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Guerre au Moyen-Orient : faut-il craindre une remontée des taux immobiliers ?

Dans un contexte d’incertitudes géopolitiques et de concurrence accrue entre établissements, quel avenir pour les taux de crédit immobilier ? © Shutterstock

Tags : Crédit immobilier, prêt immobilier, taux d'intérêt, Vous Financer, HCSF


Alors que les banques relancent la production de crédits à l’approche du printemps de l’immobilier, le conflit au Moyen-Orient et les signaux du HCSF pourraient-ils enrayer la dynamique baissière observée en mars sur les taux immobiliers ?



La guerre au Moyen-Orient crée des « incertitudes économiques et financières » que le gouvernement doit « suivre de très près », a déclaré, ce mardi 3 mars, le ministre de l’Économie, Roland Lescure.


Conflit au Moyen-Orient : quelles répercussions économiques ?


Pour autant, pas de réaction précipitée à attendre sur les taux. « Ce serait une erreur que de prévoir aujourd'hui dans la précipitation un mouvement éventuel sur les taux d'intérêt », a indiqué François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France pour encore quelques mois.
Il souligne que « l'économie française aborde ces tensions avec certains éléments favorables : une inflation basse, une croissance relativement résiliente et un secteur financier solide avec une exposition limitée sur le Moyen-Orient ».


HCSF : pas de corrélation automatique avec les taux immobiliers


Réuni pour la première fois en 2026, ce mardi, le Haut Conseil de Stabilité Financière, HCSF, a estimé, lui aussi, qu’il n’existe pas de corrélation directe entre une éventuelle hausse des prix de l’énergie et les taux de crédit immobilier. Autrement dit, aucune flambée automatique des barèmes n’est à anticiper.
D’autant que le marché du crédit bancaire reste solide : le crédit immobilier aux particuliers a progressé de 33 % entre 2025 et 2024. La marge de flexibilité de 20 % accordée aux banques dans la délivrance des prêts immobiliers est utilisée à 17,1 %, en légère hausse. La part des primo-accédants continue d’augmenter, signe d’un marché jugé sain.
En revanche, aucun assouplissement n’est prévu pour booster le retour des investisseurs malgré l’entrée en vigueur du statut du bailleur privé, nouveau dispositif Jeanbrun. La marge spécifique fixée à 6 % des dossiers de prêt n’étant utilisée qu’à 3,5 %, selon le HCSF.

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Printemps de l’Immobilier : des taux en baisse en mars 2026

 

Sur le terrain, les banques jouent la carte offensive. Selon le courtier Vousfinancer, la majorité des barèmes reçus en mars sont orientés à la baisse, de 0,10 à 0,40 point. « Les baisses de taux de crédit que nous constatons en mars témoignent de la volonté des banques d’accélérer leur développement commercial », précise la directrice générale, Julie Bachet. Les taux moyens s’établissent en mars à 3,15 % sur 15 ans, 3,35 % sur 20 ans et 3,55 % sur 25 ans, avec des offres proches de 3 % pour les meilleurs profils.
« En baissant significativement leurs taux (...), la volonté des banques est clairement d’élargir leur cible de clientèle », analyse la porte-parole du courtier, Sandrine Allonier.

Le bon moment pour emprunter… mais jusqu’à quand ?

 

La détente actuelle améliore la capacité d’emprunt, mais l’équilibre reste fragile. Une intensification du conflit au Moyen-Orient pourrait tout de même peser sur les taux d’emprunt d’État et raviver l’inflation. « En cas de tensions durables au Moyen-Orient, on pourrait observer quelques hausses des taux de crédit à court ou moyen terme », prévient Sandrine Allonier, invitant les ménages à raisonner d’abord selon leur situation personnelle. A court terme, le fameux « printemps de l’immobilier » tient bon. A moyen terme, tout dépendra de la géopolitique.