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Immobilier neuf : une conjoncture « plutôt positive » pour le bâtiment en 2026

Le logement neuf semble en reprise en 2026, porté par les nouvelles mesures publiques comme le Jeanbrun ; malgré un marché encore fragile. © Shutterstock

Tags : Immobilier neuf, logement neuf, FFB, bâtiment, Olivier Salleron


Après plusieurs années de crise, le logement neuf montre enfin des signes de reprise en 2026 ; mais il s’agit d’un redémarrage fragile, selon la FFB. Entre mobilisation publique, reprise des chantiers et tensions internationales, la dynamique reste contrastée mais laisse entrevoir une sortie progressive de crise.



Le secteur du bâtiment amorce un redressement attendu. Entre incertitudes économiques et signaux encourageants, le président de la FFB, Olivier Salleron, évoque une situation « plutôt positive entre les deux tours des municipales ». Une dynamique fragile, mais bien réelle, tirée en grande partie par le logement neuf.
L’adoption de la loi de finances 2026 marque en effet un tournant, selon la Fédération Française du Bâtiment qui a tenu son point de conjoncture de printemps. Le maintien du prêt à taux zéro, PTZ et des budgets dédiés à MaPrimeRénov’ sécurise la demande. Surtout, la mise en place du dispositif Jeanbrun, jugé « tant attendu », vise à relancer l’investissement locatif privé.

 

Logement neuf : un rebond porté par les mesures publiques

 

Le neuf apparaît comme le principal moteur de la reprise. Les mises en chantier progressent fortement, avec une hausse de + 24,5 % sur trois mois à fin janvier 2026, aussi bien dans l’individuel que dans le collectif.
Grâce aux nouvelles mesures, la FFB anticipe 308 000 logements construits en 2026, soit environ 15 000 unités supplémentaires par rapport aux prévisions précédentes. La production de logements neufs progresserait ainsi de + 11,2 %, confirmant une sortie progressive de crise après trois années de recul.
Le dispositif Jeanbrun pourrait débloquer rapidement des opérations, même si des ajustements sont demandés : assouplissement des 30 % de seuil de travaux dans l’ancien et ouverture à la maison individuelle.

 

Marché immobilier neuf : des ventes encore fragiles

 

Malgré cette amélioration, la situation reste contrastée. Les ventes de logements neufs des promoteurs ont encore reculé de 6,9 % en 2025, atteignant un niveau historiquement bas. Depuis 2021, elles ont chuté de plus de moitié.
A l’inverse, le segment de la maison individuelle montre des signes de reprise, avec une hausse d’environ 10 % des ventes début 2026. Les intentions d’achat des ménages s’améliorent également, soutenues par un accès au crédit plus favorable. Cependant, le redémarrage reste dépendant de la confiance et des conditions de financement, d’où l’importance du contexte international.

 

Des signaux encourageants… mais des risques persistants

 

Plusieurs indicateurs confirment donc l’amélioration :
•    Défaillances d’entreprises du BTP en baisse (jusqu’à - 60 % de défaillances dans la promotion immobilière sur trois mois)
•    Carnets de commandes solides (plus de 8 mois d’activité dans les entreprises de plus de 10 salariés)
•    Reprise progressive du crédit immobilier
Mais des fragilités demeurent. L’emploi continue de reculer, avec plus de 22 000 postes perdus en 2025 et encore 10 000 suppressions attendues d’ici fin 2026.
Surtout, le contexte international pourrait peser lourd. Une aggravation des tensions au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran, pourrait entraîner une remontée des taux d’intérêt et freiner le marché du crédit immobilier.

 

2026 : une reprise encore sous conditions

 

Au final, la reprise du logement neuf semble engagée, portée par des mesures budgétaires favorables et un regain d’activité. Mais elle reste conditionnée à la stabilité économique et géopolitique.
Pour la FFB, le message est clair : sans choc externe majeur, le secteur pourrait enfin retrouver une trajectoire de croissance durable. Dans le cas contraire, cette embellie naissante pourrait rapidement être remise en cause.

A retenir : les 3 chiffres essentiels du logement neuf en 2026

+ 24,5 % : hausse des mises en chantier sur trois mois à fin janvier 2026, tirée par l’individuel et le collectif. 308 000 logements : nombre prévu de constructions en 2026, soit 15 000 unités supplémentaires par rapport aux prévisions initiales. 22 000 emplois perdus : baisse des effectifs salariés du bâtiment en 2025, avec 10 000 suppressions supplémentaires possibles d’ici fin 2026. Sources : FFB, Fédération Française du Bâtiment