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Laurent Michelin, Bouygues Immobilier : « L'innovation dans le logement neuf doit naître de la contrainte de l'usage »

Laurent Michelin Bouygues Immobilier
Laurent Michelin directeur innovation maîtrise d’usages chez Bouygues Immobilier, table sur l'innovation par le design pour penser le logement idéal.

Tags : Immobilier neuf, Bouygues Immobilier, innovation


Directeur Innovation et maîtrise d’usages chez Bouygues Immobilier, Laurent Michelin évoque la nouvelle manière de penser le logement neuf chez le promoteur immobilier qui a choisi d’innover par le design, plutôt que par la tech, pour mieux répondre aux attentes et usages des utilisateurs.



- Plus que la technique et l’architecture, Bouygues Immobilier veut maintenant penser l’innovation en fonction des usages. Quand avez-vous pris cette décision ? 

 

« Cette accélération, c’est la crise du Covid qui nous l’a fait prendre. En tout cas, prendre conscience que l’innovation qui part d’une solution ou d’une innovation technologique n’est que partielle. Jusqu’à très récemment, la direction de l’innovation était centrée sur le digital et les nouvelles technologies. Depuis une dizaine d’années, cela se concentrait sur la recherche de start-ups, notamment en prenant des participations. Cela a poussé des solutions digitales dans le logement. Nous avons été les premiers à proposer de l’habitat connecté avec Flexom et des solutions de mises en relations entre habitants d’une même résidence, l’application Entre Voisins. Depuis quelques mois et mon arrivée, ont été demandées aux équipes de proposer des solutions plus utiles. En effet, les retours des clients étaient que finalement personne ne voulait vraiment de ces solutions digitales, alors que des solutions plus simples : pour mieux ranger ses affaires dans son logement par exemple, étaient réclamées par la clientèle. 

Cela nous a interpellé. La crise du Covid s’est ajoutée à ça où nous avons tous vécu chez soi davantage que d’habitude, où nos clients souhaitaient quitter des logements devenus trop petits. Depuis 2017, nous avions intégré les méthodes de design thinking mais concentrées sur la tech et les innovations digitales. Nous sommes donc revenus à des innovations qui apportent une meilleure expérience à la vie quotidienne de nos résidents. De quoi embellir leur vie, la simplifier. Nous souhaitons donc revenir à des solutions plus simples mais perçues comme à forte valeur ajoutée par l’utilisateur. Un utilisateur qui n’est d’ailleurs pas forcément le client, l’acheteur ; mais qui est bien l’occupant du logement. 

Jusqu’ici, l’innovation et tout le process de conception partaient d’un terrain où il fallait concevoir des plans en fonction de fortes contraintes réglementaires, techniques, financières… La question de « comment on vit dans ce plan-là ? » ne venait qu’en fin de conception. Tout l’enjeu de notre travail à la direction de l’innovation est désormais de mettre cette question en amont du processus de conception. »

 

- En quoi cela consiste précisément ?

 

« Il faut imaginer des plans idéaux pour les nouveaux usages. Des plans qui n’ont d’ailleurs pas beaucoup évolué ces 50 dernières années, alors que les usages, eux, ont beaucoup changé. Nous avons davantage de familles monoparentales, de familles qui accueillent de temps en temps leurs enfants, une semaine sur deux par exemple. Il y a la problématique du vieillissement de la population. Il y a cette demande accrue de pouvoir interagir avec la nature. Il y a des surfaces de plus en plus contraintes car les mètres carrés sont de plus en plus chers. De nombreuses choses ont évolué dans nos modes de vie mais les plans des logements n’avaient jusqu’ici pas forcément suivi. Pour changer cela, nous voulons davantage représenter la voix de l’utilisateur dans nos processus de conception. Nous voulons passer de l’innovation issue de solutions technologiques à de l’innovation qui part des envies et des besoins des utilisateurs. »

 

- Comment obtenir et repérer justement les besoins de ces utilisateurs ?

