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Christophe Hervy, Lamotte : « Le gouvernement doit baisser la TVA pour les accédants à la propriété »

Christophe Hervy, Lamotte
Christophe Hervy, directeur général du groupe Lamotte, évoque les tensions sur les coûts des travaux, renforcées par la guerre en Ukraine.

Directeur général du groupe Lamotte, Christophe Hervy demande une mesure forte pour soutenir l’accession à la propriété des jeunes ménages et leur permettre d’entrer dans le parcours résidentiel.



- Comment ressentez-vous le marché du neuf depuis le début de l’année ? 

 

« Depuis quelques semaines, nous avons affaire à un phénomène extra-français avec la guerre en Ukraine, ce qui influe sur notre activité. Nous avons de la peine à trouver des matières premières : acier par exemple, pour que les chantiers se déroulent sans peine. Après avoir subi la crise du Covid, nous subissons maintenant la crise ukrainienne qui entraîne de fait une augmentation des prix : de l’énergie comme des matières premières, tel que l'acier par exemple avec des répercussions sur les coûts de travaux et sur l’approvisionnement des chantiers. 

Malgré cela, nous restons sur une production et une demande assez forte de nos acquéreurs. Une activité soutenue par le manque global de nouveaux produits sur le marché. Travaillant également en dehors de l’Ile-de-France, nous profitons par exemple d’une forte demande sur le littoral atlantique pour de l'immobilier neuf à Vannes, La Rochelle ou sur nos côtes bretonnes comme Saint-Malo… Ces villes profitent d’une belle qualité de vie. Les prix élevés y restent élevés mieux acceptés que dans les grandes métropoles : Rennes, Lyon, Bordeaux, Nantes, Annecy… sur lesquelles un marché de la résidence principale est dominant. »

 

- Ce sont davantage des investisseurs qui se tournent vers ces villes moyennes du littoral ?

 

« Pas forcément. Ce sont des villes littorales moyennes pour lesquelles il y a de l’appétence car avec moins de problèmes d'engorgement des transports, avec une qualité de vie qui attire par exemple des seniors, des franciliens… Nous produisons autant pour les investisseurs que pour des accédants à la propriété : tant dans le secteur libre que dans le logement abordable souhaité par les collectivités. La tendance du tout-investisseur est largement terminée, principe auquel nous n’avions d’ailleurs jamais adhéré. Environ 70 % de notre production est vendue en direct, par nos équipes dans nos espaces de vente et à tous les profils d'acquéreurs. »

 

- En parallèle, comment faire face à la hausse des coûts de construction ? Pourrait-on imaginer des opérations stoppées ? Ou des prix renégociés à la hausse auprès des réservataires ?

 

« C’est une réflexion nationale qui est engagée. Nous avons la particularité chez Lamotte de ne pas lancer commercialement un programme neuf tant que nous n’avons pas l’intégralité des prix d’entreprise. Il se passe un temps assez long entre l’obtention du permis de construire et le lancement commercial, ce temps où l’on fait les appels d’offre auprès des entreprises. Une pratique interne déjà depuis plusieurs années maintenant car nous avions ressenti une augmentation des coûts travaux et qu’il ne fallait pas tromper nos acquéreurs. Tant que nous n’avons pas le prix global des travaux, nous ne lançons pas la commercialisation et ni la présentation d’une grille de prix. Il s’agit d’être transparent avec nos clients en leur proposant des prix garantis et un lancement des travaux prévu au calendrier. Malgré tout nous ne sommes pas à l’abri de mauvaises surprises comme celles du coût des matériaux liés à la pénurie comme évoqué en amont. »

 

- Sur quoi misez-vous pour développer le groupe Lamotte dans le logement neuf ces prochains mois, ces prochaines années ? Quels objectifs dans les mois à venir ? Des zones géographiques privilégiées ? D’autres croissances externes comme la Sacib ?

 

« Aujourd’hui, confortés par la tendance générale, nous occupons quasiment tout l’arc atlantique, nos territoires historiques bretons et nous pourrions même aller davantage vers la Normandie. Il y a une demande bien présente sur ces marchés que

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Le groupe Lamotte mise sur la construction bois pour répondre aux enjeux de la nouvelles réglementation environnementale, RE 2020. © Horizon Bois / Rennes / Lamotte & Architecture Plurielle
nous connaissons déjà. L’idée est de conforter les agences où nous sommes déjà comme en Ile-de-France et notre récente implantation en Auvergne Rhône-Alpes. Nous allons continuer de développer nos produits. Pour ce qui est de la croissance externe, cela fait aussi partie des opportunités de développement que nous étudions. »

 

- Comment penser le logement neuf de demain face à l’envolée des coûts ?

 

« Le groupe Lamotte mise sur la construction bois pour répondre aux enjeux de la nouvelles réglementation environnementale, RE 2020. Nous travaillons bien sûr à des alternatives au tout-béton. De nombreuses opérations en construction bois sont déjà en œuvre comme Horizon Bois, un programme neuf de logements et de bureaux près de la gare de Rennes. Nous éco-construisons aussi notre propre siège à Rennes : Bois Lilas. Nous avons aussi un programme immobilier en bois à Nanterre Les Groues et une tour en bois près de la gare d’Annemasse. Sur EuroNantes gare nous avons également remporté un projet avec un hôtel et des logements en bois. Nous réfléchissons à d’autres modes constructifs comme la terre crue sur Bordeaux. »

 

- Comment travaillez-vous pour produire plus durable et anticiper les différents paliers de la RE 2020 ?

