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RE2020 : deux textes actent un assouplissement attendu

Balcons et volumes généreux : la RE2020 évolue pour mieux intégrer qualité d’usage et exigences environnementales.

Tags : Construction, RE 2020, surélévation


Entre qualité architecturale et impératifs environnementaux, la RE2020 s’ajuste. Décret et arrêté viennent d’acter des modulations attendues par la filière, notamment sur les hauteurs sous plafond, les espaces extérieurs et les surélévations.



La réglementation environnementale RE2020 évolue. Publiés au Journal officiel du 20 mars 2026, le décret n°2026-200 et l’arrêté du 18 mars 2026 traduisent une partie des préconisations du rapport de Robin Rivaton. Objectif : « donner de l’air » aux acteurs tout en évitant de « ne jamais arbitrer entre carbone et qualité ». L’entrée en vigueur est prévue progressivement, avec des effets dès juillet 2026 et 2027. Parcourir davantage - La RE2020, c'est quoi ?
 
 

Des modulations pour concilier carbone et qualité d’usage

 
 
Le décret introduit plusieurs ajustements majeurs de la RE2020 pour le logement neuf. D’abord, il valorise la qualité d’habitabilité, notamment via les espaces extérieurs. Les balcons, loggias et terrasses bénéficient désormais d’un relèvement du seuil carbone dès lors que leur surface dépasse 10 % de celle du bâtiment, avec un plafond à 25 %.
Autre levier : la hauteur sous plafond. Les logements proposant une hauteur supérieure à 2,50 m profiteront désormais de coefficients de modulation réduisant les exigences énergétiques et carbone. Comme le souligne Julien Serri du Pôle Habitat FFB : « Plus la moyenne des hauteurs sous plafond […] est élevée plus la contrainte […] est relâchée ». Ces ajustements ont pour objectif de limiter les effets inflationnistes pointés par la filière, sans rogner sur la qualité d’usage des logements.
 
 

Surélévations : un cadre enfin clarifié

 
 
L’arrêté se concentre, lui, sur les surélévations, désormais clairement intégrées au dispositif. Les projets inférieurs à 150 m² ou représentant moins de 30 % de la surface existante voient leurs exigences allégées (Bbio, carbone, confort d’été). Cette simplification a pour but d’encourager la densification sans artificialisation des sols, en facilitant les opérations en milieu urbain comme rural.
 
 

Des ajustements techniques… et des limites

 
 
Le texte prévoit aussi des modulations pour les immeubles de grande hauteur, IGH et encourage le raccordement aux réseaux de froid urbain.
Mais certaines limites subsistent. Sur LinkedIn, Julien Serri s’interroge : « Est-ce que ces mesures produiront l'effet recherché ? Disons que les chiffres et les exemples parlent d'eux-mêmes. Décryptage complet à venir », prévient le Délégué National aux Affaires Techniques du Pôle Habitat FFB.
De son côté, le bureau d’études Tribu Energie alerte : « un sujet critique reste en suspens : le recalage des seuils d’ICconstructionmax pour 2028 et 2031 », les deux prochains seuils de la RE2020. La publication de ces deux textes marque, quoi qu’il en soit, une étape importante mais non définitive. D’autres ajustements sont attendus d’ici fin juin, notamment sur le confort d’été. La RE2020 poursuit ainsi sa mue, entre ambition environnementale et réalités économiques du secteur.