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Julien Hans, CSTB : « l'achat d'un logement neuf est l'achat d'une vie, c'est aussi l'impact environnemental d'une vie »

Julien Hans, Directeur Energie-Environnement CSTB
Julien Hans, Directeur Energie-Environnement du CSTB, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, évoque le bilan carbone d'un logement neuf. © Raphaël Dautigny

Tags : écohabitat, immobilier neuf, construction écologique, RE 2020, impact environnemental


Directeur « Energie-Environnement » du CSTB, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, Julien Hans évoque le futur du logement neuf de demain qui, outre consommera peu, devra aussi être neutre en carbone. Explications.

- A quoi doit ressembler aujourd’hui un logement neuf écologique ? Comment s’assurer que mon immeuble neuf est véritablement bon pour l’environnement ?

« L’écologie, c’est consommer peu et polluer peu. Donc, consommer peu d’énergie et émettre peu de gaz à effet de serre, voilà pour les principes de base de ce que doit être un logement neuf écologique aujourd’hui. On pourrait aussi évoquer la qualité de l’air, les substances dangereuses… qui sont aussi des sujets qui intéressent le grand public. Pour bien construire des bâtiments, il faut donc avoir des éléments pour pouvoir évaluer le choix des bons matériaux. Dans la vie de tous les jours, on utilise des huiles essentielles qu’on nous dit « bon pour la santé » et qui peuvent pourtant parfois contenir des substances dangereuses. Il faut donc avoir des éléments pour objectiver ce que je suis en train de construire.
Pour savoir si je consomme peu ou pas d’énergie ? Facile : 50 k/Watt/heure, 150 k/Watt/heure, 400 k/Watt/heure et tout le monde comprend avec l’étiquette du Diagnostic Performance Energie ce qu’il est en train d’acheter. Le sujet est d’avoir des éléments de ce type là pour parler d’émissions de gaz à effet de serre et demain, d’autres sujets qui ne sont pas encore aujourd’hui dans le quotidien. Par exemple, ce bâtiment a nécessité peu de matières premières, il génère peu de déchets, il perturbe le moins possible la biodiversité… c’est très probablement des sujets et des éléments sur lesquels on aura besoin de savoir davantage dans le futur. 
Et pour cela, il faut tout regarder dans le détail. On ne voit que la partie que l’on utilise d’un bâtiment neuf ; mais, aujourd’hui, tout le monde a compris avec l’huile de palme dans les gâteaux qu’il faut regarder le processus de fabrication complet. »

- Par exemple d’où provient le bois de mon immeuble neuf bas carbone ?

« C’est exactement cela. Ce qui est incroyable, c’est déjà le cas au supermarché où on nous informe sur le cycle de vie de tout ce que l’on achète. Cela devient compréhensible par tous aujourd’hui, alors que cela ne l’était pas il y a encore quelques années. Oui, je produis des déchets radioactifs dans un bâtiment si je suis branché sur l’électricité. C’est simple mais il faut avoir un bilan global de l’analyse de vie d’un bâtiment qui est une sorte de bilan comptable sur l’environnement, de la première à la dernière dépense. »

- Malgré cette prise de conscience, comment parvient-on à vendre cette analyse de vie d’un immeuble aux promoteurs et à terme au client final ?

« Les promoteurs et les gestionnaires de parc ont déjà bien compris, selon mon point de vue, qu’il y avait une valeur associée à ce bilan dans leur politique RSE en particulier. Ils s’intéressent énormément à ce que leur parc de bâtiments réalisés soit performant. Ils sont demandeurs de ça ; mais il leur faut donc des métriques facilement utilisables pour la discussion avec des clients particuliers. Nous sommes sur ce chemin là aujourd’hui de multiplier
bilan carbone logement neuf
Comme pour l'huile de palme dans les gâteaux, les acquéreurs de logement neuf devront s'intéresser au processus complet de sa fabrication. © Stocklib
les affichages environnementaux simples. La prochaine réglementation environnementale, la RE 2020, parlera de « carbone », donc on aura un volet « énergie » que le grand public connaît déjà et un second volet « carbone » qu’il découvrira. »

- Justement, qu’est-ce que va changer cette RE 2020 pour le grand public qui quand il achète un logement neuf achète déjà un logement qui ne consomme pas beaucoup d’énergie primaire ?

« Il faut être honnête là-dessus. La consommation d’énergie est tangible pour l’acheteur car c’est lui qui va payer son énergie en exploitation. Ce n’est pas le cas des émissions de gaz à effet de serre, donc, cette RE 2020 va dans le sens de faire des bâtiments qui respectent l’environnement. Le premier geste pour l’écologie est désormais de réaliser des bâtiments qui émettent le moins possible de gaz à effet de serre. »

- On parle de mutualisation des parkings par exemple, mais en quoi cela concerne l’acquéreur ?

