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Franck Petit, Procivis : « Le logement est au cœur de la problématique du pouvoir d'achat »

Franck Petit, Procivis
Franck Petit, directeur de l'habitat neuf dans le réseau Procivis, détaille les réponses des 10000 Français sondés sur le logement. © Pôle Habitat FFB

Directeur de l’habitat neuf dans le réseau Procivis, Franck Petit revient sur l’étude « 7 vérités sur les Français et le logement », qu’il a présenté lors du séminaire technique du Pôle Habitat FFB à Lisbonne, fin novembre. Objectif : que le logement soit un vrai sujet des politiques.



- Pourquoi cette étude ? Qu’est-ce que vous en attendiez ?

 

« Nous avons fait cette étude pour répondre à la première interrogation : « que s’est-il passé depuis le Covid ? ». Il y a eu beaucoup d’enquêtes après le premier confinement, puis plus rien depuis. Nous voulions voir si cela avait entraîné des phénomènes ponctuels ou durables, par exemple en matière d’exode des grandes villes vers les villes moyennes. Il s’agissait de savoir quelles étaient les typologies de personnes qui avaient déménagé ou qui souhaitaient déménager. 

Autre sujet qui nous a fait réagir, c’est la remarque de la ministre Wargon sur la maison individuelle. Nous avons donc orienté une partie de nos questions sur cette thématique. Nous avons proposé un questionnaire qui fait le parallèle entre parcours de vie et parcours logement des sondés. »

 

- Quels sont les principaux constats observés dans cette étude réalisée pour la deuxième année consécutive par l'institut Harris Interactive auprès de 10 000 personnes interrogées ?

 

« 10 000 personnes interrogées et plus d’une centaine de questions avec un traitement qui va de leurs idées politiques, à leur parcours de vie, à leur constitution de famille, à leurs revenus, le tout pour être le plus exhaustif possible. Cette étude a notamment montré que 79 % des sondés veulent vivre en maison individuelle ; mais au-delà de cela, il y a aussi les résultats obtenus sur le phénomène de ruralité et de villes moyennes qui nous conforte dans ce que l’on pensait. C’est-à-dire que globalement, la décentralisation qui nous a été annoncé ne fonctionne pas. Elle doit être remise en avant par les transports ferroviaires locaux, par de l’emploi local, par la réindustrialisation des sites, tout ce qui est aujourd’hui niché dans le programme Action Cœur de Ville. Sauf que ce programme est un appel à manifestation d’intérêt, l’idée est maintenant de savoir comment tous ensemble, on s’appuie dessus pour aller relocaliser toutes les petites villes. « Petites » villes, attention à ce que l’on appelle petites villes d’ailleurs, car quand on dit que les Parisiens veulent déménager et quitter leur région. Pour eux, une « petite » ville, c’est tout de même 100 000 habitants. Oui, les franciliens veulent déménager dans une petite ville de 100 000 habitants, chacun a son échelle souhaitant déménager dans une ville plus petite, c’est ce qu’a montré notre enquête. » 

 

- Quelles sont les opinions qui ont été confirmées par cette étude ? L’intérêt pour la maison individuelle par exemple ?

 

« Nous nous attendions à de nombreuses choses déjà par la force de notre réseau. Procivis couvre le locataire, le propriétaire, l’investisseur. Nous sommes en même temps bailleur, promoteur, constructeur, aménageur, c’est pour cela que nous voulions nous rassurer sur ce que l’on ressentait sur le terrain, quand on échangeait entre nous, quand on rencontrait les élus... Etions-nous à côté de la plaque ? Avions-nous tort ou raison à propos de nos aprioris ? Cette enquête a montré que nous avions plutôt raison. Exemple à propos de la densité : le concept « not in my backyard » se confirme. Les sondés sont d’accord pour la densité mais pas chez eux. Toutefois, ce que l’on peut retenir, c’est tout de même la prise de conscience. Les Français ont commencé à changer leur comportement quand ils font attention à leur manière de consommer, de s’habiller, quand ils achètent en vrac...

La maison reste le logement idéal pour 79 % des Français, selon l'enquête Procivis & l'institut Harris Interactive. © Procivis
Nous avons peut-être davantage de mal à convaincre certains élus et nous souhaitons donc nous appuyer sur cette enquête. Un élu a besoin d’électeurs, mais aussi de loger ses administrés. Cette étude peut être une base de discussions avec les élus pour retravailler avec eux les documents d’urbanisme, les PLU. Une base pour leur indiquer que les gens sont plutôt favorables à la densité, donc que quand un PLU permet de construire en R+6, pourquoi refuser notre permis de construire pour nous limiter à un R+5… Base de discussion aussi quand on nous dit à propos de la maison individuelle que l’on ne veut que des maisons sur des parcelles de 1 000 m² minimum alors que les habitants n’ont pas besoin d’autant. Cette enquête est aussi une manière d’approcher les élus. »

 

- A l’inverse, quelles sont été les surprises repérées dans cette étude ? 

 

« Surprise à propos de la différence entre les franciliens et les autres. Une différence plus marquée manifestement à cause du prix du foncier et de l’immobilier en Ile-de-France de manière générale. 

