Grégory Monod, Pôle Habitat : « Il est urgent de sortir de l'ère de la communication pour des actes »

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Président du Pôle Habitat de la FFB, Fédération Française du Bâtiment, Grégory Monod revient sur les derniers chiffres du logement neuf et les fortes attentes du secteur face à la crise qui touche tant la construction individuelle que la promotion immobilière.

Grégory Monod Pôle Habitat FFB
Grégory Monod, président du Pôle Habitat FFB, réclame des actes concrets pour sortir le logement neuf de la crise.

Président du Pôle Habitat de la FFB, Fédération Française du Bâtiment, Grégory Monod revient sur les derniers chiffres du logement neuf et les fortes attentes du secteur face à la crise qui touche tant la construction individuelle que la promotion immobilière.

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- Quels sont vos espoirs suite à la prise de conscience exprimée par le Premier ministre concernant le logement, notamment en ce qui concerne la maison individuelle, ce qui a été plutôt surprenant ?

 

« Lorsque nous prenons des mandats au sein de nos fédérations et nous engageons dans des actions syndicales, quelles qu'elles soient, nous nourrissons toujours l'espoir dans tout ce que nous entreprenons. Même si parfois nous avons l'impression de lutter contre des moulins à vent, cet espoir persiste car nous croyons en l'intérêt général à travers nos actions. La force de cet espoir peut varier, mais en considérant les propos du Premier ministre, les premiers depuis le début du premier quinquennat Macron, soit depuis 2017, nous pouvons entrevoir une réelle volonté du gouvernement de rétablir les conditions favorables à une reprise rapide. Le Premier ministre, Gabriel Attal, semble enfin avoir compris, notamment à travers sa « déclaration d'amour » à la maison individuelle, que c'est le type d'habitat préféré des Français et qu'il pourrait faciliter une relance rapide de la construction. Notre espoir actuel repose sur le fait qu'il apportera son soutien et révisera ses décisions concernant le financement de la maison individuelle ainsi que les dispositifs d'accompagnement de l'État, type PTZ. Cependant, je tiens à tempérer mon optimisme en soulignant que nous ne jugerons que sur les actions concrètes. Par le passé, malgré des prises de conscience initiales, nous avons observé des ajustements successifs et des rabotages, sans que nos alertes sur les conséquences ne soient prises en compte. Ainsi, bien que nous saluions les propos en faveur de la maison individuelle, nous insistons sur la nécessité de traduire ces paroles en actions concrètes, et ce, dans un délai très court. »

 

- Vous avez parlé de volume « insignifiant » pour les 22 territoires engagés pour le logement. Quels seraient les actes prioritaires nécessaires aujourd'hui ?

 

« L'offre n'est pas actuellement un réel problème, que ce soit du côté des constructeurs de maisons ou des aménageurs, ces derniers disposent actuellement de terrains, et par conséquent, les constructeurs pourraient trouver des terrains disponibles. Les promoteurs immobiliers, quant à eux, ont largement reculé en mettant certaines opérations en stand-by, mais si la demande est stimulée, ces opérations pourraient redémarrer rapidement. Ainsi, bien que l'offre ne soit pas à négliger, l'état actuel du logement est si préoccupant que la priorité doit être accordée à la demande. Les dispositifs éprouvés tels que le Prêt à Taux Zéro, PTZ et l'accompagnement des investisseurs privés via un dispositif tel que le Pinel ont toujours été renforcés ou intégrés dans les plans de relance des deux dernières décennies. Rebrancher ces dispositifs serait relativement simple, mais il faudra également travailler sur de nouvelles initiatives. Le financement et l'accompagnement des ménages modestes sont impératifs pour rendre la demande recevable. Sur le plan réglementaire, un message fort de l'État, notamment sur les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière, HCSF, pourrait encourager les banques à financer et accompagner les projets. Il s'agit de restaurer la confiance, car l'immobilier fonctionne sur ce principe. Cependant, il faut avoir une vision à long terme et une stabilité fiscale autour de l'immobilier. Ces dernières années, les changements incessants dans les règles fiscales et la limitation dans la durée de vie des dispositifs ont créé une instabilité préjudiciable à la confiance des acteurs. En comparaison, d'autres pays, comme la Suisse, garantissent une stabilité à long terme grâce à des dispositifs fixés pour plusieurs décennies après des votations consensuelles. En France, la stabilité des règles du jeu fait défaut. Utilisons ce que nous avons, ce que nous connaissons, pour relancer le secteur. Les chiffres actuels sont sans précédent, et l'inaction du gouvernement serait irresponsable vis-à-vis du logement des Français. Il est impératif d'agir plus vigoureusement. »

 

- Pourquoi affirmez-vous que nous sommes à un point de non-retour, et quelles seraient les conséquences, tant pour les entreprises et leur outil de production que pour les Français ?

