Vincent Davy, FPI Alpes : « Nous faisons encore une moins bonne année que 2024 »
Le marché immobilier neuf des Alpes traverse une crise toujours plus profonde. Entre baisse des réservations, prix en hausse et manque de permis de construire, la FPI Alpes alerte : logements insuffisants, investisseurs absents et normes complexes freinent le marché. Son président, Vincent Davy, décrypte les enjeux et détaille les solutions pour redynamiser l’immobilier neuf dans la région.
Le marché immobilier neuf des Alpes traverse une crise toujours plus profonde. Entre baisse des réservations, prix en hausse et manque de permis de construire, la FPI Alpes alerte : logements insuffisants, investisseurs absents et normes complexes freinent le marché. Son président, Vincent Davy, décrypte les enjeux et détaille les solutions pour redynamiser l’immobilier neuf dans la région.
Trouvez un logement neuf en 3 clics !
Où cherchez-vous ?
- Pour habiter
- Pour investir
- Terrains
- De Grenoble à Annecy, en passant par Chambéry et Aix-les-Bains, comment se porte actuellement le marché immobilier neuf dans les Alpes ?
Vincent Davy : « On se rend compte qu'on arrive à faire encore une moins bonne année que 2024. Catastrophique, c'est le mot. Mais c'était prévu. L'année 2025 n'est pas supérieure à 2024, qui était déjà une année de crise. Elle est même inférieure sur quasiment tous les marchés, sauf Annecy, qui résiste un peu : la part d'investisseurs a baissé, mais celle des utilisateurs a augmenté. Cela tient à plusieurs facteurs : nos promoteurs ne trouvent plus forcément d'acquéreurs sur certaines typologies imposées, et surtout, il y a un manque de permis de construire délivrés. C'est un vrai sujet.
Pour preuve, avec le BRS, Bail Réel Solidaire, qui est un dispositif intéressant de logements à prix abordable : quand on arrive à lancer des opérations BRS, elles se vendent assez bien. Le problème pour les promoteurs avec ce mécanisme, c'est que le prix de vente ne correspond pas aux coûts de revient, qui restent trop élevés. A mon sens, il faut arrêter de vouloir tout réglementer à l'avance. C'est le pire à faire. »
« Les chiffres sont ultra bas. Le nombre de réservations est en baisse sur tous les marchés. »
- Pouvez-vous donner des exemples précis ?
« Sur le Grand Annecy, on vend à peine 430 logements, moins de 300 logements neufs à Grenoble et sa métropole. C'est complètement hallucinant. Le nombre de logements produits n'est pas suffisant pour loger la population, alors que les habitants continuent d'arriver sur le territoire.
En Haute-Savoie, par exemple, 10 000 nouveaux habitants s'installent chaque année, mais on ne construit pas assez de logements pour les loger. Cela crée des départs forcés, des flux de véhicules trop importants... Il faut vraiment inverser la tendance et reconstruire du logement. »
« Le statut de bailleur privé pourrait relancer le marché »
- Y a-t-il tout de même des nouvelles positives ?
« Mardi dernier, une nouvelle a été annoncée : l'amendement Jeanbrun réintroduit le statut de bailleur privé et le réforme dans un sens positif. Cela pourrait aider à retrouver les investisseurs, disparus depuis 2-3 ans et surtout l'an dernier avec la fin du Pinel, et relancer le marché locatif, qui est complètement à l'arrêt.
Ce que demandent les jeunes, ce sont des logements à louer, pas à acheter. Pour cela, il faut des investisseurs et un cadre réglementaire attractif. Si le projet de loi de finances passe, ce dispositif pourrait réellement contribuer à retrouver une clientèle d'investisseurs. »
« Le logement, un grand oublié des campagnes municipales »
- Mais le manque de permis de construire reste un problème...
« Nous sommes à quelques semaines des élections municipales, et comme toujours, le logement est un grand oublié. Les élus comprennent les enjeux, mais aucun ne le met en avant dans sa campagne.
- Est-ce que des territoires rhônalpins s'en sortent mieux ?
« Annemasse Agglomération peut-être car les élus ont pris la problématique du logement en main et la ville a lancé des ZAC réfléchies, avec des projets de mobilité intégrés. Malgré tout, les chiffres restent bas : on y vend aujourd'hui environ 200 logements, contre 500-600 il y a quelques années.
Mais l'offre est là, et avec le statut de bailleur privé, on pourrait déclencher de nombreuses réservations. La demande est aussi présente, surtout en Haute-Savoie, portée par ces 10 000 nouveaux habitants chaque année. » Acquérir un appartement neuf à Annemasse
« Il faut produire du logement, c'est indispensable »
- Et pourtant, malgré la baisse des ventes, les prix continuent d'augmenter. Qu'en est-il par exemple dans le Grand Annecy où cela explose à plus de 6 600 €/m², plus cher qu'à Lyon ?
« Le problème, c'est la somme de beaucoup de facteurs : le prix du foncier et le coût des travaux. Les normes successives, et le fait d'anticiper les réglementations nationales dans certaines collectivités, en plus des chartes telles Bien Construire à Annecy, qui augmentent le coût de construction et donc celui du logement. Si l'on desserre la réglementation locale et augmente la densité, on pourrait faire baisser le prix des logements. Mais pour l'instant, ça n'est pas le cas.
Malgré tout, il faut rester positif. Il y a des initiatives intéressantes, des dispositifs comme le BRS et le statut de bailleur privé qui peuvent relancer le marché. Mais le plus urgent reste de produire davantage de logements pour répondre à la demande réelle. »


