 

« Historiquement, nous avons une belle connaissance de nos clients et de nos cibles au travers d’enquêtes et des études marketing poussées. En utilisant le design thinking en plus, nous ne partons plus d’une solution technologique mais d’une problématique. Nous allons lancer à la rentrée une nouvelle gamme de logements issus de cette méthode de design thinking. 

Par exemple, nous voulions pouvoir répondre à la demande de ménages qui souhaitent pouvoir rester dans l’urbain et y devenir propriétaire mais en vivant décemment, malgré une petite surface. C’est une réelle problématique de designers. La cible : des ménages jeunes, avec un ou deux enfants, qui veulent rester en centre-ville, qui ne veulent pas prendre des voitures pour aller travailler, qui veulent être proches des lieux culturels… En observant leur vie de tous les jours, via une agence de design spécialisée, nous faisons une conception issue de leurs besoins, de leurs façons de vivre. 

Autre pilier du design thinking : le prototypage. Nous allons prototyper les espaces imaginés et faire des tests en grandeur réelle afin de voir comment est perçue la surface ? Voir comment les utilisateurs circulent dans les espaces prototypés ? Voir s’ils utilisent bien les plans imaginés ? Nous allons d’abord simuler des plans dans un design lab, en positionnant les éléments marquants du logement conçu, avant de déployer nos innovations à plus grande échelle. 

A compter de l’automne, nous allons réaliser un prototype à l’échelle 1 pour le faire découvrir et habiter les utilisateurs. 

Le design, c’est la valeur d’usages : l’ergonomie, la praticité… mais c’est aussi la valeur émotionnelle. Dans un habitat, il n’y a rien de plus important que de se sentir bien dans son logement. Cette perception de bien se sentir, qu’on peut avoir du mal à expliquer d’ailleurs, ce sera notre juge de paix. La perception, cela peut être très irrationnelle et c’est pour cela que nous allons tester des choix de matières, de couleurs, de luminosité… 

Le design est peu connu en France. Ce n’est pas qu’esthétique, c’est une conception qui part d’une problématique de société et qui cherche à trouver des solutions. »

 

- Quid tout de même de privilégier les usages plutôt que les impératifs normatifs quand on sait que les PLU sont très précis, quand on voit arriver la future RE 2020… comment être innovant face à ces contraintes ? Comment ne pas se laisser imposer des plans intérieurs par l’architecture extérieure ?

 

« Sur notre future offre disruptive de logements, nous avons mené deux démarches simultanément. Une démarche architecturale classique qui part d’un foncier type pour imaginer ce qui nous semble être positif pour le futur programme. En parallèle, une équipe de designers est partie du même foncier mais en imaginant le plan idéal. Une sorte de challenge où architecte et design échangent pour trouver une solution tierce. L’innovation nait de la contrainte. On rajoute aux contraintes réglementaires et d’optimisations du foncier, la voix de l’utilisateur et finalement, on trouve des solutions. C’est un peu comme la différence entre le concept-car en automobile et l’automobile industrialisée ensuite. Sans concept-car donnant les orientations, vous ne trouvez pas les solutions pour penser autrement. C’est un nouveau dialogue vertueux entre le plan idéal et les contraintes habituelles. »

 

- Comment traduire ces innovations d’usages dans les opérations tout en soutenant l’équation du prix attractif ?

 

« Nous visons davantage de standardisation. Nous souhaitons répéter ce plan « idéal » un maximum de fois. Nous avons imaginé 4 surfaces types correspondant aux différentes cibles et le plan idéal imaginé, testé… sera répété. Nous ferons alors des économies sur la conception, sur des modules salle de bain / cuisine, sur le type de fenêtres... En standardisant le maximum de points, nous ferons des économies d’échelle sur la conception et la construction. L’idée étant d’être à iso-prix. »

 

- Quelques exemples d’innovations proposées dans ce plan idéal ?

