduit des consommations du bâtiment. Nous avons donc dû mettre un système à énergie renouvelable en plus des panneaux photovoltaïques pour que l’on atteigne les niveaux de la nouvelle réglementation environnementale. Un bâtiment 100 % électrique, sans énergie renouvelable, ne pourra atteindre les exigences de la RE 2020. Pour y parvenir, nous avons dû rajouter des poêles à granules dans chaque maison. »

 

- C’est donc un équipement supplémentaire à ajouter et donc un surcoût. L’avez-vous estimé pour une maison neuve ? A terme quel surcoût pour un appartement neuf ?

 

« C’est difficile de l’estimer, déjà car en raison des difficultés d’approvisionnement en matériaux en ce moment, nous avons de fortes augmentations de coût dans certains domaines et comme la RE 2020 promeut les matériaux biosourcés, cela va créer encore davantage de demande dans des filières qui ne sont pas encore assez organisées ou démocratisées. Cela va créer d’autres problèmes d’approvisionnement et donc de coût. Cela aurait été le cas même si la RT 2012 avait continué en 2022, donc difficile de donner un ordre de surcoût. A voir avec la pratique et l’expérience car pour le moment, nous n’avons que les textes et la théorie. »

 

- On a beaucoup dit que le chauffage au gaz allait disparaître, qu’il n’y aurait plus que des maisons construites en bois… Est-ce une réalité ? 

 

« Il n’y aura plus de maisons chauffées au gaz, sauf deux exceptions à court terme, si un permis d’aménager, raccordé au gaz, a été délivré avant le 31 décembre 2021 et si les permis de construire qui en découlent sont déposés avant le 31 décembre 2023. En collectif, le gaz sera toujours possible jusqu’en 2025, sinon, il faudra de l’hybridation au-delà pour pouvoir continuer à utiliser du gaz non-renouvelable.

Le triple vitrage ne sera pas nécessaire, le double vitrage suffira ; mais au niveau des seuils d’entrée de la RE 2020, il sera possible de continuer de construire comme en RT 2012 mais avec une performance 20 à 30 % supérieure. 

Au niveau des choix des matériaux, ceux qui seront les plus valorisés dans les calculs, seront les isolants d’origine biosourcée, notamment sur les gros bâtiments. La difficulté est que pour le moment les filières, comme la filière bois, ne sont pas encore prêtes et sont en voie d’adaptation. »

 

- Premier bilan de la RE 2020 ? Fallait-il aller aussi loin alors que cela va entraîner un important surcoût et que les filières ne sont pas vraiment prêtes ?

 

« A titre personnel, c’est effectivement une grosse marche à franchir mais cela me semble nécessaire. Cela ne doit pas être vu comme une contrainte. Face aux enjeux des émissions de carbone, du réchauffement climatique, de l’objectif national bas carbone d’ici 2050, il faut regarder les émissions dans chaque secteur et notamment dans la construction. Tout le monde doit apporter sa pierre à l’édifice, doit prendre sa part et bousculer ses habitudes. Le changement n’est jamais facile mais il faut comprendre les enjeux derrière pour faire de beaux projets dont on puisse être fiers dans l’avenir. »

Lire aussi - RE 2020, le texte officiel

Par Céline Coletto

RE 2020 et rénovation énergétique

Guide pratique pour les bâtiments neufs et existants / Maisons & copropriétés

Par Dimitri Molle et Lara Laugar

304 pages quadri / 17 x 21 / 26 €

code éditeur : G0100017

ISBN : 978-2-416-00017-1

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