Interviews Edition du

Anaïs Thourot, Roxim Promotion : « Maire bâtisseur, c'est désormais politiquement incorrect ! »

Présidente de Roxim Promotion, Anaïs Thourot rêve de construire pour durer avec du logement abordable et responsable.

Tags : Immobilier neuf Montpellier, Roxim, tour végétalisée, écohabitat


Présidente de Roxim Promotion, Anaïs Thourot revient sur son ressenti du marché du neuf dans le sud de la France, en marge de la présentation d’un nouveau projet emblématique, Evanesens à Montpellier.



- Comment se déroule l’activité commerciale ces derniers mois pour votre entreprise familiale de promotion immobilière à Montpellier, fondée par Marc Pigeon, ancien président de la FPI ? 

 

« Nous profitons d’un rythme des ventes soutenu car il y a peu d’offre disponible. L’héliotropisme, dont on profite habituellement, a été renforcé par le Covid et les confinements. L’envie de soleil s’affirme toujours plus. Comme nous restons vigilants sur le choix de nos emplacements, cela nous permet de profiter de cette forte demande. 

 

Trouver un logement neuf à Montpellier

 

Reste que malheureusement, comme nos confrères, nous subissons l’effet de pénurie. Avec les changements de municipalité, nous assistons à un phénomène très récent qui fait qu’être un maire bâtisseur est désormais pour certains très politiquement incorrect et ce malgré, le flux démographique toujours croissant dans le sud de la France. La délivrance des permis de construire est en forte baisse et cela crée de la tension. »

 

- Est-ce qu’être un acteur local de la promotion immobilière aide dans ce cas-là ?

 

« Même en tant qu’acteur local de la promotion immobilière, en étant proches des attentes des élus, nous nous retrouvons face à des élus qui ne souhaitent plus construire. 

Heureusement, il existe encore des communes de taille moyenne qui tirent leur épingle du jeu en connaissant finement leur territoire et où le niveau d’acceptabilité des projets immobiliers peut rester très élevé. Certains maires savent à quel rythme ils doivent urbaniser, dans quels secteurs… Ces villes apaisées profitent du phénomène lié au Covid en offrant une qualité de vie forte, avec toutes les commodités : école, collège, fibre… Elles récupèrent le flux démographique de certaines métropoles, elles sont de fait des marchés de report car le besoin de se loger existe toujours. Exemples : Sète, Nîmes, Frontignan… Elles apparaissent vraiment comme des villes de demain. »

 

- Quel est le profil de vos acquéreurs actuellement ? Est-ce que cela a évolué récemment ? 

 

« Notre profil d’acquéreurs n’a pas changé. Nous avons toujours cette clientèle de secundo-accédants qui, en vue de la retraite, cherche une résidence semi-principale. Ils sont à la recherche d’espaces extérieurs privatifs très ensoleillés. Ils sont très attachés à la vie de quartier et à la présence de commodités. Ils ont des budgets intéressants car ils arrivent de grandes métropoles. 

En revanche, c’est plus compliqué pour les primo-accédants qui veulent devenir propriétaires pour la première fois. L’offre n’est pas forcément compatible avec leur budget. Malgré notre démarche « satisfait ou remboursé », ce n’est pas impossible pour eux mais cela reste difficile. Nous sommes pourtant très attachés à proposer du logement abordable, à permettre ce parcours résidentiel qui doit débuter par un premier achat. Nous essayons au quotidien de trouver le rapport qualité/prix le plus juste. Grâce à certaines collectivités qui sont « moteur », où il existe une vraie volonté politique, grâce à un prix de vente de terrain raisonnable, après une lutte du quotidien, nous parvenons à proposer du logement le plus abordable possible. Nous sommes devenus en 2021 une société à mission et cela fait partie de notre raison d’être. » 

 

- Qu’est-ce qui attirent les clients dans vos « bulles de vente » chez Roxim Promotion ?

 

« Pour ce qui est de nos espaces de vente à proprement parler, nous restons très attachés à ce qu’il y en ait un dédié dans chaque résidence, avec des équipes sur place qui connaissent chaque logement sur le bout des doigts. Ce sont des espaces confortables, avec un corner décoré spécialement, représentant l’ambiance déco que pourraient avoir les futurs appartements. En plus des outils digitaux, nous y gardons une maquette physique. C’est plus qu’un showroom. Il s’agit de répondre à cette demande de logement différencient, en proposant des logements pas formatés. Cette démarche permet de rassurer les acheteurs. »

 

- A quoi ressemblera le logement neuf de demain chez Roxim Promotion ? Sur quelles évolutions allez-vous miser dans l’avenir ?

