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Pourquoi l’urbanisme transitoire est à la mode ?

urbanisme transitoire
L'urbanisme transitoire, ce n'est pas seulement des lieux pour faire la fête, loin de là... © SNCF Immobilier

Tags : Immobilier neuf, urbanisme transitoire, IAU IDF


Sur des délaissés, friches et autres terrains vagues, de l’urbanisme transitoire se « construit » avant de laisser place à d’autres projets immobiliers urbains. C’est à la mode ; mais pourquoi ? Tentatives d’explications grâce à plus d’une soixantaine de projets franciliens.

Jean-Louis Missika, monsieur urbanisme à la mairie de Paris ou encore Benoît Quignon de SNCF Immobilier n’ont que ces mots-là à la bouche : urbanisme transitoire… mais au fait qu’est-ce que c’est ? Et pourquoi c’est devenu tendance ? Explications grâce à une étude de l’IAU, l’Institut d’Aménagement et de l’Urbanisme d’Ile-de-France, intitulée : « Urbanisme transitoire : entre optimisation foncière et fabrique urbaine partagée ».

L’urbanisme transitoire, définition !


Pour l’IAU, « l'urbanisme transitoire englobe toute initiative qui vise, sur des terrains ou bâtiments inoccupés, à réactiver la vie locale de façon provisoire, lorsque l'usage du site n'est pas déterminé ou que le projet urbain ou immobilier tarde à se réaliser ». Les motivations sont alors plutôt diverses, selon l’étude : optimisation économique du foncier, revitalisation de secteurs urbains dégradés, volonté de construire la ville autrement...
Pour en savoir davantage sur l’urbanisme transitoire, l'IAU a analysé 77 projets franciliens, hors espaces publics, depuis 2012, dont 37 étaient en cours en novembre 2017 et mené des entretiens avec leurs acteurs : occupants, aménageurs, collectivités. Deux fois par an, la région Ile-de-France lance un AMI, Appel à Manifestation d’Intérêt pour cofinancer ces projets, 24 actuellement.
Première caractéristique : les projets d’urbanisme transitoire se situent avant tout dans des territoires anciennement industriels : 39 % dans Paris intra-muros, 36 % en Seine-Saint-Denis, quasi pas dans la grande couronne. En Ile-de-France, l’urbanisme transitoire se déploie avant tout dans des secteurs denses, « là où se trouvent les occupants dont les besoins d’espaces ne sont pas satisfaits », précise
urbanisme temporaire
A Serris, en Seine-et-Marne, le hameau de l'espoir a permis d'accueillir 150 personnes mal-logées dans 25 bungalows. © Adoma
l’étude.
L’IAU compte autant de sites bâtis sans espaces extérieurs (40 %) que de terrains nus (44.5 %). Une majorité des sites recensés (42 %) sont des espaces généreux de 1000 à 5000 m² à usages potentiellement multiples.

Les objectifs de l’urbanisme transitoire


L'urbanisme transitoire reste largement d'initiative publique pour près de 8 sites sur 10, mais les acteurs privés font progressivement leur entrée avec une motivation essentielle pour les propriétaires : éviter des coûts de gardiennage et les occupations et dégradations non contrôlées de site.
Autres objectifs : préfigurer ce que sera le futur site, ou apporter des solutions d'hébergement pour les plus précaires et pourquoi à terme étudiants, personnes à forte mobilité professionnelle, femmes isolées... Exemple avec le « Hameau de l'Espoir » à Serris, en Seine-et-Marne.
Les occupants sont très variés : les animateurs de site sont architectes, artistes, habitants, designers, dj, graphistes, paysagistes, photographes, urbanistes, vidéastes... Les structures sont des associations, coopératives, agences d'architecture, sociétés commerciales, ateliers, bureaux, collectifs...
Un quart des projets sont liés à l'art, la musique, la culture, les loisirs. Exemples : Shakirail, 6B, la Gare des Mines. 14 % sont des espaces de bureaux ou productifs. Exemples : Spinoza, Python. 14 % sont véritablement mixtes comme à l'Archipel, les Grands Voisins, la Halle Papin. 12 % sont des lieux d'animation et de préfiguration de projets, comme le Mobilab, la Pépinière des Groues.
10 % sont des projets d'espace verts, comme l'Espace Imaginaire, Chez Albert. 9 % sont liés au sport, avec « Paris terrain de jeux », qui créent des lieux sportifs dans des espaces inoccupés. 9 % sont des initiatives pour l'agriculture urbaine et du maraichage, quand finalement, seuls 4 % des projets sont avant tout dédiés aux festivités avec bars et restauration comme le projet Vitry Fada et Freegan Pony.
Quoi qu’il en soit, les projets d’urbanisme transitoire se développent à la croisée d’enjeux multiples, ce qui fait leur richesse en quelque sorte. Des enjeux démocratiques comme le droit au logement, à la ville, à une alimentation saine et accessible, la nécessité de créer des espaces de rencontres, de frictions, de partage dans les territoires ; des enjeux d’aménagement, de fabrique territoriale : pour un urbanisme contributif, afin de préfigurer les projets urbains, de tester de nouveaux usages, des combinaisons différentes d’activités, de publics, d’expérimenter des nouveaux modes de faire la ville ; mais aussi des enjeux économiques, sociaux, culturels…
Pour l’IAU, en conclusion, ces lieux nouveaux, pas vraiment anticipés ni planifiés, sont sources d'innovation urbaine, économique et sociale. Ils expérimentent de nouvelles façons de créer la ville, les espaces, les services urbains. L'urbanisme transitoire ouvre sur des projets évolutifs et inventifs, se composant dans le temps. Il demande à la collectivité ou au propriétaire un minimum de « lâcher prise » afin que les occupants aient l'autonomie nécessaire pour inventer de nouveaux usages, imaginer des mixités fécondes et sortir de la ville standard.

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