Logement neuf : des autorisations en berne et une relance toujours bloquée
La construction neuve s’enfonce toujours plus dans la crise. Les derniers chiffres officiels de novembre 2025 confirment l’effondrement durable de l’offre, tandis que l’absence de budget 2026 bloque toute relance, alertent les professionnels de l’Alliance pour le logement.
La construction neuve s’enfonce toujours plus dans la crise. Les derniers chiffres officiels de novembre 2025 confirment l’effondrement durable de l’offre, tandis que l’absence de budget 2026 bloque toute relance, alertent les professionnels de l’Alliance pour le logement.
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Autorisation en baisse, chantiers au ralenti, emplois détruits : les indicateurs du logement neuf virent au rouge écarlate. Face à l'impasse budgétaire, l'Alliance pour le Logement réclame des décisions rapides pour éviter une crise sociale majeure.
En effet, les derniers chiffres publiés par le ministère du Logement confirment une dégradation persistante de la construction neuve en France. En novembre 2025, les autorisations de logements ont reculé de 3,8 % par rapport à octobre, pour s'établir à 31 028 unités. Après un léger rebond en septembre, le deuxième semestre marque clairement le pas, notamment pour le logement collectif.
Sur douze mois glissants, le constat est encore plus préoccupant : 378 806 logements autorisés, soit 9,5 % de moins que la moyenne des cinq dernières années. Ce niveau confirme que la reprise espérée en début d'année n'a pas résisté aux contraintes économiques et politiques qui pèsent sur le secteur.
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Mises en chantier : un décrochage structurel du neuf
Du côté des mises en chantier, la situation n'est guère plus rassurante. En novembre 2025, 25 419 logements auraient été lancés, en léger repli de 1 % sur un mois. Sur un an, le cumul atteint 272 692 logements, soit un effondrement de 22,2 % par rapport à la moyenne quinquennale.
Le logement individuel affiche une légère résistance à court terme, avec des hausses mensuelles tant pour les autorisations : + 3,2 % que pour les mises en chantier : + 3,7 %. Mais sur douze mois, le recul reste massif : - 21,2 % pour les autorisations et - 30,1 % pour les chantiers par rapport aux standards historiques.
Le logement collectif, grand perdant de la crise
Le coeur de la crise se situe dans le logement collectif. En novembre, les autorisations chutent de 7,8 %, à 18 984 unités, pénalisées par le net repli des résidences services et la faiblesse persistante du collectif ordinaire. Les ouvertures de chantiers suivent la même trajectoire, avec une baisse mensuelle de 3,8 % et un cumul annuel inférieur de 16,6 % à la moyenne des cinq dernières années. Ces chiffres traduisent un assèchement durable de l'offre dans les zones tendues, là même où les besoins sont les plus criants.
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« Pas de budget, pas de logement » : l'alerte de la filière
C'est dans ce contexte que l'Alliance pour le Logement, qui réunit notamment la FFB, la FPI, la Fnaim ou encore l'USH, tire, une nouvelle fois la sonnette d'alarme. Dans un communiqué sans concession, elle dénonce l'impasse politique actuelle : « L'incapacité des parlementaires à se mettre d'accord sur un budget pour 2026 prive toute la filière construction d'un dispositif de relance du logement neuf ».
L'absence de budget bloque notamment la mise en place du statut du bailleur privé, attendu de longue date pour relancer l'investissement locatif, tandis que les engagements en faveur du logement social sont fragilisés. Le résultat est déjà visible : « une chute accrue de l'offre de logements », une filière sous tension et 65 000 emplois détruits depuis 2022 dans le bâtiment.
Pour l'Alliance, le risque dépasse largement le seul secteur immobilier : « Le logement et l'emploi des Français ne sauraient être les otages permanents des tractations politiciennes ». A défaut de décisions rapides : baisse de la RLS, soutien à l'investissement privé, visibilité budgétaire, la crise du logement pourrait se transformer en crise sociale durable.
Les chiffres du ministère viennent ainsi étayer un message clair : sans budget et sans mesures spécifiques prises rapidement, la construction neuve continuera de décrocher, au détriment des ménages, de l'emploi et de la cohésion territoriale.


















