Actualités Edition du

Alpes 2030 : le Fort des Trois-Têtes de Briançon, futur village olympique et quartier d'héritage

Le fort des Trois-Têtes à Briançon, site Vauban du XVIIIe siècle, bientôt transformé en village olympique puis en quartier d’héritage. © Linkcity / AAPP Architecte

Tags : Immobilier neuf Briançon, JO Alpes 2030, JO 2030, village des athlètes, Edifim, Linkcity


A Briançon, un vestige militaire emblématique des Alpes, le fort des Trois-Têtes s’apprête à changer de destin avec les JO 2030. De village olympique à quartier mixte, ce site Vauban devient un laboratoire de la réhabilitation patrimoniale en montagne.



Longtemps en sommeil depuis le départ de l’armée dans les années 2000, le fort des Trois-Têtes à Briançon, dans les Hautes-Alpes, s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de son histoire. Inscrit dans le dispositif des Jeux d’hiver Alpes 2030, cet édifice majeur des fortifications de Vauban, construit au début du XVIIIe siècle, doit être transformé en Village des athlètes avant d’évoluer vers un quartier mixte pérenne.

 

Un site Vauban réinventé au cœur du projet Alpes 2030

 

La consultation lancée en mai 2025 par la Solideo Alpes 2030 a retenu un groupement conduit par Linkcity, associé au promoteur alpin Edifim et à l’entreprise de construction iséroise ELEGIA. Leur mission : concilier restauration patrimoniale, usage olympique et reconversion durable.
Au-delà de sa fonction temporaire pendant les Jeux, le site est pensé comme un levier de transformation territoriale. Après 2030, le fort accueillera une programmation hybride avec environ une centaine de logements, des équipements publics et une offre hôtelière, dans une logique de quartier ouvert.

 

Village olympique et transformation urbaine à Briançon

 

Le promoteur Edifim sera l'un des piliers de la phase Héritage du futur village des athlètes avec bientôt 42 logements en commercialisation. © Linkcity / AAPP Architecte
Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique plus large de reconquête du foncier existant en montagne, où la rareté des terrains constructibles renforce l’intérêt des opérations de réhabilitation plutôt que d’artificialisation.
Pour le promoteur Edifim, cette opération confirme sa montée en puissance sur les projets patrimoniaux complexes à travers son Pôle Patrimoine & Réhabilitation créé en 2024. « Etre retenus sur un site aussi emblématique que le Fort des Trois-Têtes est une fierté. C’est la reconnaissance d’un savoir-faire que nous développons depuis plusieurs années : intervenir sur des projets exigeants, innovants, complexes, et le faire avec une approche locale, au service du territoire », déclare Bruno Pascal-Suisse, directeur de l’agence Edifim de Grenoble.

 

Un montage immobilier complexe entre patrimoine et usages

 

La programmation portée par le groupement comprend notamment la réhabilitation et la commercialisation de 42 logements en accession sous dispositif Monument Historique, ainsi qu’un complexe hôtelier d’environ 2 500 m². Cette combinaison vise à redonner au site une fonction habitée et économique sans en altérer l’identité architecturale.
« Notre rôle est d’accompagner la restauration d’un patrimoine bâti, de lui redonner un usage, sans le dénaturer. Une réhabilitation réussie, c’est un nouvel usage dans un écrin », souligne Emmanuel Mansuy, directeur de l’offre patrimoniale d’Edifim. L’intervention sur un site de montagne classé impose en effet des contraintes fortes : accessibilité limitée, topographie complexe, exigences des services de l’État et coûts de réhabilitation élevés. Ces paramètres imposent une approche progressive et coordonnée entre acteurs publics et privés.
Pour Edifim, Briançon s’impose maintenant comme un axe stratégique de développement dans les Alpes du Sud, avec une logique de diversification touristique quatre saisons.

 

Les Jeux d’hiver comme accélérateur d’héritage urbain

 

Si les Jeux d’hiver constituent un catalyseur opérationnel et financier, la logique du projet dépasse largement 2030. La phase héritage est au cœur de la stratégie, avec une commercialisation envisagée à horizon 2029, sous réserve des autorisations administratives et patrimoniales. « Les Jeux sont un tremplin, mais la ligne d’arrivée n’est pas 2030. La véritable promesse est celle du territoire à long terme », résume Emmanuel Mansuy.

 

Restaurer sans figer : une nouvelle vie pour le fort

 

C’est pourquoi l’ambition architecturale repose sur une restauration respectueuse : restitution des toitures, réouverture de certaines ouvertures, valorisation des volumes historiques et conservation des espaces remarquables. Certains éléments seront même ouverts au public afin de réintroduire le site dans la vie locale. « Investir dans un tel lieu, ce n’est pas seulement acquérir un bien ; c’est s’inscrire dans une histoire, participer à la transmission d’un patrimoine et contribuer à l’héritage d’un territoire », conclut Emmanuel Mansuy.