Construction neuve : nouveau coup de frein en janvier
Après un rebond en décembre, la construction neuve a calé de nouveau en janvier 2026. Autorisations en baisse, mises en chantier toujours dégradées : derrière les chiffres nationaux, certains départements résistent, quand d’autres décrochent brutalement.
Les autorisations de logements continuent de faire le yo-yo dans l’hexagone. Selon les dernières données du Service des données et études statistiques (SDES), publiées par le ministère du Logement, la construction neuve en France démarre 2026 sur une note prudente. En janvier, 30 602 logements ont été autorisés en France entière, soit une baisse de 6 % en données corrigées par rapport à décembre.
Ce recul intervient après un rebond de 8,2 % en décembre, lui-même précédé de deux mois de contraction : - 3,8 % en novembre, - 4,1 % en octobre. La séquence confirme l’irrégularité observée au second semestre 2025 : un niveau supérieur à 2024, mais inférieur au pic du deuxième trimestre 2025.
La baisse de janvier s’explique principalement par le repli du collectif : - 9,8 %, à 18 698 unités, touché à la fois sur le segment des logements ordinaires et, plus fortement encore, sur les résidences services. A l’inverse, l’individuel résiste : + 0,7 %, à 11 904 unités, porté par l’individuel groupé : + 1 % et, plus marginalement, par l’individuel pur : + 0,5 %.
Sur douze mois glissants, de février 2025 à janvier 2026, 381 486 logements ont été autorisés au total, un niveau inférieur de 7,8 % à la moyenne des cinq dernières années.
Permis de construire : le logement neuf dans le Val-de-Marne en tête
L’analyse départementale révèle de forts contrastes en volume. Parmi les plus gros contributeurs en nombre de logements autorisés sur douze mois, le logement neuf dans le Val-de-Marne arrive en tête :
• Val-de-Marne : 14 500 logements autorisés (+ 16,9 %)
• Gironde : 13 300 logements (+ 17,6 %)
• Nord : 12 800 logements (+ 29,9 %)
• Hauts-de-Seine : 12 300 logements (+ 27 %)
• Seine-Saint-Denis : 11 500 logements (+ 65,6 %)
Ces volumes élevés traduisent une vraie dynamique dans certains territoires urbains et périurbains, en particulier en Ile-de-France et dans les grandes métropoles régionales.
A l’inverse, l'immobilier neuf à Paris tombe à 1 600 logements autorisés sur douze mois, en chute de 61,5 %, signal d’un marché intra-muros en net retrait.
Certaines progressions impressionnent, mais sur des volumes faibles :
• Jura : + 79,4 % (1 400 logements)
• Vaucluse : + 68,7 % (3 800 logements)
• Gers : + 67,4 % (800 logements)
• Allier : + 67,3 % (1 000 logements)
• Tarn : + 66,4 % (2 900 logements)
Ces évolutions traduisent un regain d’activité dans des départements plus ruraux ou intermédiaires. Toutefois, ces hausses doivent être analysées avec prudence : elles portent souvent sur des volumes modestes. Une variation de quelques centaines d’unités suffit à générer des taux de croissance spectaculaires, sans pour autant modifier en profondeur l’équilibre national.
Mises en chantier : des volumes clés dans quelques départements moteurs
Côté chantiers, le ralentissement se confirme. En janvier 2026, 27 638 logements auraient été mis en chantier, en baisse de 1,8 % sur un mois, après un fort rebond en décembre : + 16 %.
Le recul est surtout imputable à l’individuel : - 3,7 %, pénalisé par l’individuel pur. Le collectif fléchit très légèrement à 17 592 unités, le repli des résidences étant partiellement compensé par un rebond des logements collectifs ordinaires.
Sur douze mois, la situation demeure préoccupante : 277 230 logements ont été mis en chantier, soit 20 % de moins que la moyenne quinquennale. L’individuel accuse un retard massif : - 27,8 %, tandis que le collectif reste en retrait de 14,6 %.
Là encore, les volumes départementaux éclairent la réalité du marché :
• Hauts-de-Seine : 9 600 logements commencés (+ 51,7 %)
• Nord : 9 300 (- 0,5 %)
• Gironde : 9 200 (+ 15,3 %)
• Seine-Saint-Denis : 8 700 (+ 14,9 %)
• Val-de-Marne : 8 100 (+ 0,3 %)
• Bouches-du-Rhône : 7 900 (+ 0,6 %)
• Hérault : 7 700 (+ 10,5 %)
• Haute-Garonne : 7 700 (- 14,9 %)
• Rhône : 7 400 (+ 16,7 %)
• Ille-et-Vilaine : 7 400 (+ 15 %)
Ces chiffres montrent que la production effective se concentre dans une poignée de grands bassins démographiques. La progression spectaculaire des Hauts-de-Seine contraste, par exemple, avec le net recul sur un an observé pour le logement neuf en Haute-Garonne.
Un marché à deux vitesses en 2026 pour l’habitat neuf ?
En ce début d’année, la construction neuve confirme un scénario de stabilisation fragile : les autorisations fléchissent de nouveau et les chantiers restent à des niveaux historiquement bas sur longue période.
Mais derrière la moyenne nationale, la carte de France se fracture. Les grandes zones urbaines concentrent encore l’essentiel des volumes, tandis que certains départements ruraux affichent des croissances rapides… sur des bases limitées. Pour les professionnels, à l'image de ce mois de janvier, 2026 s’annonce comme une année de recomposition territoriale plus que de véritable reprise.