« Cela a un impact sur le bilan carbone final du projet immobilier. Sur les parties qui sont moins visibles pour l’acheteur, il y a le choix des matériaux de structure, le choix des isolants, des revêtements de sol, pour optimiser les émissions de gaz à effet de serre. Ce sont des éléments qui ne seront pas choisis pour l’acquéreur mais que le promoteur choisira pour obtenir un bilan plus vertueux. Il y a une sorte d’inutilité d’usage par rapport à l’occupant, ce qui est d’ailleurs assez nouveau.
En revanche, un des très bons exemples qui sera tangible pour l’acquéreur : la mobilité. Je vous propose un bâtiment bas carbone, donc je vous propose aussi une mobilité bas carbone (et pourquoi pas avec moins de particules fines aussi). D’ouvrir le champ d’une construction bas carbone permet de générer des réponses. Quand on donne un nouveau cadre : isolons les bâtiments en 1970, on a vendu des isolants, quand on a dit qu’il fallait aussi faire attention aux apports solaires, on a eu des développements et des innovations dans les fenêtres puis dans les systèmes énergétiques. Ces innovations sont intervenues car on a demandé de faire mieux sur l’énergie. Là, on va dire de faire mieux sur le carbone et donc des innovations vont se créer sur le territoire, devenant alors une force potentielle pour l’exportation pour créer des champions de la construction bas carbone. Des industriels vont proposer des solutions qui parviendront à toucher les occupants, pourquoi pas sur la mobilité. »

- Où en sont justement les industriels, les promoteurs… sur cette construction bas carbone ? Qui est en avance : de grands groupes ou des initiatives plus locales ?

« Il y a de tout. Tout le monde a compris qu’il fallait avancer sur le bas carbone. On a des start-ups, des promoteurs, des constructeurs, des industriels qui sont déjà en train de se positionner. Le fait de caractériser les émissions de gaz à effet de serre de tous les bâtiments neufs va être une forme d’encouragement à continuer à innover. Quand on est champion à l’international, on l’est souvent d’abord sur son territoire par rapport aux autres. C’est un booster pour ceux qui se sont déjà lancés sur ce créneau de proposer des solutions bas carbone et respectueuses de l’environnement. »

- Que dire à un futur acquéreur de logement neuf qui souhaite acheter en respectant l’environnement, en limitant ses émissions de gaz à effet de serre pour son habitat neuf ?

« Déjà quand on achète son logement, on dit souvent que c’est l’achat d’une vie et c’est donc l’impact environnemental d’une vie. L’analyse de cycle de vie d’un bâtiment ne parle pas encore dans le quotidien du grand public mais, il doit se poser des questions, s’interroger comme pour l’huile de palme dans les gâteaux ou les produits nocifs dans les cosmétiques. Il faut demander des chiffres et surtout se méfier du ressenti. On peut intuitivement se dire ce que c’est respectueux alors que ce n’est pas le cas. 
Il peut y avoir des consommations d’énergie ou de gaz à effet de serre derrière. Le bois est un bon exemple : il a les bonnes propriétés environnementales mais si j’ai un étuvage avec un processus très énergivore et beaucoup de transport, ce n’est pas la même chose que si c’est du bois local, séché sans étuve.
Il a aussi une performance intrinsèque du bâtiment qui offre de bonnes dispositions environnementales au départ, comme votre voiture qui consomme peu facialement, mais il y a ensuite votre comportement au volant ou à l’intérieur de votre logement. Moins je consomme d’eau chaude, moins je chauffe mon logement, mieux je le gère, mieux je le protège en période de canicule ou de grand froid, plus le bilan carbone de mon logement sera faible. »
Par Céline Coletto
A retenir

- Julien Hans, Directeur « Energie-Environnement » du CSTB, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, estime que comme l’huile de palme dans les gâteaux, les acquéreurs de logements neufs doivent s’informer sur tout le processus complet de fabrication d’un immeuble et ne pas se fier seulement au ressenti. Un immeuble en bois peut tout de même avoir un bilan carbone déplorable selon la provenance du matériau. 

- Après le volet « énergie » que le grand public s’est déjà approprié, place donc au volet « carbone » de l’immobilier neuf pour moins polluer en limitant l’émission de gaz à effet de serre. Cela passe par une analyse complète du cycle de vie d’un bâtiment.

- La RE 2020, prochaine réglementation environnementale, devrait permettre de nouvelles avancées technologiques et innovations, permettant de produire de l’immobilier neuf plus écologique. 

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