Chiffres clés Edition du

Pourquoi le marché immobilier d'entreprise reste-t-il sous pression en 2026 ? 

Le marché d'immobilier d’entreprise au premier semestre 2026 est toujours en tension et fortement polarisé, selon les chiffres d'ImmoStat.

Tags : Investissement immobilier, immobilier d'entreprise, bureau


En ce premier semestre 2026, l’immobilier d’entreprise reste marqué par l’attentisme et des volumes biaisés par quelques opérations exceptionnelles. Derrière un léger rebond trimestriel, le marché confirme une fragmentation croissante entre classes d’actifs et zones géographiques.



Le marché de l’immobilier d’entreprise en France aborde 2026 dans un climat de forte incertitude, marqué par la volatilité des taux, les tensions géopolitiques et une prudence persistante des investisseurs. Les données publiées par ImmoStat confirment un premier semestre contrasté, où les rebonds techniques masquent une tendance de fond toujours fragile.
 
 

Bureaux en Ile-de-France : rebond trimestriel, mais cycle toujours baissier

Sur le segment des bureaux franciliens, la demande placée atteint 750 000 m² au premier semestre 2026, en recul de 5 % sur un an. Le deuxième trimestre apporte un léger mieux avec 389 300 m², en hausse de 8 % sur un an, sans infléchir la trajectoire globale.
La structure du marché continue de se dégrader sur le segment des grandes transactions, tandis que les petites et moyennes surfaces amortissent le choc. Cette dynamique confirme une recomposition progressive de la demande, davantage tournée vers l’optimisation des coûts et la flexibilité des espaces.
Dans le même temps, l’offre immédiate progresse à 6,571 millions de m² : + 10 % sur un an, accentuant la pression concurrentielle entre actifs. Les valeurs locatives reflètent cette tension : 461 €/m²/an pour le neuf ou restructuré (+3 %) contre 429 €/m²/an pour la seconde main (-2 %).
 

Investissement : des volumes faussés par une opération exceptionnelle

 
Le marché français de l’investissement immobilier affiche 6,6 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 9 % sur un an. Mais cette progression est largement artificielle, tirée par une transaction hors norme de 2,3 milliards d’euros.
Retraité de cet effet d’aubaine, le marché reste nettement orienté à la baisse, dans un environnement pénalisé par le coût du financement et l’instabilité macroéconomique. Sébastien Masson de Colliers France résume ce basculement :« Le marché recule hors opération exceptionnelle. Les décisions sont gelées par l’incertitude et les taux élevés. (…) Les écarts entre classes d’actifs se creusent. Le bureau francilien recule encore et l’offre dépasse 6,5 millions de m². La valeur dépend désormais de l’usage réel des actifs. »
 

Logistique en forte correction, commerce plus résilient

 
La divergence entre classes d’actifs s’accentue nettement. La logistique chute à 433 M€ investis au semestre, soit - 71 % sur un an, confirmant une phase de correction brutale après plusieurs années de surperformance. A l’inverse, le commerce résiste à 1,69 milliard d’euros, soutenu par des actifs de taille intermédiaire et des arbitrages opportunistes.
 

Un marché des bureaux de plus en plus polarisé

 
Pour Olivier Taupin de Cushman & Wakefield France, le deuxième trimestre 2026 constitue un signal d’amélioration encore insuffisant pour parler de reprise : « Le rebond du deuxième trimestre est réel mais le marché reste sous pression. La sélectivité des entreprises s’accroît. »
Cette sélectivité se traduit par une polarisation nette : les actifs prime conservent leur attractivité et leurs niveaux de loyers, tandis que les actifs secondaires subissent une pression croissante sur les valeurs et les taux d’occupation.
 

Vers un marché plus fragmenté que cyclique

 
Le premier semestre 2026 confirme ainsi moins une phase de cycle qu’une recomposition structurelle. Entre recul des volumes, polarisation des actifs et dépendance accrue aux opérations exceptionnelles, l’immobilier d’entreprise français évolue vers un marché à plusieurs vitesses, où la localisation et la qualité d’usage deviennent les principaux déterminants de valeur.