 

La façade de Chrysalide à Montpellier permettra dans l'avenir de rajouter des pièces supplémentaires, selon l'évolution des besoins des propriétaires. © Chrysalide / Montpellier / Roxim Promotion
« Il y a une demande à ce que la résidence soit le plus intégrée possible à la vie de son quartier, en lien avec les commerces, les associations… Ce besoin d’entraide collaborative s’est renforcé dans le cadre du Covid. Cela va vers davantage d’espaces conviviaux, de potagers partagés, une réflexion sur les mobilités, douces notamment… 

Autre attente forte, selon nous, « construire pour durer ». Nous allons vers toujours plus de modularité, d’évolutivité, de réversibilité… avec des logements où l’on peut changer la destination de certaines pièces : transformer une chambre pour agrandir le salon… Dans notre projet livré désormais Chrysalide dans la ZAC des Grisettes à Montpellier, nous avons imaginé pouvoir rajouter des pièces supplémentaires en façade, comme des plugins, dans une opération 100 % abordable. C’était la première à profiter du produit « satisfait ou remboursé ». 

Il faut bien dire que les promoteurs immobiliers n’ont pas attendu le rapport Girometti/Leclercq pour réfléchir à des logements plus grands ou avec des espaces extérieurs. Nous sommes une entreprise locale, familiale, nous commercialisons plus de 70 % de notre production en direct, on met donc en jeu nos capitaux familiaux sur la conception de nos logements. Nous imaginons nos logements comme si c’était pour nous. Il y a possibilité de cloisonner ou non la cuisine. Nous travaillons sur l’entrée de chaque logement. Nous nous interrogeons pour savoir où peut mettre le canapé, la télé… Ce sont des questions que nous avons intégrées depuis longtemps, ce ne sont même pas des contraintes pour nous. On s’y applique au quotidien. Nos opérations ne sont pas que des bilans financiers. Les élus, les propriétaires fonciers, le promoteur et surtout le client final, tout le monde doit y trouver son compte. »

 

- Le programme neuf du moment chez Roxim Promotion, c’est Evanesens, deux tours végétalisées de 9 et 16 étages à Montpellier, pouvez-vous nous en dire davantage sur ce projet emblématique conçu avec l’architecte François Fontès ?

 

Evanesens, futur projet emblématique de Roxim, est un ensemble de tours végétalisées de 9 et 16 étages pour 74 appartements neufs à Montpellier. © Evanesens / Montpellier / Roxim Promotion & François Fontès
« C’est déjà deux ans de travail. Nous souhaitions quelque chose de singulier dès le départ autour de la notion de logement responsable. Nous avons été lauréat au départ pour une tour capée de 50 mètres de haut et, avec l’architecte, François Fontès, nous avons imaginé finalement deux tours végétalisées. La paysagiste de la tour Bosco Verticale à Milan, Laura Gatti, nous accompagne dans ce projet. Il ne s’agit pas seulement de vendre un concept ; mais de proposer une résidence qui s’intègre écologiquement dans son quartier et Laura Gatti a l’expérience pour que cela fonctionne. Il a fallu réfléchir à la problématique du vent, nous avons sélectionné 64 essences différentes pour leur capacité à vivre en jardinière et avec des besoins limités en eau, pour leur développement maîtrisé… Nous allons bientôt passé la commande de ces arbres auprès de pépinières spécialisées pour remplir près de 2 km de jardinières, irriguées en économie circulaire. Nous allons utilisés les eaux grises, issues des lavabos, douches… produites au quotidien. Il y aura une sonde sur chaque jardinière avec un signal d’alerte s’il y a des signes de faiblesse de l’arbre. » 

 

Lire aussi - Evanesens, deux tours végétalisées de logements neufs à Montpellier

 

- Pourquoi avoir choisi des tours végétalisées ? 

 

« C’est pour apporter un confort de vie aux logements, comme un micro-climat à l’échelle du logement. Cela permet de protéger du vent, du soleil en été, cela sert d’accueil à la biodiversité urbaine. Nous aurons 74 appartements très spacieux, bien au-delà des demandes du rapport Leclercq, où nous avons voulu créer de la fluidité entre les balcons et l’intérieur des logements. Les logements seront très largement vitrés mais protégés par cette végétation. Il y aura aussi cette serre entre les deux immeubles, qui servira tant d’espaces communs de convivialité, que de serres privatives pour certains appartements d’exception.

Nous pensons qu’il faut proposer des espaces intermédiaires, entre l’espace public et l’espace privatif. De quoi échanger entre voisins, en étant « ni chez soi, ni sur le trottoir ». Le Covid a certainement créé de nouvelles habitudes entre voisins, sans pour autant avoir envie de les faire entrer chez soi. Le permis de construire est délivré, la commercialisation devrait commencer d’ici la rentrée 2022, pour un début des travaux début 2023 et une livraison courant 2025. L’idée : montrer aussi que les promoteurs savent faire des choses singulières qui font réagir. »

 

Suivre l'actualité de l'immobilier neuf à Montpellier