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Pascal Boulanger, FPI : « L'acte de construire n'est plus à la mode chez les maires »

pascal boulanger président FPI France
La population bien logée refuse l’acte de construire pour les générations à venir, c'est terrible, s'inquiète Pascal Boulanger, président de la FPI. © Studioanna

Tags : Immobilier neuf, logement neuf, promoteur immobilier, FPI, Pascal Boulanger


Pascal Boulanger, nouveau président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers, présentait le premier point de conjoncture dans le collectif depuis son élection. Une conjoncture marquée par une vraie défiance envers l’acte de construire de la part des citoyens, qui se répercute sur la délivrance des permis de construire de la part des maires. Explications.



- Comment analysez-vous les chiffres dans la promotion immobilière du premier semestre et qu’est-ce que cela augure pour la suite ? C’est plutôt inquiétant tout de même cette baisse indéfinie des permis de construire et des mises en vente ?

 

« Oui, c’est inquiétant. Nous disons la vérité en présentant des critères chiffrés, plutôt que sur du subjectif. L’acte de construire est malmené en France par une population qui n’en veut plus, par des maires qui ont été élus sur des programmes qui promettaient de faire une pause dans l’acte de construire. En tant que promoteur, nous ne voulons pas hurler ou pleurer mais c’est très inquiétant, d’autant plus que pour remettre en route la machine, cela sera long et compliqué. Il faudra redéposer des permis de construire, les instruire, assurer les périodes de recours…

Le problème est qu’aujourd’hui, nos hommes politiques ne sont pas encore conscients du problème car ça construit toujours. Il y a des grues, mais on construit aujourd’hui ce qui a été autorisé il y a deux, trois ou quatre ans. Les entreprises du BTP ont ce qu’il faut en matière de carnets de commande. Ce que l’on n’autorise pas aujourd’hui, c’est ce que l’on ne construira pas dans un ou deux ans. Nous sommes sur la même ligne avec la Fédération Française du Bâtiment. Aujourd’hui, les entreprises du bâtiment ont des difficultés d’approvisionnement et pour trouver de la main d’œuvre, dans un an ou deux, cela sera de trouver des marchés. 

On tire la sonnette d’alarme dans toutes nos communications sur ce recul des permis de construire. Jusqu’à récemment, un bon ministre du Logement était jugé sur le nombre de logements qui sortaient chaque année, il fallait atteindre les 500 000 logements autorisés. Aujourd’hui, ce n’est plus un objectif, on parle plutôt de ZAN, Zéro Artificialisation Nette, de référentiel qualité… Et puis, tout de même, nos gouvernants passent en mode inquiétude et ils lancent la commission Rebsamen pour lever les freins à la construction. »

 

- Est-ce qu’il va falloir reprendre la main sur le pouvoir des maires en matière de permis de construire ?

 

« Déjà, aucune personnalité politique ne va s’attaquer au pouvoir d’urbanisme des maires. Donner le pouvoir d’urbanisme aux préfets par exemple, c’était une question que l’on se posait à une époque, je ne pense plus que cela soit la solution car l’Etat est à la fois pour et contre bâtir. On sent par exemple que la ministre Wargon est proactive et favorable sur le sujet de construire ; mais en même temps, on nous impose la ZAN, le référentiel qualité et on nous parle de supprimer le dispositif Pinel. L’Etat a une position ambiguë et cela nous inquiète. 

Les maires, c’est le bon étage, le bon niveau pour instruire les permis de construire, on doit plutôt les aider avec des mesures fiscales pour compenser les investissements pour accueillir de nouveaux habitants afin de financer des crèches, des écoles… Il faut aussi les aider de façon « psychologique » en changeant l’image de l’acte de construire auprès des citoyens. Aujourd’hui, c’est la population qui est bien logée qui refuse l’acte de construire pour les générations à venir. C’est là où je suis fâché. Tous ceux qui me disent qu’il faut arrêter de construire parce que les arbres, c’est mieux, vivent tous dans un logement et pas dans un arbre.

programme neuf France
Laissez nous faire la ville intense, la ville du quart d'heure près des transports, des commerces, des emplois..., interpelle Pascal Boulanger.
C’est à l’Etat de donner une politique claire du logement car la population continue à être croissante, il manque du logement en France, on a passé le point d’équilibre et on creuse le retard. Que voulons-nous ? La ZAN, nous y sommes favorables ; mais alors, il faut nous laisser faire la ville intense. On nous parle de la ville du quart d’heure et quand on veut monter d’un ou deux étages, on nous le refuse. »

 

- Le nombre de permis de construire a reculé de 11 % en deux ans dans les zones tendues alors que cela progresse dans les zones B2 et C, soutenu par la construction de maisons, comment inverser la tendance ?

 

« Il faut faire accepter la ville intense là où c’est nécessaire. Pourquoi s’arrêter à un R+3, un R+4 quand on a à proximité les parkings, le métro, les transports, les commerces, les écoles, les hôpitaux et tout ce qu’implique la ville du quart d’heure. Il ne faut pas avoir peur, il faut oser monter. A tort, dans l’inconscient collectif et notamment chez les élus, plus on monte selon eux, plus c’est facteur de délinquance. Ils ont été marqués par des immeubles des années 60/70, de grandes tours, qui sont pour eux synonyme de délinquance.

