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Taux d'intérêt : comment emprunter en ce printemps de l'immobilier ?

Même si la baisse des taux ralentit, il y a une réelle motivation des banques à soutenir l'octroi de crédits immobiliers. © DR

Tags : Crédit immobilier, prêt immobilier, Empruntis


Dans un marché immobilier où la dynamique des taux d'intérêt fait figure de baromètre, les banques veulent attirer de nouveau les emprunteurs en ce printemps. Perspectives et stratégies sur le front du crédit immobilier.



Dans la continuité des tendances observées le mois dernier, le secteur du crédit immobilier connaît un ralentissement de la baisse des taux d’intérêt, avec une prudence marquée de la part des institutions financières. Selon les dernières données recueillies par le courtier en crédit, Empruntis, seules 20 % des banques ont ajusté leurs taux de crédit à la baisse en ce début avril, mais ces ajustements s'avèrent significatifs, allant jusqu'à 50 points de base pour certains profils VIP très recherchés.

 

Quelle est l’actuelle stratégie des banques ?

 

Cette évolution du marché financier s'inscrit dans deux stratégies distinctes : d'une part, les banques moins compétitives cherchent à se repositionner en proposant des efforts conséquents pour attirer de nouveaux clients, tandis que d'autre part, celles qui avaient initialement pris la tête de la course en début d'année ajustent également leurs offres pour rester compétitives dans un marché toujours morose.
Malgré ces ajustements, les baisses de taux demeurent relativement modérées, avec une moyenne située autour de 15 points de base. Toutefois, près de trois quarts des barèmes sont encore conservés à ce stade, ce qui limite l'ampleur des réductions observées. Pour les profils les plus attractifs, les baisses sont significatives, démontrant la volonté des banques d'attirer des clients présentant des dossiers solides et attrayants. Ainsi, le taux moyen sur 20 ans s’établit à 3.95 %, et même à 3.55 % pour les meilleurs dossiers de prêt. Les profils premium parviennent à obtenir 3.40 % sur 15 ans. 
Cécile Roquelaure, Directrice des Études chez Empruntis, analyse cette situation avec prudence. Bien que le nombre d'aspirants à la propriété ait augmenté de manière significative au premier trimestre, le rythme de cette progression reste insuffisant pour dynamiser pleinement le marché. Les banques, désireuses de stimuler l'activité, sont conscientes que la baisse des taux seule ne suffira pas à relancer durablement le secteur. En effet, malgré une légère amélioration du pouvoir d'achat pour les acheteurs potentiels en début d'année, l'offre de biens demeure limitée et l'incertitude persistante freine l'engagement des ménages sur le marché.
Un signal encourageant toutefois du côté des banques : elles semblent plus enclines à accorder des crédits en dehors des critères du HCSF. Les données récentes indiquent une augmentation de la part des prêts non conformes aux décisions du HCSF, avec une hausse progressive depuis la fin de l'année 2023. 

 

Qu’est-ce qui pourrait relancer la machine du crédit immobilier ?

 

Deux autres annonces récentes apportent un éclairage positif supplémentaire : la révision du Prêt à Taux Zéro, PTZ, malgré l’exclusion de la maison individuelle, représente un léger coup de pouce pour les futurs acquéreurs, tout comme le projet de loi présenté par le député Lionel Causse visant à réformer les normes du Haut Conseil de Stabilité Financière, HCSF. Dans le détail, cette proposition de loi veut introduire une représentation parlementaire au sein de l'instance et assouplir les critères d'attribution des crédits. Ces initiatives constituent des leviers supplémentaires pour encourager l'accès à la propriété, mais elles ne sauraient à elles seules résoudre les défis structurels du marché immobilier.
Ainsi, si ce printemps de l'immobilier se caractérise par des ajustements modérés des taux de crédit, il y a une volonté des acteurs du secteur de stimuler l'activité. Mais cela ne semble pas suffisant pour relancer et favoriser durablement l'accès à la propriété des ménages.