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Olivier Salleron, FFB : « Le logement doit être la prochaine grande cause nationale »

Olivier Salleron FFB
Olivier Salleron, président de la Fédération Française du Bâtiment, craint une grave crise sociale si rien n'est fait pour le logement. © Arthur Maïa

Le président de la Fédération Française du Bâtiment, Olivier Salleron, a conclu les travaux du séminaire technique du Pôle Habitat FFB à Lisbonne. Il a lancé un nouveau slogan : France, Terre de Bâtisseurs pour mobiliser les candidats à la présidentielle sur la thématique du logement, nécessaire urgence nationale, selon lui. 



- Quel premier bilan tirer de 2021 pour le bâtiment ? Et notamment pour le logement neuf collectif qui ne rebondit toujours pas ?

 

« Le bilan du BTP pour 2021 est de - 5 % de chiffre d’affaires par rapport à 2019. Nous n’avons toujours pas rattrapé l’effet Covid. Nous devrions normalement l’atteindre en 2022, poussé par la rénovation énergétique ; mais aussi la maison neuve individuelle. La construction de maisons fonctionne très fort depuis un an. L’aspiration de nos concitoyens à avoir un logement neuf individuel est importante. 

En revanche, les gros freins aujourd’hui sont le nombre de permis de construire sur les logements collectifs et la crise des matériaux qui perdure. A cela, il faut aussi ajouter la crise de l’énergie qui rajoute une couche d’augmentation des prix. Nous avons des carnets de commande qui n’ont jamais été aussi hauts depuis une quinzaine d’années, entre 8 à 9 mois de perspectives pour les entreprises de plus de 10 salariés. C’est d’un côté de l’optimisme pour les chefs d’entreprise mais il va falloir que l’on règle le problème des matériaux et celui des permis de construire pour le collectif. Nous espérons d’ailleurs que les propositions de la commission Rebsamen soient encore plus musclées. C’est ce que l’on essaye d’infuser aux candidats à la présidentielle. »

 

- La difficulté est en effet que Bercy ne semble voir que certains bons chiffres, sans prendre en compte des perspectives qui sont moins bonnes dans d’autres secteurs.

 

« Le gouvernement, comme tous les gouvernements, se base sur un chiffre : + 70 000 emplois dans le bâtiment depuis un an et le Covid. Nous avons perdu zéro emploi dans le BTP grâce aux aides de l’Etat durant la crise sanitaire, on en a même gagné 70 000 nets. Ce chiffre masque la forêt et ce qu’il peut y avoir de négatif. Dans l’imaginaire gouvernemental, le BTP va bien. Tout cela a commencé en 2018 quand le Premier ministre, Edouard Philippe a prôné la sobriété foncière auprès des préfets, les permis de construire ont commencé à décroître, le Covid est passé par là, les municipales retardées qui n’ont pas facilité la délivrance des PC, la non-numérisation des administrations… cela a entraîné une décroissance des autorisations de logements neufs.

La dématérialisation des permis de construire va démarrer sous peu ; mais ce n'est pas la solution ultime. Il y a un besoin immédiat d’un million de logements selon la Fondation Abbé Pierre et sur le coup, nous avons pris tellement de retard, le gouvernement a lancé la commission Rebsamen il y a six mois ; mais certaines des mesures ne seront votées par les parlementaires que ces jours-ci. Le temps qu’elles soient mises en application, le creux va toucher surtout les plus modestes, les primo-accédants qui veulent vivre chez eux de manière confortable... Il y a moins de constructions, donc attention aux problèmes sociaux et sociétaux qui peuvent grandement monter un état d’esprit extrémiste et que l’on retrouvera dans la rue mais avec des gilets rouges écarlates cette fois. »

 

- Quelles perspectives donc pour 2022, notamment avec les présidentielles ?