Pour nous, la ville intense, à l’inverse, ce sont des immeubles de grande qualité, des appartements moins chers. Une installation de chantier pour faire 20 logements ou 100, c’est le même prix. En tant que promoteur, nous sommes des citoyens responsables, nous sommes conscients qu’il faille économiser les terres agricoles, mais comme la population est croissante, où la loge-t-on ? Cette population, elle veut plutôt être dans les villes, à voir si le Covid changera les choses à terme, mais pour l’heure, rien de significatif, nous continuons à bien vendre dans les centres-villes par exemple. Laissez-nous faire la ville intense, la ville du quart d'heure. »

 

- Tous les acteurs du neuf nous parlent de la commission Rebsamen, que peut-elle proposer pour réellement lever les freins à la construction ?

 

« D’abord, nous sommes heureux de la tenue de la commission Rebsamen car cela prouve qu’au niveau de la tête de l’Etat il y a une prise de conscience. La commission nommée par Jean Castex est bien la preuve qu’il y a un problème. Cette prise de conscience est déjà une bonne nouvelle pour nous à la FPI. 

Ensuite, avec la tenue des élections présidentielles en avril prochain, la commission aura-t-elle assez de temps pour mettre en action ses propositions ? On peut avoir un doute ; mais si ses travaux sont reconnus d’intérêt, cela pourrait permettre d’avancer plus vite par la suite. Donc, on apporte nos contributions à cette commission, à voir si on aura le temps législatif d’en bénéficier ; mais cela confirme le signal d’alarme que l’on tire depuis plus d’un an et demi qu’il y a bien des refus de permis de construire. Il y a même des maires qui nous demandent de ne pas déposer pour ne pas que l’on quantifie leur nombre de refus. »

 

- A cela, s’ajoute le référentiel qualité logement, sur lequel se basera le Super Pinel, faut-il en passer par là pour redorer le blason des promoteurs et de l’acte de construire ?

 

immobilier neuf immeuble
Le référentiel qualité logement va devenir la norme, mais attention à la solvabilité des ménages, alerte le président des promoteurs français.
« Nous pensons que le référentiel qualité, c’est nos clients qui nous le donnent chaque année. La promotion immobilière vend entre 120 et 140 000 logements neufs par an sans difficultés à des clients très satisfaits. Nous sommes d’accord pour upgrader la qualité, mais, attention, attention, attention, à ne pas désolvabiliser nos clients. Je ne veux pas que le mieux devienne l’ennemi du bien. Bien sûr que l’on rêve tous de séjours plus grands, de chambres plus grandes, de hauteurs sous plafond plus grandes ; mais cela pose d’autres problèmes. Il faudra rien que les chauffer davantage et cela ne va pas forcément dans le sens de la RE 2020. Hormis cette parenthèse, si l’on rajoute 5 m² par logement à 4 500 €/m², c’est un surcoût de 20 000 € par logement. On profite actuellement de taux bas ; mais jusqu’à quand. N’approche-t-on pas de la limite d’insolvabilité des clients ? Ce référentiel est superfétatoire en ce moment. Même raisonnement que pour la RE 2020, nous n’y sommes pas défavorables, mais tout cela a un coût. »

 

- Autre réalité du moment : les acquéreurs se tournent en nombre vers la maison neuve, en masse vers l’ancien, est-ce que cela vous inquiète ?

 

« Cela ne nous inquiète pas car nous vendons bien. Selon nous, si les acquéreurs se tournent vers ailleurs, ce n’est pas parce qu’ils nous boudent, c’est parce qu’on n’a pas assez d’offre. »

 

- Pour remédier à ce problème d’offre, quel est le son de cloche en cette rentrée auprès des mairies qui s’affichent comme non-bâtisseuses ? Est-ce que, maintenant que les dossiers ont été pris en mains, que la gestion de la crise sanitaire est plus fluide, vous ressentez du mieux ?

 

« Ces maires-là ont peut-être une légère inflexion, mais le problème s’est répandu, comme une tache d’huile chez tous les autres maires de France, qui se disent les maires qui ont été bâtisseur ou développeur comme à Lyon ou Bordeaux ont été battus aux dernières élections. De ce fait-là, cela a créé une certaine retenue, une certaine peur chez la plupart des autres maires qui pensent que construire n’est plus à la mode. Tout le travail de la FPI consiste à faire comprendre aux maires mais surtout à la population que nous allons dans une impasse si nous ne construisons pas. Ces maires battus ont été le fait déclencheur pour une frugalité dans l’acte de bâtir. »

 

- A 8 mois des présidentielles, comment faire pour que le logement soit enfin un sujet majeur dans la campagne ?

 

« D’abord, il faudrait que le ministre du Logement soit un ministre de plein exercice. On sent que notre ministre, qui est ministre déléguée sous le ministère de la Transition écologique, n’a pas forcément les moyens de ses envies. En parallèle, nous commençons aussi à rencontrer les candidats à la présidentielle pour faire savoir l’importance du logement. »

Par Céline Coletto

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