 

« Nous avons observé, pour l'année 2023, une diminution des effectifs dans l'outil de production des constructeurs de maisons individuelles, se situant autour de 15-17 %. Selon nos dernières enquêtes, ces chiffres risquent de se maintenir au premier semestre de 2024, aboutissant à une perte d'emplois d'environ 30 % entre 2023 et 2024. Cette situation met sérieusement en péril l'outil de production, car la reconstitution des emplois nécessitera du temps. Notre principale préoccupation réside dans le fait qu'à force de réduire les activités, cela impacte non seulement nos entreprises, mais également les artisans et entreprises qui travaillent pour nous. Lorsqu'il sera temps de réembaucher pour relancer l'activité, le processus sera beaucoup plus long que le temps qu'il a fallu pour réduire les effectifs. Après avoir été méprisés pendant des années, nos adhérents dans les territoires sont de plus en plus colères, car malgré les annonces gouvernementales, ils ne constatent aucune action concrète sur le terrain. Cette frustration pourrait conduire à une perte de confiance et à des tensions plus graves. Si des mesures fortes ne sont pas prises dans les deux prochains mois, le point de non-retour risque d'être atteint. »

 

- Des grues et des bétonnières sur les ronds-points à la place des tracteurs des agriculteurs, avez-vous le sentiment qu'il faut en passer par là pour être entendu ?

 

« Notre rôle en tant que représentant de la profession est d'être force de propositions. Nous attendrons encore quelques semaines pour voir quelles dispositions seront prises. Si aucune action n'est entreprise, il est probable que la tension monte d'un cran. Comme l'a souligné Olivier Salleron, le président de la FFB, un maçon qui ne sait plus où monter sa grue peut préférer la laisser au milieu d'une route plutôt que de la ramener à l'entreprise, car cela ne lui coûtera pas plus cher qu'une immobilisation. Nous, au niveau national, n'avons pas à décider cela. Nous représentons l'ensemble des territoires, mais chaque territoire est indépendant et décidera de l'action à mener. Le désarroi de nos entreprises est grand. Ces actions ne pourront être menées que si les fédérations départementales du bâtiment estiment qu'elles sont nécessaires, car nos destins sont étroitement liés. Actuellement, les représentants estiment que ce n'est pas le bon moment, mais cela pourrait changer dans quelques semaines si aucun acte concret n'est pris.

Nous vivons à l'ère de la communication. Certes, des grandes déclarations ont été faites, c'est indéniable. Mais à présent, que faisons-nous concrètement pour passer de 58 000 maisons vendues en 2023 à 100 000 pour retrouver le niveau de 2022 ? Et ensuite, pour atteindre le niveau de 2021, nous devrons atteindre 122 000 ventes. Comment inciter les particuliers à réinvestir dans leur logement ? Comment leur redonner du pouvoir d'achat immobilier ? Nous avons des solutions, telles que le dispositif Pinel et le Prêt à Taux Zéro. Rien qu'en reconnectant ces deux leviers, nous pourrions relancer l'activité et faciliter la reprise. Cependant, soyons réalistes, il n'y a pas de solution unique. Il s'agit d'une combinaison de mesures qui permettront de fluidifier le parcours présidentiel. L'urgence est de réagir rapidement. J'avais évoqué la nécessité d'une médecine de guerre lors de la conférence de rentrée, et aujourd'hui, huit mois plus tard, nous n'avons rien vu. Au contraire, les décisions prises ont semblé accéléré la chute, comme au cours du dernier trimestre 2023. Nous craignons que les conséquences de ces choix se matérialisent comme nous l'avions anticipé. Ainsi, nous insistons sur la nécessité de prendre des mesures fortes sans attendre car nous croyons fermement que leur mise en oeuvre pourrait stimuler une reprise rapide. »

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