 

« Pour bien vivre dans une surface contrainte, nous avons deux leviers : il faut tout faire pour donner l’impression ressentie d’espace grâce à un travail sur la lumière, sur le cloisonnement… Autre aspect : ne pas perdre un mètre carré. Pour les rangements, nous allons proposer un maximum d’espaces tout hauteur : dans l’entrée, la salle de bain, autour des fenêtres. Cela contribue à cette impression d’espace. Nous nous inspirons des tiny-houses, des campings cars, où tous les usages sont réunis dans un espace très contraint. Nous voulons donner du sens à l’innovation afin qu’elle soit directement perceptible par l’utilisateur et donc on change de méthode. Nous utilisons les méthodes du design qui existent depuis plus de 100 ans dans d’autres secteurs d’activités mais qui sont peu utilisés dans le secteur de l’immobilier. Nous préconisons de complètement intégrer le design dans notre démarche de conception, dans notre stratégie afin de trouver des innovations no-tech et même low-tech. »

 

- Des réalisations issues déjà de cette nouvelle façon de penser le logement chez Bouygues Immobilier ?

 

« Dans une opération à Lyon Confluence, dans Eureka, nous avons co-designé 11 logements avec des particuliers. Ils ont décidé des parties communes, de l’aménagement de l’intérieur des appartements… en lien avec une AMU, Assistance à Maîtrise d’Usage, Pop-Corn. Nous ferons aussi de plus en plus appel à des studios de design. Nous avons aussi fait une concertation citoyenne via une plateforme digitale pour savoir ce qui faisait rêver les habitants en matière de quartier. Des habitants qui rêvent de nature, de convivialité, de caractère comme une place de village.

 

Lire aussi - Bouygues Immobilier consulte pour imaginer le quartier rêvé

 

programme neuf Cormeilles-en-Parisis
Cormeilles-en-Parisis est un projet emblématique qui va reprendre les codes de la conception par le design mise en place par Bouygues Immobilier © Seine Parisii / Cormeilles-en-Parisis / Bouygues Immobilier
Nous revenons à des innovations qui ont du sens et qui embellissent la vie quotidienne. Nous ne sommes pas là pour envoyer du rêve mais pour faire rêver de réalité quotidienne. Il s’agit d’améliorer sensiblement la qualité d’usages et l’expérience proposée à nos utilisateurs. »

 

- Nous n’avons pas les mêmes besoins dans les métropoles auxquelles ces plans sont destinés que dans les villes moyennes. Est-ce que vous imaginez déjà de déployer cette méthode ailleurs ?

 

« Le pendant de cette nouvelle offre compacte dans l’urbain, ce sera de faire que pour le même prix vous avez plus d’espace dans le péri-urbain. L’idée est de développer une gamme de produits et services qui réponde à des attentes différentes et des besoins différents en matière de déplacements en voiture par exemple. Nous avons aussi une offre de coliving que nous allons lancer à la rentrée. Nous ne vivons pas non plus de la même manière à Lille qu’à Marseille. Là aussi, il s’agira de s’adapter aux modes de vie : plutôt carrelage au sud, parquet au nord avec toujours plus de possibilités de personnaliser son logement selon les attentes de l’utilisateur. »

 

- Opération emblématique de cette nouvelle façon de penser l’immobilier, il y a aussi Seine Parisii à Cormeilles en Parisis. En quoi c’est symbolique ? 

 

« Seine Parisii, c’est une ancienne friche industrielle en bord de Seine où l’utilisateur va pouvoir vivre une expérience de vacances près de chez soi. Notre nouveau cheval de bataille : imaginer un immobilier expérienciel. Nous allons privilégier l’expérience que vont vivre les habitants plutôt des innovations waouh effect. Nous proposons une marina, donnant la possibilité de faire facilement un tour de bateau. De quoi répondre à l’imaginaire, à l’envie de la place du village, pensée par l’architecte qui a fait Port Grimaud mais qui s’intègre dans son environnement. »

Par Céline Coletto

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