 

« Nous travaillons déjà sur la compacité d’immeubles et les modes de chauffage : pompe à chaleur… qu’imposent la RE 2020 et nous commençons effectivement à travailler avec les bureaux d’études sur le palier 2025 de la RE 2020, notamment en vue du Pinel+. En sachant que notre production actuelle chez Lamotte n’est jamais trop éloignée des critères du Pinel+ en termes de taille des logements et dès l’instant où nous faisons des logements, ils comprennent une partie extérieure. Nous digérons à peine la RE 2020 qu’il faut anticiper cette RE 2025. Notre métier n’est fait que d’adaptations aux nouvelles contraintes énergétiques depuis de très nombreuses années, nous saurons faire. »

 

- Qu’attendez-vous du nouveau Président de la République et de son futur gouvernement ?

 

« Nous avons des attentes, même si, malheureusement, le logement a été complètement oublié de cette campagne électorale. Nous sommes tous conscients que nous subissons les contraintes de la mondialisation sur les coûts travaux et des matières premières. Il faudrait surtout, qu’en parallèle, il nous accompagne sur le logement abordable pour le plus grand nombre. Le logement étant un produit de première nécessité, il faut jouer sur la TVA pour pouvoir proposer à de jeunes actifs de se loger avec une TVA réduite à 5,5 %, comme dans le logement social, voire une TVA à 10 %. Le Pinel a été maintenu, c’est déjà une bonne chose pour les investisseurs mais il faut maintenant travailler la piste du logement intermédiaire et abordable pour tous. De quoi proposer du logement à moindre coût pour la jeune population active, afin qu’elle entame un parcours résidentiel. »

 

- Est-ce que le BRS, Bail Réel Solidaire, peut être une piste pour produire ce logement abordable ?

 

« Nous avons été un peu précurseurs sur le sujet à Saint-Malo et Rennes en nous associant très rapidement à des coopératives et des collectivités. Nous en faisons même maintenant sur des programmes neufs en Ile-de-France, dont un prochainement sur Bagneux. C’est une première approche pour faire baisser les prix, mais ce n’est pas suffisant.

programme neuf Bruges
Le promoteur Lamotte est bien implanté dans la métropole bordelaise comme avec le nouveau quartier résidentiel : Petit Bruges. © Le Petit Bruges Itia / Bruges / Lamotte
Le problème est qu’on demande aux promoteurs de faire du logement social et du logement abordable, mais c’est le logement libre qui le paie. Il faut que le logement social soit vendu à son prix, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, il n’est plus en corrélation avec les coûts de construction. L’équation ne fonctionne plus. »

 

- Quelles perspectives pour les mois à venir ?

 

« Nous avons une crise conjoncturelle : nous payons l’après-Covid et cette crise des matières premières et de l’énergie, liée, entre autres, à la guerre en Ukraine. Nous entrons en parallèle dans une période d’inflation avec des taux d’intérêt qui commencent à remonter. Avec des ménages ayant davantage de difficultés à se financer et l’augmentation des prix, nous aurons plus de difficultés à vendre nos logements. » 

 

- Quel est le niveau prévu de commercialisations cette année ? Quelles sont les opérations emblématiques du moment chez Lamotte ? 

 

« Nous commercialisons entre 1 500 et 1 600 logements par an, et ce sera étal cette année. Il n’y a pas d’effet de rattrapage au niveau des permis de construire. Ce n’est pas l’effet Covid, mais plutôt l’effet élections municipales. Il est compliqué qu’auparavant d’obtenir des permis de construire, avec des blocages administratifs, un peu plus de recours qu’avant…Nous avons donc tous des difficultés à lancer de nouveaux programmes immobiliers. 

Pour ce qui est des opérations emblématiques : nous allons commercialiser deux programmes neufs à Vitry-sur-Seine, en région parisienne de 80 logements chacun. Il s’agit d’un ensemble immobilier destiné prioritairement aux Vitriots, avec des prix plafonnés mais un cahier des charges élevé, en lien avec le Grand Paris Aménagement.  

Sur Nantes Métropole, nous lançons un important programme neuf à La Chapelle-sur-Erdre. Il s’agit d’un concours remporté avec un mix de logements et de bureaux, où nous nous sommes engagés à faire de la concertation avec les riverains. Ou encore à Fernay-Voltaire, où nous venons de gagner un concours, et qui comprend entre autres une coopérative d’habitants dans le prolongement de notre expérience sur Nanterre les Groues. A Angers, notre programme Climax proposera une ferme urbaine en toiture. Nous pouvons souligner également notre première résidence nouvelle génération Follo dédiée aux étudiants et jeunes actifs qui va être commercialisée sur le campus de Saint-Malo. »

Par Céline Coletto

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