Bilan de la construction neuve : 2025, l'année du rebond… sans vraie reprise !
Après deux années noires, la construction neuve esquisse un timide redressement en 2025. Les chiffres officiels révèlent un rebond de fin d’année, mais encore insuffisant pour rattraper le décrochage historique du secteur.
L’année 2025 se termine sur un léger mieux pour la construction neuve en France, selon les chiffres officiels du ministère du Logement. En décembre, les autorisations de logements repartent à la hausse avec + 6,9 % sur un mois, atteignant 32 381 unités. Ce sursaut intervient après deux mois de repli consécutifs et contraste avec un second semestre globalement moins dynamique que le premier, pourtant marqué par plusieurs pics au-delà de 34 000 autorisations mensuelles.
Moins de 380 000 logements neufs autorisés en 2025
Sur l’ensemble de l’année, 379 222 logements ont été autorisés. Cela représente une hausse notable des permis de construire de 15 % par rapport à 2024, mais un niveau encore inférieur de 8,8 % à la moyenne des cinq dernières années. Autrement dit, la reprise reste incomplète.
Mises en chantier : un rebond ponctuel, un retard structurel
Côté chantiers, décembre 2025 affiche également un net rebond. Les mises en chantier progressent de 14,8 % en un mois pour atteindre 28 527 logements. Une embellie bienvenue après un mois de novembre hésitant. Toutefois, le bilan annuel est sans appel : avec 274 611 logements commencés en 2025, l’activité demeure inférieure de 21,3 % à la moyenne quinquennale.
La comparaison historique souligne l’ampleur du décrochage. Le record de mises en chantier reste 2006 avec 494 000 logements commencés. Plus récemment, 437 800 logements avaient été lancés en 2017, contre 368 900 en 2020, année pourtant marquée par le Covid. En 2023, le chiffre était tombé à 287 800, puis 291 000 en 2024. La trajectoire 2025 confirme donc une crise durable.
Logement individuel : la maison neuve toujours en difficulté
En décembre, les autorisations de logements individuels reculent légèrement : - 2,1 %, à 11 624 unités. Ce repli de la construction de maisons neuves concerne aussi bien l’individuel pur que groupé. Sur douze mois, le volume reste inférieur de 20,5 % à la moyenne des cinq dernières années.
Les mises en chantier d’individuels progressent néanmoins fortement en décembre : + 13 %, confirmant le booster fourni par le PTZ élargi depuis avril, mais le cumul annuel accuse, malgré tout un retard marqué : - 29,1 % par rapport à la moyenne quinquennale.
Logement collectif : les appartements neufs, moteur tout relatif de la reprise
A l’inverse, le logement collectif tire la dynamique de fin d’année. En décembre 2025, les autorisations bondissent de 12,8 % pour atteindre 20 757 logements. Sur un an, le niveau reste proche de la moyenne historique : - 0,9 %, grâce à la bonne tenue des résidences services, qui compensent la faiblesse du collectif ordinaire.
Les mises en chantier collectives progressent elles aussi fortement en décembre : + 15,9 %, portées par un net rebond des résidences gérées. Mais là encore, le cumul annuel reste inférieur de 15,8 % à la moyenne des cinq dernières années.
Quels sont les départements les plus actifs en 2025 ?
Val-de-Marne, Gironde, Nord, Seine-Saint-Denis, voilà les départements moteurs ces derniers mois. L’immobilier neuf dans le Val-de-Marne s’impose comme le département le plus actif en 2025, avec 13 900 permis de construire délivrés et surtout 9 500 mises en chantier, en hausse spectaculaire de 35 % sur un an. La Gironde arrive en deuxième position avec 13 700 logements autorisés et 9 300 mises en chantier : + 19 %. Le Nord complète le podium des permis de construire avec 12 600 autorisations, tandis que la Seine-Saint-Denis se classe troisième en mises en chantier avec 9 000 logements lancés : + 17 %.
Un bilan 2025 encore loin des standards passés
Malgré un redressement par rapport à 2024 : année marquée par seulement 330 400 permis délivrés et 291 000 mises en chantier, la construction neuve reste très en deçà des niveaux observés avant la crise. La reprise amorcée en 2025 apparaît réelle, mais fragile, et insuffisante pour combler le retard accumulé. Il faudra attendre les effets du Plan Relance Logement annoncé en ce début 2026 qui vise les 400 000 logements neufs construits chaque année d’ici 2030.