 

« L’attentisme est moindre pour les présidentielles et les législatives que pour les élections locales, d’autant maintenant avec les intercommunalités qui se rajoutent. Nous souffrons structurellement tous les six ans de ces élections, nous sommes à un an et demi après ces élections locales et c’est à nous de faire des propositions. Nous avons commencé très tôt en présentant nos propositions aux candidats à la présidentielle mais aussi aux législatives. Nous souhaitons depuis plusieurs mois que le logement soit une grande cause urgence nationale et nous avions raison. Là aujourd’hui, nous n’avons plus le choix. Le problème de logement peut être explosif et nous espérons des mesures très rapides après les élections, dès le début du deuxième semestre 2022. »

 

- Qu’est-ce que vous attendez précisément comme mesures, pour aller plus loin que les annonces faites en marge de la commission Rebsamen ?

 

« Il faut qu’il ait déjà des mots prononcés par le futur Président de la République : « urgence logement ». Il faut que les maires et acteurs qui refusent de construire pensent aux modestes et très modestes. C’est être égoïste de ne pas vouloir construire aujourd’hui. Il va falloir décréter l’urgence logement en France, des mesures fortes. Oui, toutes les mesures prises avec la commission Rebsamen permettent de cranter, d’améliorer certains points mais cela ne sera pas suffisant dans les deux, trois, cinq années qui viennent. Pour l’instant, il y a une urgence sur la prochaine mandature. 

Si le problème de logement n’est pas réglé, cela peut vraiment déclencher des problèmes sociaux dans la rue. Il faut en être très conscient. Cela commence à monter. Nous, professionnels du bâtiment, nous y sommes confrontés tous les jours, rien qu’avec nos salariés qu'on appelle de la deuxième ligne, mais ils veulent se loger près de leur lieu de travail, ils voient les difficultés en centre-ville, le prix du foncier qui augmente, les loyers qui augmentent, le prix des logements qui augmente et cela les repousse loin des villes centres. Il y a une urgence et oui, il va falloir dépenser des milliards pour le logement, l’investissement, la rénovation énergétique… 

Olivier Salleron FFB
"Il faut que l'on soit considéré comme un acteur essentiel de l'économie", Olivier Salleron lors du séminaire technique Pôle Habitat FFB à Lisbonne. © Pôle Habitat FFB
Rien qu’avoir un unique et seul ministère de la Construction qui regroupe tous les ministères qui traitent de ces dossiers, qui soit à Bercy, comme le ministère de l’Industrie. Le bâtiment est un acteur économique majeur et ce serait un signe très fort pour nos concitoyens, pour nos élus, les maires bâtisseurs comme les maires non-bâtisseurs. Le logement concerne 66 millions de Français dont plus de 300 000 personnes, femmes et enfants compris qui vivent dans la rue, il y a urgence car nous allons collectivement vers de graves difficultés sociales, j’en suis convaincu. »

 

- A ces difficultés, s’ajoutent aussi de nouvelles normes RE 2020, Pinel+, de quoi encore complexifier la production de logements neufs et entraîner une nouvelle pression sur les prix immobiliers.

 

« Le bâtiment et le logement en particulier a toujours été une variable d’ajustement du ministère de l’Economie. On fait le bilan au mois de novembre, on balance une loi début décembre, pour savoir comment vont être mangés les Français, les entrepreneurs et leurs clients et savoir dans quel dispositif ils vont tomber. Cette instabilité législative et de décrets est totalement intolérable. Les professionnels du bâtiment ont appris à être agiles, leur modèle économique aussi ; mais on ne peut pas se baser à plus long terme. Cela freine l’investissement, l’organisation, alors que l’on pourrait encore davantage développer techniquement cette filière. Pourquoi développer une technologie, une innovation si dans deux, trois ans, les règles du jeu sont changées ? Il faut avoir une stabilité au moins sur un mandat. Nous n’allons pas parler de planification mais il va falloir prendre de bonnes décisions et les figer sur toute une mandature, avec des ajustements à la marge, pour que les entreprises du bâtiment puissent investir, avec leurs salariés, dans du pérenne. »

Par Céline Coletto

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