Autre surprise, l’arrivée en force du « je serai capable d’habiter et d’acheter avec quelqu’un d’autre ». C’est une tendance qui s’affirme et qui va nous permettre de travailler sur les nouvelles générations : les plus jeunes, mais aussi les plus anciens pour trouver des solutions pour les loger selon leur niveau de maturité, par région, par typologie. Nous avons repéré de nouvelles segmentations commerciales chez les primo-accédants, chez les accédants, parmi les seniors ; mais aussi selon les régions. »

 

- C’est-à-dire « construire pour les niches », comme le disait l’anthropologue Sonia Lavadinho, grand témoin de ce séminaire technique de Pôle Habitat FFB ?

 

« Il y a niche et niche. Sur 2021, il devrait y avoir 500 logements neufs vendus pour faire du coliving, ce qui est faible en comparaison des 400 000 logements qui devraient être construits cette année. On parle beaucoup de la vente HLM mais cela ne représente que 20 000 logements à horizon 2025 sur un million de transactions par an. On met parfois en avant certaines niches mais est-ce les bonnes ? Dans le coliving ou coworking, il y a des produits à mettre en avant ; mais les résidences qui seront en lieux partagés ne seront pas les mêmes dans les petites et grandes villes. La maison individuelle dense et organisée sera une thématique retravaillée dans l’avenir comme on l’a déjà vu dans cette édition du Challenge de l’Habitat Innovant. La maison dite groupée représente 5 % du marché, ça sera vraisemblablement plus que cela dans le futur. Il y a donc un certain nombre d’orientations qui vont se prendre. 10 niches de 10 %, cela fait 100 %, quand aujourd’hui, il y a d’un côté la promotion immobilière avec pour moitié des investisseurs et une autre moitié de la résidence principale et de l’autre côté, chez les constructeurs, des primo-accédants face à des CSP+ ou premium. Dans les deux grands secteurs de la construction neuve, il y a deux grands marchés aujourd’hui, il y en aura peut-être 7 ou 8 demain. »

 

- Quand votre étude montre que de nombreux Français sont prêts à habiter à plusieurs, n’est-ce pas aussi la confirmation que les prix immobiliers ont atteint un tel niveau qu’ils ne voient pas d’autres solutions ?

 

« C’est sur cette notion que l’on voit en effet une grande différence entre la région parisienne et le reste de l’hexagone. Le sentiment à propos d’habiter Paris est « je n’aurai pas les moyens, donc je préfère partager avec quelqu’un plutôt qu’être tout seul nulle part ». Ailleurs, on observe plutôt le « je veux bien habiter classiquement seul chez moi mais j’ai besoin de l’agora du village au milieu ». Donc, si je suis en maison dense, je veux ma place du village et si je suis en vertical, je veux des paliers partagés, des espaces communs. On veut du « coliving extérieur » en quelque sorte. 

 

- Le logement n’est que la 6ème priorité des Français, mais comme le pouvoir d’achat est la 1ère, pensez-vous que tout est lié et que cela le sera encore davantage dans les prochaines années ?

 

62 % des Français estiment qu’il n’y a pas assez de logements en France. © Procivis
« C’est très lié. Le prix du logement est d’ailleurs davantage l’origine de la crise des gilets jaunes que le prix de l’essence, selon moi. Si les gens pouvaient se loger à côté de leur travail, ils n’auraient pas besoin de voiture et d’essence. La crise des gilets jaunes reste d’ailleurs latente. Elle a été mise en sommeil par la crise sanitaire mais le pouvoir d’achat baisse, l’inflation monte, le logement est la 1ère dépense, le prix de l’énergie s’envole… de façon indirecte, le logement est au cœur de la thématique du pouvoir d’achat. »

 

- D’autant plus à quelques mois des présidentielles ?

 

« Ce n’est pas parce que le foncier est cher, que l’immobilier est de plus en plus cher, que le logement doit être vu comme une valeur spéculative. L’idée est de montrer l’importance du logement qui est la base de tout pour les populations. On veut donc remettre le logement au cœur des réflexions ; même si on sait que cela va nécessiter d’interpeller fortement les candidats, de passer par d’autres sujets pour l’aborder. Quand on entend qu’il n’y aurait pas de crise de logement en France puisqu’il y a très peu de gens dans la rue, on sait qu’il va falloir se battre pour en faire un vrai sujet de campagne. » 

 

- Quelles sont les conséquences de ce baromètre pour Procivis ? Quelles conclusions en tirer pour votre réseau ? Quel thème pour la prochaine étude ?

 

« Une fois que l’on a dressé les constats issus de cette enquête, nous allons présenter 50 propositions mi-décembre pour répondre par exemple à la problématique du Zéro Artificialisation Nette et de la densité. Des propositions de bon sens, très en phase avec ce que les Français attendent, c’est-à-dire un logement pas trop cher, peu énergivore tant en consommation énergétique qu’en consommation d’espaces naturels, plutôt à côté de leur emploi, pour s’y épanouir, voire y travailler… Nous allons donc faire des propositions concrètes d'ici la fin d'année, avant d’entamer en 2022 un travail sur le sujet générationnel et le vieillissement de la population. »

Par Céline Coletto

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